Université Saint-Paul

Abus sexuels: Karlijn Demasure nommée directrice du nouveau centre interdisciplinaire

Karlijn Demasure est nommée directrice du Centre interdisciplinaire pour la protection des personnes mineures et des adultes vulnérables créé par l'Université Saint-Paul à Ottawa.
Karlijn Demasure est nommée directrice du Centre interdisciplinaire pour la protection des personnes mineures et des adultes vulnérables créé par l'Université Saint-Paul à Ottawa.   (Courtoisie)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2019-09-11 18:44 || Canada Canada

Le tout nouveau Centre interdisciplinaire pour la protection des personnes mineures et des adultes vulnérables créé par l'Université Saint-Paul à Ottawa sera dirigé par une des plus grandes spécialistes mondiales de la question des abus sexuels commis par des prêtres et des religieux au sein de l'Église catholique.

Karlijn Demasure, directrice générale de 2014 à 2018 du renommé Centre pour la protection de l’enfance de l’Université pontificale grégorienne de Rome, est nommée directrice de ce centre interdisciplinaire, le premier du genre à être créé dans une université catholique du Canada ou des États-Unis, a confirmé Chantal Beauvais, la rectrice de l'Université Saint-Paul. Elle entre en fonctions ce jeudi 12 septembre 2019.

Pour la professeure Demasure, il s'agit d'un retour auprès de l'institution universitaire d'Ottawa. De 2008 à 2014, elle y a occupé diverses fonctions dont celles de titulaire de la Chaire de recherche sur la famille chrétienne et de doyenne de la Faculté des sciences humaines.

«Ce centre sera unique», annonce déjà la nouvelle directrice du Centre interdisciplinaire pour la protection des personnes mineures et des adultes vulnérables, dont l'inauguration aura lieu sous peu. En plus de la formation universitaire qu'il offrira, y compris à distance, et qui mènera à l'obtention de diplômes reconnus, le centre que Karlijn Demasure dirigera va proposer des services-conseils dans le monde entier.

«Partout on réfléchit à la problématique des abus sexuels dans l'Église. Bien des diocèses et des congrégations religieuses ont rédigé des politiques et des protocoles. Mais, dans trop de pays, ces documents, aussitôt complétés, sont rangés dans la bibliothèque», déplore-t-elle.

«Un jour, ces groupes font face à des cas [d'abus] et ils n'ont pas idée comment réagir et procéder. Le centre offrira un service de consultation», dit la professeure qui a prononcé ces dernières années de nombreuses conférences sur la pédophilie dans l'Église catholique et est intervenue auprès d'instituts religieux du monde entier.

À la fin du mois de juillet, Karlijn Demasure a donné une conférence à Madrid sur les soins à offrir aux victimes d’abus. Un mois plus tôt, elle séjournait à Paris à l'invitation de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (CIASE) qui lançait alors un «appel à témoignages pour écouter et entendre ceux et celles qui ont souffert personnellement ou qui peuvent témoigner des souffrances subies par d’autres».

L'exemple canadien

Au Canada, les prêtres accusés devant les tribunaux d'abus sexuels ces dernières années sont plus souvent membres d'une congrégation religieuse que liés au clergé diocésain.

«Cela ne fait pas du Canada une exception», indique la professeure Demasure. «En Hollande et en Australie, cette question touche aussi plus de religieux que de prêtres diocésains», dit-elle, citant de mémoire des données publiées par la Commission Deetman (Hollande, 2011) et par la Commission royale en charge des réponses institutionnelles à la question des abus sexuels sur mineurs (Australie, 2017).

«Les membres des congrégations religieuses, selon les charismes de leur institut, travaillent souvent dans l'enseignement, auprès des personnes handicapées, dans les institutions psychiatriques», explique-t-elle. «C'est précisément là que se trouvent les personnes vulnérables.»

«Les abus sexuels à l’endroit de personnes mineures et d’adultes vulnérables continuent d’infester la société et l’Église», déplore Chantal Beauvais, la rectrice de l'Université Saint-Paul, convaincue que «les universités et les établissements d’enseignement supérieur ont un rôle particulier à jouer dans cette crise».

C’est durant l'été 2018, après avoir pris connaissance du rapport du procureur de la Pennsylvanie sur les abus sexuels commis par quelque 300 prêtres, que la rectrice Chantal Beauvais lançait publiquement l'idée de créer à Ottawa un Centre pour la protection des mineurs, un projet interdisciplinaire qui serait chapeauté par la Faculté de droit canonique de l'Université Saint-Paul.

Avec l'arrivée de la spécialiste Karlijn Demasure à Ottawa, le centre qu’elle imaginait il y a à peine douze mois devient réalité.

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