400e anniversaire de la première enseignante de Montréal

Lancement d'une année en hommage à Marguerite Bourgeoys

Le chant 'Hâtons-nous en chemin', composé par Robert Lebel à l'occasion du 400e de Marguerite Bourgeoys, a été présenté le 12 janvier pour la toute première fois. C'est Violaine Paradis, religieuse de la Congrégation de Notre-Dame,qui l'a interprété à la fin de la célébration.
Le chant 'Hâtons-nous en chemin', composé par Robert Lebel à l'occasion du 400e de Marguerite Bourgeoys, a été présenté le 12 janvier pour la toute première fois. C'est Violaine Paradis, religieuse de la Congrégation de Notre-Dame,qui l'a interprété à la fin de la célébration.   (Présence/François Gloutnay)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2020-01-17 09:05 || Québec Québec

À l'avant de la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, se dresse cette grande statue en papier de Marguerite Bourgeois, une œuvre de Claude Lafortune. Ses vêtements sont couverts de neige. L'artiste montre que la tempête n'empêchera pas la toute première enseignante de Montréal, née en 1620, de se rendre à destination.

Quatre siècles plus tard, le dimanche 12 janvier 2020, quelque 200 personnes, dont un grand nombre de membres et d'associées de la Congrégation de Notre-Dame, ont elles aussi bravé le verglas et de mauvaises conditions routières afin de participer à la messe commémorative pour le 400e anniversaire de sainte Marguerite Bourgeois.

«Aujourd'hui, quand on annonce qu'il va neiger, on nous invite à demeurer à la maison. Pour Marguerite Bourgeoys, il n'en était pas question», a lancé l'archevêque de Montréal, Christian Lépine, en saluant les gens présents dans cette chapelle du Vieux-Montréal, là même où reposent depuis 2005 les ossements de la religieuse, décédée il y a précisément 320 ans.

Les gens présents ce dimanche matin sont «tous et toutes des spécialistes de Marguerite Bourgeoys», a reconnu l'archevêque de Montréal dès le début de son homélie. «Ce sera donc difficile pour moi de vous apprendre quoi que ce soit sur elle.»

Il s'est quand même risqué à poser une première question. «Ceux et celles qui savent qu'il y a une statue de Marguerite Bourgeoys sur la façade de l'Hôtel du Parlement à Québec, levez la main». Sans surprise, un grand nombre de bras se sont agités et des «oui» se sont faits entendre. «Mais que tient-elle dans ses mains?», a poursuivi Mgr Lépine. Dans sa main droite, il a expliqué que le sculpteur Émile Brunet a déposé «un crucifix parce que l'amour de Dieu l'anime et parce qu'elle souhaite transmettre et communiquer cet amour». Dans sa main gauche, elle tient un livre sur lequel il est gravé le mot «éducation».

«La prochaine fois que vous rencontrerez votre député ou un ministre, rappelez-lui donc cela», a déclaré Mgr Lépine. «Rappelez-le aussi au ministre de l'Éducation...», a-t-il ajouté, sourire en coin. L'assemblée a compris l'allusion: deux jours plus tôt, Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, a déclaré qu'il y avait trop de religion à l'école et annoncé le lancement d'une consultation afin de réviser ou même d'abolir le cours Éthique et culture religieuse.

Si «Marguerite Bourgeoys fait partie de notre histoire et de nos racines», elle peut aujourd'hui encore être un modèle pour notre époque, a ensuite dit l'archevêque qui a rappelé qu'«avant de prendre le bateau pour venir au Canada, Marguerite Bourgeoys a prié et Marie s'est manifestée à elle» en énonçant un «Va, je ne t'abandonnerai pas».

«Qui que vous soyez, vous aussi, allez, construisez, traversez des épreuves, aimez, servez les autres. Car Dieu ne vous abandonnera pas. Ce que Marie a dit à Marguerite Bourgeoys il y a près de 400 ans, elle le dit à chacun et chacune d'entre nous aujourd'hui», a ajouté Mgr Lépine.

«Son chemin a amené Marguerite Bourgeoys à une très grande pauvreté de cœur. Elle a connu l'ardeur des désirs, l'abandon, des difficultés. À l'époque, quand on prenait le bateau, on ne savait même pas si on allait arriver vivant à destination. Mais elle a tout misé sur Dieu. Nous, on mise sur nos comités, nos cellulaires, nos écrans et nos bâtiments.»

«Lorsqu'elle décède, le 12 janvier 1700, Marguerite Bourgeoys ne sait pas que des siècles plus tard, on soulignera sa naissance. Quand elle meurt, elle ne sait pas que la Congrégation de Notre-Dame va grandir et qu'elle sera présente sur tous les continents. Mais elle est certaine que Marie ne l'abandonnera pas», a assuré Mgr Lépine.

Au début de cette année qui rend hommage à Marguerite Bourgeoys, l'archevêque de Montréal a invité les gens à entrer dans cette chapelle du Vieux-Montréal. «Revenez dans cette chapelle. Revenez-y faire un voyage intérieur, un pèlerinage.» La fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame a été canonisée par le pape Jean-Paul II le 31 octobre 1982.

Plusieurs activités souligneront le 400e anniversaire de la naissance de la religieuse, notamment à Troyes, en France, ainsi à Montréal.

Le 17 mars, le poète et interprète québécois Alexandre Belliard proposera un concert sur Marguerite Bourgeoys à l'église Saint-Jean-du-Marché de Troyes. Un mois plus tard, l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal accueillera l'auteur et chansonnier Robert Lebel qui a d'ailleurs composé un chant pour cette année d'anniversaire. Hâtons-nous en chemin a été présenté dimanche pour la toute première fois. C'est la religieuse Violaine Paradis qui l'a interprété à la fin de la célébration.

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