Sœur Violette Blais

Entrevue avec la religieuse conseillère pour La Passion d'Augustine

Image tirée de La Passion d'Augustine.
Image tirée de La Passion d'Augustine.   (Courtoisie Les Films Séville)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2016-03-21 12:56 || Québec Québec

La religieuse Violette Blais ne voulait pas rater, hier soir, le Gala du cinéma québécois. La Passion d'Augustine, un film auquel elle a participé à titre de conseillère, était en lice pour dix prix, notamment dans les catégories du meilleur film, de la meilleure réalisation et du meilleur scénario.

Le nom de la religieuse de 82 ans, membre de la congrégation des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, apparaît au générique du film de Léa Pool. «C'est bien écrit Violette Blais, snjm», lance-t-elle fièrement.

La Passion d'Augustine raconte les difficultés que connaissent des religieuses qui habitent un couvent de la Montérégie à la fin des années soixante. L'école qu'elles dirigent et où elles enseignement notamment la musique est menacée de fermeture, résultat des changements profonds que vivent la société et l'Église durant la Révolution tranquille.

«La scénariste Marie Vien est venue m'interviewer. Elle me connaissait de nom, car ses filles ont fréquenté nos écoles. Elle voulait savoir comment j'avais vécu cette période de changement radical.»

«J'ai vu le film quatre fois», dit Violette Blais, religieuse depuis 1954. Son verdict? «C'est conforme à ce que j'ai dit à Marie Vien.»

«J'ai trouvé le film conforme à la réalité, même si j'ai trouvé que c'était parfois un portrait-charge. Mais la bonne cuisinière, c'est vrai. La professeure de piano, aussi», confie celle qui a œuvré toute sa vie dans l'enseignement, dont 28 ans à l'École de musique Vincent-d'Indy.

Non, ce n'est pas sa propre histoire qui est racontée dans La Passion d'Augustine. D'ailleurs, les habits religieux portés par les comédiennes Céline Bonnier, Diane Lavallée, Valérie Blais et Pierrette Robitaille, pour ne nommer que celles-là, «ce n'est pas notre costume», dit-elle. «La robe, la pèlerine, ça va, mais pas la coiffe.»

Toutefois, le film représente bien ce que plusieurs religieuses ont vécu durant les années soixante. «Nous, dans notre communauté, on a changé de costume durant l'année de l'Expo [ndlr: 1967]. On allait à l'université et nous n'étions pas bien vues quand on portait notre costume religieux. Cela a incité plusieurs sœurs à aller plus vite dans le changement de costume. Sur ce point, le film est très juste.»

En 1966, la congrégation des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie comptait près de 4200 membres dans le monde, dont 2000 au Québec. C’est en 1967 que les plus hautes instances de la communauté ont approuvé le renouvellement du costume religieux. En 1968, un modèle simplifié fut choisi. Entre 1968 et 1971, les religieuses pouvaient choisir de porter ou non le costume laïc.

Lysandre Ménard, comédienne et musicienne

La Passion d’Augustine a obtenu hier six prix, dont celui du meilleur film. La religieuse était heureuse, à la fin du Gala du cinéma québécois, «qu’un tel film, rempli de musique», remporte autant de prix.

«Dans notre communauté, la musique a une place primordiale. C'est une valeur de premier plan, depuis les débuts de notre congrégation», rappelle sœur Violette Blais.

Lysandre Ménard, la jeune musicienne rebelle du film, n’a pas obtenu le prix de meilleure actrice de soutien. C’est la comédienne Diane Lavallée, sœur Lise dans le film, qui a obtenu ce prix.

«Que Lysandre Ménard ait été choisie pour ce rôle, cela nous a fait grand plaisir», confie la religieuse. Elle est aujourd’hui enseignante à l’École de musique Vincent-d’Indy. «C’est une jeune femme très pédagogue et une musicienne talentueuse. Les élèves l'aiment beaucoup.»

Quand les responsables se sont mis à la recherche d’une jeune comédienne qui soit aussi une musicienne de talent afin d’interpréter un des principaux rôles du film, «on a suggéré son nom car elle avait déjà fait du théâtre au secondaire», rappelle sœur Blais.

«On ne s'est vraiment pas trompé en donnant son nom», lance-t-elle.

 

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