Prix du Jury œcuménique

Décès de la comédienne Monique Mercure, honorée à Cannes en 1977

Le film J. A. Martin photographe, dans lequel jouait Monique Mercure, a remporté le prix du Jury œcuménique à Cannes en 1977.
Le film J. A. Martin photographe, dans lequel jouait Monique Mercure, a remporté le prix du Jury œcuménique à Cannes en 1977.   (Courtoisie)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2020-05-18 14:23 || Monde Monde

En annonçant le décès de la comédienne Monique Mercure, tous les médias ont rappelé qu'elle était devenue, en 1977, la toute première Canadienne à obtenir le prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes, une récompense pour son rôle de Rose-Aimée dans le film J. A. Martin photographe. Aucun média n'a toutefois mentionné que cette année-là, le film de Jean Beaudin où elle excellait recevait à Cannes le prix du Jury œcuménique, un honneur attribué, lui aussi pour la toute première fois, à un film québécois et canadien.

Le prix d’interprétation obtenu à Cannes par Monique Mercure «a marqué sa carrière d’une pierre blanche», a réagi Martin Bilodeau, le rédacteur en chef de l'agence cinématographique Mediafilm, en apprenant son décès, le dimanche 17 mai 2020. Tout comme le film J. A. Martin photographe d'ailleurs, ajoute-t-il, «dans lequel tout le Québec a reconnu son père, sa mère, son couple et sa famille».

«Mercure était une grande actrice, sous-exploitée souvent ou mal comprise», indique Martin Bilodeau, qui est aussi le directeur général de Communications et Société, un organisme voué à la promotion de la qualité, du sens critique et des valeurs éthiques et spirituelles dans le monde des médias.

Il rappelle que la comédienne a «fondé sa réputation auprès du grand public sur une comédie de mœurs (Deux Femmes en or, de Claude Fournier) dont elle avait honte. Ceci explique cela. Et puis elle venait d’une ancienne école, celle des Compagnons de Saint-Laurent, où les acteurs apprenaient les grands classiques joués dans un langage châtié. Elle a toujours semblé inconfortable avec cette contradiction», note M. Bilodeau.

Paru en 1976, J. A. Martin photographe s'est mérité la cote (3) Très bon de Mediafilm, autrefois l'Office des communications sociales, une agence qui évalue tous les films depuis les années 1960. «Étude intéressante des relations d'un couple mêlée à l'évocation des mœurs d'une époque. Mise en scène soignée. Ton intimiste. Interprétation juste», a-t-on inscrit dans la fiche du film.

«Située au début du XXe siècle, l'intrigue mêle l'étude des relations d'un couple à l'évocation des moeurs d'une époque. Ces deux aspects s'imbriquent sans heurts dans une mise en scène où un grand soin a été accordé à l'image, comme pour correspondre aux préoccupations du personnage annoncé par le titre. Un ton intimiste de bon aloi se fait sentir dans l'approche des personnages dont les problèmes sont plus indiqués que soulignés. L'ensemble présente beaucoup d'intérêt et est interprété avec justesse», avait aussi écrit le sulpicien Robert-Claude Bérubé qui a créé ce système de notation des films.

Quatre autres films canadiens ont obtenu le prix du Jury œcuménique lors du Festival de Cannes. Ce sont Jésus de Montréal de Denys Arcand (1989), De beaux lendemains (1997) et Adoration (2008) d'Atom Egoyan, et Juste la fin du monde de Xavier Dolan (2016).

En 1977, les six membres du Jury œcuménique du Festival de Cannes avaient indiqué avoir remis leur prix annuel à J. A. Martin photographe parce qu’il abordait «le problème des relations humaines à l’intérieur du couple en mettant l’accent sur la nécessité de la compréhension et du sens des responsabilités pour un mutuel épanouissement».

Le film La Dentellière, du réalisateur Claude Goretta, a aussi obtenu en 1977 le prix du Jury œcuménique. L’année précédente, aucun film n’avait été primé, les membres du jury ayant déploré n’avoir visionné que des œuvres «exemptes d’espérance dont certaines présentaient une violence inconnue jusqu’ici». Ils émettaient alors le souhait que «le cinéma ne devienne pas une source de haine dans un monde qui aspire à la paix».

***

 

 

du même auteur

La basilique Notre-Dame de Montréal recevra une somme de 1 M$ du gouvernement canadien.
2021-01-19 13:34 || Québec Québec

La basilique Notre-Dame de Montréal obtient 1 M$ d'Ottawa

Lise Garneau, en mai 2016, lors de l'ordination épiscopale de Mgr Alain Faubert.
2021-01-18 14:54 || Québec Québec

Décès de la réalisatrice et animatrice Lise Garneau

L'homme de 28 ans qui a peint des croix gammées sur les portes de la synagogue Shaar Hashomayim, située à Westmount, a rapidement été maîtrisé par les gardiens de sécurité de ce lieu de culte puis remis aux forces policières.
2021-01-14 07:52 || Québec Québec

Des croix gammées peintes sur les portes d'une synagogue de Westmount

articles récents

La réalisatrice Annabel Loyola, le 28 février 2020, deux jours avant de s'envoler pour la France.
2020-04-02 16:00 || Québec Québec

Le tournage d'un film sur la fondation de Montréal bousculé par la COVID-19

Le nouveau film d'Annabel Loyola, Les âmes errantes, est projeté en première canadienne le 28 février.
2020-02-28 08:00 || Québec Québec

Un film veut «relancer le débat» sur l'avenir de l'Hôtel-Dieu

Présenté lors des Rencontres internationales du documentaire de Montréal de 2019, le premier long métrage de Maxime Faure, Ainsi soient-elle, interroge les souvenirs, le quotidien mais surtout l'avenir des religieuses auxiliatrices du Québec.
2019-11-18 15:46 || Québec Québec

Première à Montréal du documentaire 'Ainsi soient-elles'