Michael DeLaney

«La clé de la culture, c'est la langue», dit le nouveau recteur de l'Oratoire Saint-Joseph

Le nouveau recteur de l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, le père Michael DeLaney, discute de sa connaissance de ce lieu fondé par le frère André, de sa vision de la langue et de la culture d’ici et des défis qu’il entend relever.
Le nouveau recteur de l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, le père Michael DeLaney, discute de sa connaissance de ce lieu fondé par le frère André, de sa vision de la langue et de la culture d’ici et des défis qu’il entend relever.   (Présence/François Gloutnay)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2020-11-22 17:20 || Québec Québec

Quelques heures avant son installation comme nouveau recteur de l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, le père Michael DeLaney, discute de sa connaissance de ce lieu fondé par le frère André, de sa vision de la langue et de la culture d’ici et des défis qu’il entend relever.

Présence: Père DeLaney, vous êtes arrivé à Montréal, en provenance des États-Unis, en mars 2020. Vous connaissiez déjà l'Oratoire?

Michael DeLaney: Deux frères de ma grand-mère venaient régulièrement à l'Oratoire Saint-Joseph. Un avait été blessé à la guerre tandis que l'autre était atteint de la polio. Ils ont rencontré plusieurs fois le frère André et ils nous en parlaient toujours à leur retour. Après le décès de ma grand-mère, j'ai retrouvé dans ses papiers personnels, dans sa chambre, la carte mortuaire du frère André qu'elle avait toujours conservée.

De mon côté, la toute première fois que j'ai visité l'Oratoire, j'étais plus jeune. J'avais 9 ou 10 ans. C'était en 1967, à l'occasion de l'Expo. J'y suis venu avec ma famille. Depuis, j'y suis retourné quelques fois. L'an dernier, j'ai passé toute une semaine ici, afin de mieux connaître le lieu ainsi que le personnel. Vraiment, c'est une belle surprise pour moi d'avoir la chance d'y revenir, cette fois comme recteur.

Je suis arrivé en mars 2020, pour la neuvaine de saint Joseph (du 10 au 18 mars). Mais à cause de la COVID-19, trois jours après le début de la neuvaine, l'Oratoire a annoncé l'annulation des messes. On a aussi annoncé que la frontière avec les États-Unis était fermée. Je suis donc arrivé juste à temps à Montréal.

Vous arrivez ici alors qu'un débat sur le déclin de la langue française a cours. Comment réagissez-vous à cela, vous, un Américain de naissance qui apprend présentement le français?

Pour ma congrégation, qui est internationale, l'Oratoire Saint-Joseph est un lieu très important. Peu importe leur origine, tous les membres de la congrégation connaissent le nom, la vie et l'histoire du frère André. C'est mon cas, et depuis longtemps, avant même de faire partie de la Congrégation de Sainte-Croix. Vous savez, je suis un Américain qui a grandi dans l'État de New York. Montréal et le Québec, cela fait partie de notre vie. C'est à quatre heures de route de chez moi.

Je sais aussi que la langue française est très importante ici. J'ai bien l'intention d'écrire en français. Je veux bien parler la langue. Et je vais célébrer la messe en français. J'ai déjà fait quelques présentations en français depuis mon arrivée.

J'ai vécu dans différents pays, comme le Chili, le Brésil et l'Autriche. Chaque fois, c'était une nouvelle langue à apprendre. L'espagnol, le portugais, l'allemand. Pour moi, la clé pour bien comprendre une culture, c'est la langue. Depuis mon arrivée à Montréal, je prends des cours de français, en deux ou trois séances par semaine, par Zoom. Aujourd'hui, je peux lire très bien le français et je comprends bien quand mes professeurs me parlent en français. Je m'améliore beaucoup.

Pour moi, c'est très important, si on veut vivre dans une autre culture, d'en maîtriser la langue.

Je comprends la situation linguistique, tant au Québec qu'au Canada. Je suis d'une autre culture, c'est vrai, mais j'ai un très grand respect pour la culture et la langue d'ici.

En tant que 16e recteur de l'Oratoire, quels défis souhaitez-vous relever?

Un défi, c'est mon premier défi, sera de bien connaître les gens qui fréquentent l'Oratoire. C'est une bonne chose que je sois arrivé dès le mois de mars. J'ai pu rencontrer tout le personnel et j'ai dit régulièrement la messe, au début, en anglais et en espagnol.

Je sais bien que je suis le premier recteur de l'Oratoire qui ne soit pas né au Québec. Mais j'aime voir cela comme une chance pour notre Église et pour notre congrégation. Les gens qui visitent l'Oratoire viennent de partout dans le monde et parlent beaucoup de langues. J'espère obtenir leur confiance.

***

 

 

du même auteur

L'ancien président de Développement et Paix, Jean-Denis Lampron, estime que l'organisme a manqué de transparence dans le processus de révision de ses partenaires.
2021-02-26 10:49 || Canada Canada

«Cela ne tient pas la route», disent deux ex-dirigeants de Développement et Paix

Développement et Paix ne conservera des liens de partenariats qu'avec le tiers des organismes qui ont été soupçonnés, depuis mars 2018, de ne pas respecter l'enseignement social et moral de l'Église catholique, ont annoncé l'organisme et les évêques canadiens le 25 février.
2021-02-25 18:18 || Canada Canada

Développement et Paix expurge près de 40% des partenaires examinés

Alors que débute sa campagne de financement annuelle, Développement et Paix refuse de rendre public le rapport final de l'enquête qu'il a menée, durant trois années, sur le quart de ses partenaires.
2021-02-23 16:11 || Canada Canada

Révision des partenaires de Développement et Paix: le rapport restera confidentiel

articles récents

Paroles fortes et témoignages poignants étaient au cœur de la 4e commémoration citoyenne de l’attentat contre la grande mosquée de Québec. Aymen Derbali et Sébastien Bouchard se tiennent devant les micros le soir du 29 janvier 2021.
2021-01-29 19:34 || Québec Québec

Témoignages poignants et rejet du racisme marquent la commémoration virtuelle

Le cofondateur du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah, salue la création d'une journée nationale d'action contre l'islamophobie et appelle le gouvernement du Québec à en faire plus pour reconnaître le racisme systémique et l'islamophobie.
2021-01-29 16:56 || Québec Québec

La lutte à l'islamophobie en filigrane des commémorations

L’évêque anglican de Québec et l’évêque catholique de Gaspé unissent leurs voix pour demander aux gouvernements fédéral et provincial d’agir pour faciliter le maintien des services d’autocar d’Orléans Express desservant la Gaspésie.
2021-01-26 13:14 || Québec Québec

Gaspésie: inquiétude conjointe des évêques catholique et anglican pour les services d’autocar