COVID-19

Appel du maire de Saint-Laurent aux croyants de son arrondissement

«Il est naturel de souhaiter se réunir avec ses coreligionnaires à l'occasion de ces fêtes», reconnaît volontiers le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa. Mais cette année, il faudra «restreindre nos contacts aux personnes vivant déjà sous notre toit».
«Il est naturel de souhaiter se réunir avec ses coreligionnaires à l'occasion de ces fêtes», reconnaît volontiers le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa. Mais cette année, il faudra «restreindre nos contacts aux personnes vivant déjà sous notre toit».   (Pixabay)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2020-04-03 12:35 || Québec Québec

«Au cours du mois d'avril se tiendront les célébrations de la Pâque juive, catholique et orthodoxe, de même que le début du mois sacré du ramadan pour la communauté musulmane.» Celui qui a rappelé aux journalistes la tenue prochaine de ces fêtes et événements religieux n'est pas le responsable d'une église, d'une synagogue ou d'une mosquée, mais plutôt un homme politique de Montréal.

Maire de Saint-Laurent, un arrondissement où habitent de nombreux juifs, chrétiens et musulmans, Alan DeSousa se joint aux chefs et représentants de diverses confessions religieuses afin «de rappeler à leurs membres que le respect des consignes de confinement et de distanciation sociale demeurera essentiel pour vaincre l'épidémie de coronavirus COVID-19 très présente dans la région montréalaise».

«Il est naturel de souhaiter se réunir avec ses coreligionnaires à l'occasion de ces fêtes», reconnaît volontiers le maire de Saint-Laurent, lui-même un pratiquant catholique. Mais cette année, il faudra «restreindre nos contacts aux personnes vivant déjà sous notre toit» et trouver des façons différentes «d'échanger des vœux tout en respectant les mesures de limitation de la propagation du coronavirus».

«Je suis convaincu que la plupart des pratiquants vont participer, cette année, à ces fêtes par Internet», dit le maire lors d'un entretien téléphonique. «Mais je sais aussi que par tradition ou culture, des gens pourraient vouloir, comme par les années passées, célébrer avec leur famille élargie». Mais ce ne sera pas possible en 2020, répète-t-il.

Le politicien se veut reconnaissant envers les chefs des grandes traditions religieuses présentes au Québec qui, il y a deux semaines, ont annoncé la fermeture de tous leurs lieux de culte. «Les leaders ont dit clairement à leurs fidèles de célébrer ces fêtes importantes, oui, mais cette fois avec les seules personnes qui vivent ensemble, sous un même toit.»

Différents leaders religieux de Ville Saint-Laurent se sont joints le vendredi 3 avril à l'appel du maire DeSousa.

«Nous ne pouvons insister suffisamment sur l'importance critique qu'accorde notre tradition juive à la valeur de la vie et à la responsabilité que nous avons de la préserver par tous les moyens possibles», indique le rabbin Haim Nataf de la Communauté séfarade de Ville Saint-Laurent. Il demande aux familles juives «de faire particulièrement attention lors des repas de la fête de Pessah de n'avoir à sa table que les membres de la famille qui vivent sous le même toit».

Le père Denis Marchand, le curé des paroisses de Saint-Laurent, reconnaît que les catholiques vont «célébrer la fête de Pâques de manière bien inhabituelle» cette année. «Il n'y aura pas de grandes orgues, ni de messes solennelles cette année, pas même de réunions familiales et amicales élargies.» Il exhorte les pratiquants à «prendre soin des uns et des autres en ne semant pas les virus de la mort».

«Je rappelle à tous que nous devons continuer à nous conformer aux instructions et aux recommandations du gouvernement tout au long de cette crise», estime l'imam Syed Fida Bukhari du Centre islamique du Québec, situé chemin Laval à Saint-Laurent.

Durant le ramadan, qui débute le 23 avril, «nous ne devrions pas nous rassembler en groupes pour l'iftar - le repas au terme du jeûne quotidien - et d'autres événements communautaires comme d'habitude, mais plutôt passer notre temps pendant ce mois béni avec nos familles proches», insiste l'imam.

Saint-Laurent est l’un des 19 arrondissements de la Ville de Montréal. Plus de 100 000 personnes y habitent et «81 % de ses résidents sont immigrants ou ont un parent né dans un autre pays», indique Marc-Olivier Fritsch, chargé de communications pour l’arrondissement.

Le territoire de l’arrondissement de Saint-Laurent compte 33 lieux de culte, soit 24 églises de diverses confessions, cinq synagogues, trois mosquées et un temple bouddhique.

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