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Cinq numéros à relire de la revue Maintenant

Exemplaires de la défunte revue Maintenant.
Exemplaires de la défunte revue Maintenant.   (Présence/François Gloutnay)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2017-04-21 14:27 || Québec Québec

Premier numéro

«Maintenant se veut fidèle à l’Église, loyal au monde en faisant porter ses analyses sur l’évolution politique et sociale, les mouvements idéologiques et culturels, toutes ces structures dans lesquelles l’homme chrétien accomplit son destin et exerce son influence», écrit le dominicain Henri-Marie Bradet, directeur de la revue, dans le tout premier numéro.

Aussi dans ce numéro, un échange de lettres sur les relations tendues entre religieux et laïcs dans l'Église. «Oui, il est temps que nous abandonnions nos complexes de suzerain et de maître et que nous nous expliquions en toute franchise, en tant que frères du Christ et citoyens de la même Cité.» L'auteur de ce mea culpa? Le dominicain Benoît Lacroix, décédé le 2 mars 2016, à l'âge de 100 ans.

Marie

«Les adultes de notre âge ont connu dans leur adolescence le grand climax de la mariologie. Enfants, nous avons tous marché pensivement sous les bannières du mois de Marie, porté la médaille miraculeuse épinglée par nos mères à nos petites camisoles, vécu les miracles de Lourdes, éprouvé le suspense du secret de Fatima, récité le chapelet en famille pour la conversion de la Russie et senti les grandes rafales de la Légion de Marie.»

L'éditorial que publie, en mai 1967, Hélène Pelletier-Baillargeon, n'est pas passé inaperçu. «Je disais des choses sur la vierge qui n'étaient pas acceptées à l'époque. Je revisitais sur le plan théologique tout ce qui a pu être dit sur les dogmes mariaux et cela a fait du bruit», admet l'auteure. «C'est pourtant le texte dont je suis la plus fière.»

Vote à gauche

En 1968, un texte de la revue Maintenant «mettra le feu aux poudres dans l'Ordre dominicain» et entraînera la cessation, par la communauté, de l'appui financier qu'elle accordait à la revue depuis 1962.

Voir à la une de Maintenant le titre Nous voterons NPD avait choqué certains dominicains, fédéralistes et libéraux, raconte Hélène Pelletier-Baillargeon.

Au point qu'ils ont «fait valoir au conseil de l'Ordre que la revue ne méritait plus d'être financée. C'est comme cela qu'on a perdu notre financement. On s'est alors tourné vers un mécène, Péladeau père [ndlr: Pierre Péladeau (1925-1997), fondateur de Quebecor]. Il nous donnait 10 000 $ par année tandis que la revue était imprimée et distribuée par lui», rappelle Hélène Pelletier-Baillargeon. «Quand il en a eu assez, ça été la fin de Maintenant

Numéro ultime

La revue disparaît, l'équipe reste. Hélène Pelletier-Baillargeon signe l'éditorial du «41e et dernier numéro de la revue Maintenant».

«Généreusement soutenue pendant sept ans par l’Ordre dominicain, puis jusqu’à ces derniers mois par M. Pierre Péladeau, Maintenant disparaît donc d’abord pour des raisons financières évidentes. Comme toutes les revues du même type, aussi bien au Québec et aux U.S. A. qu’en Europe, les activités de Maintenant, tout en relevant du bénévolat, requéraient obligatoirement qu’année après année un groupe ou une personne se chargeât spontanément d’éponger ses déficits. Cette époque semble désormais révolue», écrit-elle.

Mais ce qui ne changera pas, assure la rédactrice, c'est cette volonté exprimée par les différents collaborateurs de poursuivre leurs réflexions et d'intervenir dans d'autres médias. Elle prédit «une excellente cure de rajeunissement en perspective pour des intellectuels chevronnés».

«Tant qu’il y aura des hommes et des femmes libres et préoccupés de garder vivante la petite flamme brûlante de la conscience, l’espérance continuera de susciter et d’inventer des signes visibles de rassemblement», affirme-t-elle.

Premier cahier

En avril 1975 paraît le premier Cahier Maintenant, une publication de 16 pages insérée à l'intérieur du journal indépendantiste Le Jour. Ce numéro n'a qu'un seul rédacteur: Jaques Parizeau. Professeur à l'École des Hautes études commerciales, «un des économistes les plus clairvoyants et compétents du pays», il répond «aux questions et objections les plus sérieuses et les plus répandues» sur l’avenir économique d’un Québec souverain.

Candidat défait du Parti québécois aux élections de 1970 et de 1973, Jacques Parizeau sera élu à l'Assemblée nationale le 15 novembre 1976. En 1994, il deviendra premier ministre du Québec.

 

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