Mettant en vedette Osacar Isaac, Christian Bale et Charlotte Le Bon

'The Promise', un rare film sur le génocide arménien

Charlotte Le Bon, Oscar Isaac et Christian Bale dans une scène de The Promise.
Charlotte Le Bon, Oscar Isaac et Christian Bale dans une scène de The Promise.   (CNS photo/Open Road Films)
2017-04-24 11:11 || Monde Monde

Selon George Winter, coproducteur du film The Promise, le tournage de ce long-métrage ne fut pas une mince affaire. Consacré au génocide des Arméniens de l’Empire ottoman, lors de la Première Guerre mondiale, ce film a demandé près de deux ans de tournage, en plus d’avoir été scénarisé pendant une cinquantaine d’années.

Ce projet était dans les cartons de Kirk Kerkorian depuis la fin des années 1960. Lui-même d’origine arménienne, il a longtemps rêvé de produire un long-métrage sur ce génocide, à l’époque où il était propriétaire des studios MGM, entre 1969 et 1986. En vain.

«C’était déjà une question controversée, même à l’époque où il était le propriétaire de la compagnie», reconnaît George Winter.

Le producteur venait tout juste d’assister au visionnement de presse de The Promise, au Grauman's Chinese Theatre de Los Angeles. Plusieurs célébrités aux racines arméniennes – Cher et les sœurs Kardashian, par exemple – ont assisté à cette représentation, dit-il.

Peu avant son décès en 2015, Kerkorian a «mis de l’argent de côté et signé un chèque» afin de s’assurer que le film dont il a toujours rêvé soit produit et qu’il atteigne les «standards de qualité» les plus élevés, ajoute Winter.

C’est à l’acteur guatémaltèque Oscar Isaac qu’a été confié le premier rôle de ce long-métrage: celui d’un jeune arménien complétant des études en médecine à Constantinople (aujourd’hui Istanbul). L’acteur australien Christian Bale y incarne quant à lui un globe-trotter alcoolique qui gagne sa vie à titre de correspondant pour l’American Press. Basé dans la région, le journaliste enquête sur le génocide, dont il découvre peu à peu l’ampleur. La Montréalaise d'origine, Charlotte Le Bon, complète le principal trio d'acteurs.

En 2016, Christian Bale a été mis en nomination pour l’Oscar du meilleur acteur de soutien pour le film The Big Short. Oscar Isaac est plus populaire que jamais, depuis sa participation au septième épisode de la saga Star Wars. Il admet volontiers ne «pas avoir besoin de participer à un film de ce genre». Bale avoue quant à lui ne pas être à court d’argent. Lorsqu’il a approché ces deux acteurs pour les inviter à jouer dans The Promise, le réalisateur et coscénariste Terry George a voulu interpeller ceux-ci au plan personnel et intime. «Ces deux acteurs ont fait leurs propres recherches afin de mieux comprendre les personnages et l’intrigue du film. Lorsque le film sera projeté en salle, ils deviendront le visage et l’incarnation même de ce film», ajoute Winter.

La résonance d’un film avec les enjeux du moment – violences ethniques, migrations, persécutions religieuses – ne garantit cependant pas son succès au box-office. George Winter en sait quelque: en 1991, il avait produit un film sur les missions de bombardement de pilotes de l’aviation militaire américaine. Or, le film est sorti en salle en pleine Guerre du Golfe alors que les téléspectateurs pouvaient assister en direct à des tels bombardements, sur les ondes de CNN.

Pour Winter, le succès de The Promise ne repose pas uniquement sur les épaules des cinéphiles arméniens. Ce film, dit-il, s’adresse à un public plus vaste. L’équipe de production déploiera d’ailleurs une importante campagne de promotion sur les médias sociaux et auprès de leaders religieux de diverses confessions. Il estime avoir eu des réactions positives lors des visionnements de presse.

Il se souvient du tournage d’une scène où l’on voit des cadavres d’Arméniens amoncelés aux abords d’un lac. «En tant qu’équipe, nous avons dû prendre une pause. En tant qu’équipe, nous avons dû prendre un moment pour…. » Le producteur s’interrompt, sous le coup de l’émotion. «Je suis encore ému lorsque je repense à cette scène. C’est le genre d’image qu’on peut voir dans les journaux ou sur le web», dit-il.

«Je crois que cela nous fait prendre conscience de la nécessité de tourner des films qui vont passer à la postérité et qui vont demeurer pertinents, malgré l’écoulement du temps. C’est ça l’essentiel. C’est pour cette raison qu’on raconte cette histoire. C’était pertinent à l’époque et ce l’est encore aujourd’hui», conclut-il.

Sa sortie en salles était prévue le 21 avril au Canada et aux États-Unis. Les premières critiques sont très mitigées.

D'après un texte de Mark Pattison, Catholic News Service

 

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