Chronique de Jocelyn Girard

Big Legault is watching you

«Ainsi la laïcité, plutôt que de nous rassembler dans un espace libre et ouvert à tous, deviendrait le motif de communautarisation à outrance. En combattant le multiculturalisme avec sa loi 21, le gouvernement du Québec pourrait nourrir la division par la religion.»
«Ainsi la laïcité, plutôt que de nous rassembler dans un espace libre et ouvert à tous, deviendrait le motif de communautarisation à outrance. En combattant le multiculturalisme avec sa loi 21, le gouvernement du Québec pourrait nourrir la division par la religion.»   (Présence/Philippe Vaillancourt)
Jocelyn Girard | Chroniqueur
Chroniqueur
2019-06-17 10:15 || Québec Québec

Elle est donc adoptée, la loi qui doit régler «définitivement» la question de la laïcité au Québec. Bienvenue dans un monde de délation dont les conséquences dépassent largement le cadre de la loi 21.

Nous pourrions espérer que cette loi produira l’effet recherché, à savoir l’apaisement des tensions autour de la laïcité de l’État et la présomption de neutralité de ses représentants. Mais les difficultés pointées dans le texte du projet de loi n’ont pas été aplanies avec son adoption. Avec l’amendement sur la définition d’un signe religieux, il pourrait même s’en être ajoutées.

Revenons d’ailleurs à cette définition: «Tout objet […] sera considéré comme étant un "signe religieux" s’il est porté "en lien avec une conviction ou une croyance religieuse", ou s’il est «raisonnablement considéré comme faisant référence à une appartenance religieuse.»

Le jour même où cet amendement fut proposé au projet de loi 21, une simple question est venue embarrasser le gouvernement: que dire des alliances de mariage, lorsque celui-ci est contracté religieusement? La question peut paraître idiote. Personne, jusqu’ici, n’a jamais réellement qualifié l’anneau porté à son annulaire gauche de «signe religieux». Mais la définition insérée dans la loi engendre cette possible confusion. Ainsi, elle encouragerait à revoir la signification «portée» (selon la conviction de la personne) ou «considérée» (comme une référence reconnue) de tout ce que les gens portent sur eux!

Si le premier ministre a pu juger qu’il ne fallait pas entrer dans les détails, on pourrait lui rappeler cette maxime: «le diable est dans les détails».

Il en résultera une cacophonie de significations et une course aux «autorités» religieuses à qui l’on donnerait le pouvoir de trancher. Mais avec la loi 21, l’État se donne à lui-même cette autorité, ce qui revient à contredire l’obligation de neutralité qui vient avec la laïcité. Plus encore, c’est la suspicion des citoyens les uns par rapport aux autres qui risque de s’aggraver.

Des tribunaux à la rue

Prenons le cas des femmes qui portent le foulard. Un grand nombre n’y accordent pas de signification spécifiquement religieuse. Or, s’il est «considéré raisonnablement» tel (et par qui?), elles ne pourront plus le porter si elles veulent obtenir un poste parmi ceux spécifiés dans la loi. Tout le problème réside dans la détermination du sens. On pourrait voir de plus en plus de gens nier la signification religieuse de certains objets, comme la kippa, qui pourrait devenir un simple accessoire culturel, ou la croix, qui ne serait qu’un cadeau de famille avec une signification affective. La religion comme vecteur de sens deviendra vite taboue.

Pendant que les avocats et les juges seront surchargés de cas à se disputer dans les tribunaux, que se passera-t-il dans la vie courante? Peut-être quelque chose de plus grave. Plusieurs ont déjà été témoins d’accrochages entre des gens qui s’en prennent directement à d’autres pour les réprimander violemment sur leur habillement, en particulier des femmes qui déambulent paisiblement et souvent avec leurs enfants. Comme pour les messages équivoques d’un Donald Trump, la loi pourrait-elle inciter certains individus antireligieux à se croire légitimés de passer à l’acte?

Révolution culturelle?

La loi risque d’entraîner un mouvement de délation de la part de ceux qui se nourrissent de tels sentiments antireligieux, et davantage envers des religions déjà stigmatisées. Même une croix portée discrètement au cou, un chapelet ou une image pieuse dans la poche (pour n’en rester qu’aux symboles de la religion majoritaire) pourraient faire l’objet de dénonciation de la part de collègues ou, pire dans le cas des enseignants, de leurs propres élèves. Cette ambiance orwellienne ne rapproche-t-elle pas le Québec d’une nouvelle forme de révolution culturelle aux accents totalitaires? La majorité s’en prendrait ainsi à ses minorités religieuses. Quel effet pervers au sein d’une société démocratique!

Lorsqu’un tel mouvement s’exerce là où des minorités ont le sentiment d’être brimées dans leur droit, la résistance se lève. Certaines chrétiennes ont déjà affirmé sur les réseaux sociaux qu’elles se feront tatouer une énorme croix sur la peau en substitution d’un objet qui s’enlève.

Pour les futures enseignantes qui arborent un signe «porté religieusement» ou «identifié comme tel», la seule issue serait la soumission. Peut-être alors assisterons-nous à une hausse d’écoles confessionnelles pour contourner la prohibition? Du moins jusqu’à ce que des partis se lancent dans une surenchère nationaliste pour élargir l’applicabilité de la loi.

Ainsi la laïcité, plutôt que de nous rassembler dans un espace libre et ouvert à tous, deviendrait le motif de communautarisation à outrance. En combattant le multiculturalisme avec sa loi 21, le gouvernement du Québec pourrait nourrir la division par la religion.

De nouvelles confrontations sont donc à prévoir, dans les tribunaux à coups de millions pour que le gouvernement défende sa loi, mais aussi dans les écoles et dans les rues. Les refus d’abdiquer, sous motif de liberté de conscience, seront légion. Les «rebelles» tenteront de défier les «mesures de surveillance» et les sanctions qui découleront de cette loi.

Attendons-nous donc à plus de répression que ce que le gouvernement de M. Legault semble anticiper. Et la répression contre des minorités n’attirera pas les appuis internationaux que le Québec, à ce moment de son histoire, serait en besoin d’obtenir pour nourrir sa quête d’identité.

Une question enfin réglée? Rien de moins certain. Mais c’est peut-être une occasion nouvelle qui se présente aux grandes religions. Comment organiser la résistance passive en montrant le meilleur d’elles-mêmes? La non-violence à la manière de Gandhi tout comme la désobéissance civile à la Thoreau pourraient bien motiver les prochaines manifestations.

Plus les religions montreront ce qu’elles prétendent être, au fond, c’est-à-dire des véhicules voués au développement du meilleur de l’esprit humain, plus elles deviendront une force de contradiction contre un esprit laïciste qui semble actuellement vouloir les exclure. Et qui sait, ce sont peut-être les religions elles-mêmes qui sauront garantir la sauvegarde de l’esprit de la démocratie! Plutôt qu’une révolution culturelle, pourquoi pas une révolution spirituelle?

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6 Commentaire(s)

Denis Beaulé || 2019-06-26 21:51:26

Bon. Nous y voilà. Donc. Bonne ou mauvaise loi? LA Question est peut-être davantage ou plutôt: bonnes ou mauvaises gens?… Le hic, pour moi, c’est que, quoique sachant qu’il y a manque, criant, de personnel enseignant, assez pour qu’en souffrent maints enfants, on ne s’est pas préoccupé.e.s de ceux-ci. Seulement de la p'tite musulmane voilée. Étudiante, débutante ou terminale, en Éducation, probablement déjà ‘utilisée’ même comme enseignante suppléante, et à l’égard de qui il pressait comme c’est pas possible de lui fermer le chemin ainsi que la porte au nez et sur les pieds. Peu importe que ce ne fût pas ‘fair’ pantoute, que ça s’avère pingre et chiche, pour ne pas dire mal élevé, que ça ressemble éminemment à ce qu’on appelle, en bon québécois, « un coup de cochon »… Ben, on le, on l’a fait quand même. Et faudrait applaudir, parait. C’est drôle, hein, mais tout à coup qu’il y aurait qqn qui ne le ‘prendrait’ pas comme ça? Tout à coup qu’il y en aurait, ne serait-ce qu’un.e, qui estimerait que c’est là négligence (‘criminelle’?) ou maltraitance d'enfants — d’agir ainsi, i.e. d’ajouter, plus encore à la souffrance — (quand ce n’est pas à détresse pure*) — d’enfants en manque grave de ce dont ils ont le plus besoin (d’enseignantes); de ne pas attendre d’avoir résolu ce suréminent problème-là, (en fait d’avoir [eu] le culot de l’accroître encore plutôt), avant de couper d’autre personnel? Bref, ça m’dépasse. * Voir le compte rendu du Devoir de veille de Noël, en lequel était rapporté qu’en une classe de Rosemont se sont succédé pas moins d’une dizaine de suppléant.e.s, sans qu’aucun.e ne reste, et qu’en conséquence des enfants ne veulent plus aller à l’école (on les comprend). Face à loi semblable, arrive, donc, advenant profonde impertinence ou non pertinence, la question d’«obéissance» à. Comme vous-même l’évoquez. Hé! Si une loi fait plus de mal que de bien à d’innocents enfants, est-ce que la ‘morale-moralisante-moralisatrice' de p’tits moralistes-moralisateurs à cinq sous doit quand même prévaloir aussi en ce genre de cas-là? Je me suis posé la question. Et J’y réponds ici par l’exemple d’hommes de loi, de droit et de foi. La question de savoir s’il s’avère légitime ou pertinent ou, au contraire, impertinent et déplacé, d’obéir ou désobéir à la loi ne commence pas à se poser qu’en lien maintenant avec les suites de l’adoption de la loi sur la laïcité. Elle s’est posée de tout temps. D’Antigone à Socrate, des tout premiers apôtres chrétiens — (préférant obéir à Dieu d’abord) — au plus éminent d’entre eux, Paul (exhortant à obéir aux magistrats), jusqu’à aujourd’hui avec la CSDM vs la FCSQ et le gouvernement québécois. Qui dit vrai? Qu’est-ce qui est (le plus) juste? La chose reste et restera indéterminée. Et interminable parce qu’insoluble et indéterminable. Autrement dit, cela dépend. Il n’y a pas de réponse définitive ou absolue. D’aucuns se disent tout de go « scandalisés » à la seule perspective de dérogation à une loi. Pourtant, une loi ne peut-elle en être elle-même une de dérogation?… Les avis s’avèrent extrêmement divergents et différenciés à cet égard. Qui plus est, les expériences de soumission — (aveugle ou spontanée) — à l’autorité de Milgram ont illustré, de façon dramatique, que l’«obéissance» ‘automatique' à quelque chose ou à quelqu’un ne serait pas nécessairement toujours ce qui est le plus approprié. Cela « parait bien » de dire que d’obéissance à la loi, nul n’est dispensé. C’est fort simple et commode. Par contre, il n’est pas que des gens de droit, comme Julius Grey, conviant à faire passer parfois la conscience avant la loi. D’autres, éminents hommes de foi ou de loi, ont professé l'exacte même chose. On peut certes rétorquer que Pierre Elliott Trudeau aurait été un sacripant. Mesures de guerre, constitution 1982 sans Québec, et al. Mais n’en aura-t-il pas également repensé des principes et fait adopter d’autres mesures représentant des avancées positives majeures. Décriminalisation d’avortement et d’homosexualité, abolition de la peine de mort, charte des droits. Or, lui, grand intellectuel et législateur-chef, n’en aura pas moins dit que « la conscience est notre seul guide, et si la loi viole notre conscience, je crois que nous devons désobéir à la loi. » (La Tribune, 25 août 1971, p. 7). Enfin, côté foi et religion, même chose. On a été habitué.e.s, n’est-ce pas, à l’infaillibilité pontificale, à l’autorité suprême du magistère de l’Église (catholique romaine). Néanmoins, l’un de ses plus forts et brillants intellectuels de tous les temps, le pape Benoit XVI, lorsqu’il était « « Le théologien allemand Josef Ratzinger, qui, à l'époque du concile Vatican II, fraternisait avec le théologien suisse Hans Kung, a déclaré: « La conscience est le tribunal suprême et ultime de la personne humaine, même au-dessus de l'Église officielle, et c'est à elle que nous devons obéir. » » ( Le Devoir du 15 mars 2008, Jean-Paul Lefebvre, Essayiste. Extraits d'une communication présentée ce jour-là au colloque « L'Église et la liberté des modernes » au Centre culturel chrétien de Montréal). Comme quoi, il semble sage de ne pas être trop catégorique ou tranché relativement à une présumée préséance a priori, à une prédominance ou transcendance, à une indiscutable primauté pérenne de la loi; censées s’imposer d’emblée et aller de soi en tout temps, pour tout, selon plusieurs; alors que cela ne va justement pas toujours, pour tout ou tou.te.s, de soi. Bien au contraire.

Jocelyn Girard || 2019-06-28 00:00:00

Vous développez plus que je n'avais d'espace pour le faire mon paragraphe sur la désobéissance civile. Vos questions et le cheminement de votre pensée sont intéressants. Il demeure que la résistance est un risque qui peut mettre ses acteurs en péril. Si ce ne sont que les personnes concernées par des signes religieux qui s'élèvent contre la loi, sans la solidarité des autres qui n'en portent pas ou qui n'occupent pas un poste désigné par la loi, celles-ci n'auront que peu de poids et feront vite les frais d'une "excommunication" générale. Le défi est plus grand du côté des "sensibilisés" pour qu'ils se mettent côte à côte avec les "visés". Il y a ici un véritable défi de cohérence.

MicheL LASNIER || 2019-06-21 19:55:33

Bravo.! La loi est adoptée, il était plus que temps.! Dans l' ensemble, c' est une très bonne loi.!

Francine D || 2019-06-21 14:14:35

Selon moi il n'y a aucun droit de brimé par cette Loi et je suis fière que notre gouvernement l'ait adoptée même sou bâillon. Chacun est libre de vivre sa religion dans sa vie. La loi concerne les postes en autorités dans les différents ministères, santé et services sociaux, policiers, éducatrices en garderies et enseignants. Il me semble que ce n,est pas compliqué. Pour les femmes qui portent des foulards qui cachent leurs cheveux et parfois leur visage et leur vêtements ne sont pas vraiment adaptés aux grandes chaleurs de l'été alors que l'homme lui se promène en bermuda... c'est vraiment une façon d'asservir les femmes et ce sont les hommes de ces religions qui ont décidé de ces costumes, Il n'y a rien d'écrit sur ce sujet dans les documents officiels de leur religion et aussi il n,est nullement interdit par ces religions de retirer tout ça dans le cadre du travail. Cela a été confirmé par plusieurs représentants importants de ces religions. Il serait très respectueux pour l,ensemble des résidents du Québec toutes origines et religion confondus, que les éditorialistes et/journalistes cessent, par leurs écrits, de semer la confusion auprès des personnes vulnérables. Je trouve cela honteux. J'ai un crucifix bien exposée au dessus de ma porte d'entrée, et personne ne m'a fait de remarque désobligeante, je suis chez-moi. S'il y a eu tellement de changements pour nos crucifix dans les écoles, au parlement, pour les fêtes de Noël et autres, nos habitudes et nos croyances, la cause vient des personnes qui exigent dans leur pays d'accueil d'imposer tout ce pourquoi ils ont quitté leur pays. Qui a vu ces droits brimés depuis de nombreuses années??? C'est ce à quoi on doit réfléchir... Le gouvernement a voté cette Loi afin qu'on en finisse avec tous les accommodements raisonnables qui ont été accordés par les gouvernements précédents. C'est à cause du laxisme des dirigeants Libéraux de niveau national et provincial qu'il devenait obligatoire d'avoir une Loi et c,est tant mieux.

Jocelyn Girard || 2019-06-25 00:00:00

Il y a trois ou quatre choses qui me chicotent dans votre commentaire... Tout d'abord, la loi ne s'appliquera pas aux éducatrices en services de garde, Dieu merci. Ensuite, la loi n'est pas faite pour améliorer le confort des femmes qui portent un foulard et un accoutrement inadapté aux conditions estivales (selon votre perception puisque dans les pays très chaud, on se sauve de la chaleur en portant des vêtements amples qui couvrent tout, y compris la tête). On continue: vous avez raison de croire que le hidjab n'est pas un vêtement prescrit par le Coran, en tant que tel, mais la Charte des droits et libertés de la personne du Québec s'en fout... Elle accorde des droits aux personnes, pas aux représentants des groupes religieux. Il revient donc à chacun de poser les balises de ses croyances devant les tribunaux. Par ailleurs, que dix imams ou muftis disent une chose, 100 autres diront autre chose. Il n'y a pas d'autorité religieuse universelle dans l'islam et cela se vérifie par l'étonnante diversité de rapports qu'entretiennent les musulmans du monde entier avec leur tradition religieuse. Enfin, ce ne sont pas les musulmans qui ordonnent qu'on enlève les crucifix et autres signes de notre tradition chrétienne. C'est un mouvement de fond qui est présent au Québec, de la part de "Québécois de souche"... Les musulmans qui vivent ici, dans leur immense majorité, vivent très bien avec nos traditions, nos fêtes religieuses et nos signes associés... Mais il y a une minorité "des nôtres" qui n'en veulent plus et qui remportent des victoires devant les tribunaux. Personnellement, je ne vois pas tant de problèmes avec la disparition des crucifix et des prières dans les espaces qui symbolisent l'État, mais si cela vous choque, prenez vous-en à vos vrais adversaires...

Picard Michelle || 2019-06-19 09:55:51

Cela est bien triste...Il n'y a rien de plus beau que la démocratie...mais lorsque s'infiltrent...la corruption...la législation quasi totalitaire ou sous pression...et autres....peut-on se demander si «l'évolution» consiste à brimer la liberté...Quel discernement! ...Légiférer la loi du cannabis...supprimer les signes religieux comme si je pouvais séparer la religion de la vie quotidienne.... Les personnes sans signes ne peuvent-elles pas devenir «insignifiantes». Ne peut-on pas considérer les partis politiques une forme de religion qui relie les adeptes?...Plus petits (e).... les religieuses à «cornettes et bavettes» nous ont-elles perturbés (e)...Ne sommes-nous pas rendus(e) dans un monde où l'on demande au clergé d'enlever« le col romain»...comme cela est survenu dans un hôpital de Montréal.... Irons-nous à supprimer...les croix que porte le clergé...Regardons ce qui survient depuis quelques année...la suppression des noms historiques de rues de «saints (e)...le retrait de la religion des écoles...le crucifix du local de l'assemblée nationale... les signes religieux....la musique des chants religieux dans les écoles pour le temps de Noël...le changement de noms des vacances de Noël...On a même pensé pour la fête de Montréal modifier le signe de la croix du Mont-Royal pour l'adapter dans un genre de logo «mTl».... Récemment...les médias annonçaient...le désir de modifier le nom de la fête nationale de la St-Jean-Baptiste par celui de la fête du «solstice d'été».... Bref...pouvons-nous nous demander si sous prétexte de «modernisme» faut-il supprimer les efforts de nos ancêtres...les valeurs léguées et qui ont motivé leurs raisons de vivre...et encore les valeurs humaines et religieuses....la solidarité...le partage...le respect de la Nature etc...À quand la suppression des croix du chemin...et celles des clochers d'églises...ce «Aimons-nous les uns (e) les autres» ne signifie-t-il pas aussi «respectons-nous les uns (e) les autres...Réveillons-nous....dérapons-nous d'un faux problème....et regardons plutôt au loin de ce qui nous attend....Pourrait-il y avoir quelque chose de « voilé» à nos yeux! ...Oui...ces minutes de jadis... de prière ou de silence pour les autres seraient tellement bienvenues encore avant de débuter ces rencontres à l'assemblée nationale et ou autres. Oui, puis-je écrire encore....Seigneur viens à notre aide......

Jocelyn Girard || 2019-06-19 00:00:00

Il me semble deviner dans votre propos une forme de désarroi face à ces "évolutions" de notre société qui a tendance à effacer les traces religieuses de son passé. Personnellement, je ne suis pas si attaché à ces "signes" extérieurs. Mais je ressens votre peine et comprends la perte de repère que cette situation entraîne. Nous devons toutefois reconnaître qu'une large part des critiques adressées à l'Église sont justifiées et que celle-ci n'a pas terminé son effacement de la mémoire du peuple, un peu comme les anciens Égyptiens effaçaient les traces d'un Pharaon maudit sur toutes les stèles où l'on trouvait son nom! Le temps est long et la véritable Église faite de disciples à l'écoute du Christ et de ses interpellations à aimer son prochain a encore de l'avenir! Nous vivons une époque troublée pour les croyants, mais combien percutante pour le retour à l'essentiel de la foi chrétienne. Courage!

Jacques Lalonde || 2019-06-19 08:57:11

Je vous trouve bien alarmiste. Je crois qu'à prévoir le pire, vous révélez une peur de l'autre qui me semble exagérée. Avant d'être victime des événements, le croyant (chrétien, musulman, juif, etc.) est acteur parmi d'autres acteurs, un parmi le nombre, sujet au regard de l'autre certes, mais doué de parole et de convictions dont l'exercice quitte le scène publique pour entrer en intimité avec son prochain. N'êtes-vous pas d'accord pour dire que ce prochain est notre allié puisqu'il nous révèle à Dieu et à nous-mêmes? Me faire interpeller sur cette croix que je porte à la boutonnière est cette occasion nouvelle d'interagir avec ceux-là qui gardaient silence jusqu'à ce débat sur la laïcité. Quelle extraordinaire opportunité! Soudainement, je suis autorité, légitimé à participer à ce dialogue duquel l'Église elle-même a été exclue lors de la commission parlementaire. Parce que l'interpellation est généralement publique, la réponse l'est aussi et ce devant un auditoire généralement restreint mais toujours attentif. Cette frilosité que vous mettez en mots est à combattre, la première bataille à livrer étant avec nous-mêmes. Reconnaissons que cette suffisance qui distinguait notre ancien status majoritaire fait désormais place à notre inconfort de minoritaire. Ce changement de position appelle à un renouveau de forme et de contenu. Réduite à ne plus être qu'une voix hors champs, la parole institutionnelle doit descendre au niveau des croyants eux-mêmes, ceux-là mêmes qui sont en contact étroit avec la rue. Allons courage! Portons un signe discret mais clair de notre foi et suscitons la rencontre sans crainte. Une simple croix, aussi petite soit-elle, suffit parfois à ouvrir des horizons étonnants. Confiance!

Jocelyn Girard || 2019-06-19 00:00:00

Merci d'avoir commenté. Cependant je ne sais pas si je vous saisis bien. Vous semblez indiquer que j'associe les croyants à la victimisation. Mon propos traite de droits fondamentaux qui sont brimés en partie par la Loi 21. Il ne s'agit pas de faire des victimes, mais de dénoncer une injustice faites à des citoyen.ne.s qui ne pourront plus, comme vous le faites, porter un signe "religieux" dans leur milieu de travail (voir la liste des emplois visés). Et vous parlez de la prise de parole des croyants sur la place publique, à partir d'une croix visible que vous portez. J'ai l'impression de vous rejoindre quand vous parlez de la responsabilité des croyants d'être ce qu'ils sont et de l'assumer. Ce que j'appelle "révolution spirituelle" pourrait bien être de cet ordre, non pas pour convertir ni pour juger de haut, mais en tant que membres d'une même collectivité où la différence, notamment culturelle et religieuse, devient opportunité de rencontres authentiques et de faire surgir le meilleur de l'humain.

Jean Belle-Isle || 2019-06-19 03:32:47

Une minorité fanatique agissante voudra sans doute profiter de l’occasion pour se faire valoir. Pour l’immense majorité des gens, religieux ou non, ce sera la paix et l’égalité.

Jocelyn Girard || 2019-06-19 00:00:00

Je le souhaite, mais je n'ai pas l'optimisme aussi joyeux que le vôtre!

 

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