Centre d'études Marie-de-l'Incarnation

«L'universalité» de Marie de l'Incarnation au cœur d'un colloque international

Le professeur Philippe Roy-Lysencourt est le responsable scientifique du Centre d'études Marie-de-l'Incarnation depuis le 1er septembre 2018.
Le professeur Philippe Roy-Lysencourt est le responsable scientifique du Centre d'études Marie-de-l'Incarnation depuis le 1er septembre 2018.   (Présence/Philippe Vaillancourt)
Philippe Vaillancourt | Journaliste
Journaliste
2018-10-02 20:10 || Québec Québec

Un grand colloque international sur Marie de l’Incarnation se tiendra à Québec du 4 au 6 octobre. Non seulement s’agit-il du premier exercice du genre depuis la canonisation de la fondatrice des ursulines à Québec en 2014, mais il survient à un tournant important pour la réflexion académique autour de ce personnage clé de l’histoire de la Nouvelle-France.

Le colloque organisé par le Centre d'études Marie-de-l'Incarnation (CÉMI) a pour thème «singularité et universalité d’une femme de cœur et de raison». Il viendra en quelque sorte marquer l’aboutissement de la réflexion des dernières années sur l’œuvre et l’héritage spirituel et intellectuel de la sainte.

«Elle a été une jeune fille, une femme mariée, une mère, une veuve, une religieuse: ce sont beaucoup d’éléments très singuliers», souligne Raymond Brodeur, professeur associé à la Faculté de théologie et de sciences religieuses (FTSR) de l’Université Laval. «À partir de ces éléments singuliers, il s’agit de voir en quoi cette femme a pu avoir un tel rayonnement universel. Le monde des affaires peut s’inspirer de son sens de l’entreprise, des intellectuels de sa réflexion de théologienne, des fidèles se nourrir de sa profonde vie spirituelle.»

Le professeur Brodeur convient qu’on n’approche pas Marie de l’Incarnation avec la même piété populaire que celle qui caractérise le Frère André. Comme «femme d’instruction», elle a toutefois laissé sa marque chez les nombreuses femmes qui sont passées chez les ursulines.

«On n’est pas tant dans la dévotion populaire que dans l’approfondissement mystique. Elle s’adresse à l’intelligence de la foi, à travers ses écrits», note-t-il.

Le colloque, qui aura lieu au Centre de spiritualité des ursulines, à Loretteville, s’articulera autour de trois grands thèmes: maîtresse de vie spirituelle, femme d’action et de relation et échos de la rencontre avec Marie Guyart de l’Incarnation.

Le soir du jeudi 4 octobre, une soirée ouverte au grand public est prévue à l’église de Wendake. L’auteure spécialiste de la vie des saints du Canada, Françoise Deroy-Pineau, présentera l’évolution historique des regards sur la sainte. Ce sera suivi de lecture de textes de Marie de l’Incarnation par Renée Hudon et l’abbé Pierre-René Côté, accompagnés en musique par Suzanne Bellemare. L’objectif? S’obliger à arrêter pour approfondir la réflexion sur la sainte originaire de Tours, en France.

Nouveau responsable scientifique au CÉMI

Le colloque coïncide avec le 25e anniversaire du Centre d’études Marie-de-l’Incarnation (CÉMI) de l’Université Laval. Le professeur Brodeur en avait jusqu'ici toujours été le directeur scientifique. «Dès le début, je savais que ça devait être interdisciplinaire. Les sœurs disaient qu’elles ne voulaient pas un centre de dévotion, mais de la recherche, avec un comité scientifique. Ça n’a jamais eu une approche idéologique. Et je dois dire que l’expérience m’a apporté plus que ce que j’ai apporté», confie le professeur Brodeur avec modestie.

Depuis le 1er septembre, c’est le jeune professeur Philippe Roy-Lysencourt qui a repris les rênes du CÉMI. C’est lui qui aura la tâche de perpétuer l’œuvre de réflexion entreprise par le centre.

«Pour la suite, je me situe dans une certaine continuité. On va aussi aborder de nouveaux thèmes. Le CÉMI risque d’être marqué par ma teinte d’historien», explique le professeur Roy-Lysencourt, qui compte bien continuer de miser sur l’interdisciplinarité pour ouvrir de nouveaux horizons.

Il entend poursuivre la tradition des séminaires de lecture annuels, un genre scientifique en voie de disparition au Québec. «C’est important de les garder», croit-il. Il entend d’ailleurs opérer une certaine délocalisation à partir de l’année universitaire 2019-2020 en les organisant aussi à Trois-Rivières et Montréal, en plus de Québec, autour d’un thème annuel.

Par la suite, il envisage d’entreprendre la publication de cahiers afin de garder des traces écrites claires de ces communications scientifiques. «Les cahiers, ça s’est perdu dans le monde universitaire, car c’est beaucoup de travail. Mais c’est une façon de rendre accessibles les travaux du CÉMI à un public élargi», explique-t-il. Ces éventuels «cahiers du CÉMI» seraient publiés à la fois en format papier et en format électronique.

«On va investir les médias et les supports qui nous permettent de toucher le plus de public possible», assure le professeur Roy-Lysencourt. Il vient d’ailleurs d’ouvrir un compte Twitter pour le CÉMI (@CEMIncarnation).

Le colloque international débutera à 8 h 30 jeudi. Il prendra fin samedi midi. Environ 70 participants sont attendus.

 

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