Fondation du Collège universitaire dominicain

Comédiennes et dominicains perpétueront la mémoire du père Benoît Lacroix

La comédienne Sophie Faucher semblait émue en entrant dans le bureau du père Benoît Lacroix pour la première fois depuis son décès.
La comédienne Sophie Faucher semblait émue en entrant dans le bureau du père Benoît Lacroix pour la première fois depuis son décès.   (Présence/François Gloutnay)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2016-05-17 23:25 || Québec Québec

Silencieuses, visiblement émues, les comédiennes Danièle Panneton, Françoise Faucher et Sophie Faucher sont entrées hier dans le bureau de leur grand ami, le dominicain Benoît Lacroix. C'était la première fois qu'elles y retournaient depuis son décès, survenu le 2 mars 2016.

Rien n'a été déplacé dans cette grande pièce située au cœur même de la bibliothèque du couvent Saint-Albert-le-Grand, la maison où le père Lacroix a vécu jusqu'à ses derniers jours. C'est dans la chapelle de ce couvent que ses funérailles ont été célébrées le 10 mars.

Les trois comédiennes se sont remémorées leurs nombreuses rencontres avec le dominicain qui avait fêté son 100e anniversaire le 8 septembre 2015.

«Chaque personne que Benoît rencontrait avait cette impression d'être unique. Malgré son horaire, il avait tout son temps pour cette personne», confie Danièle Panneton.

«Et tu te souviens quand on a reçu l'abbé Pierre?», demande Françoise Faucher, affichant un grand sourire.

Sophie Faucher prend alors la parole. Aux quelques personnes présentes dans le bureau du défunt dominicain, elle annonce que «le 8 septembre, jour de l'anniversaire de Benoît, les comédiens Danièle Panneton, Françoise Faucher, Jean-François Casabonne, qui ne le sait pas encore, et moi-même, on fera une soirée de lecture des textes de Benoît Lacroix». Les deux autres comédiennes, emballées, ne regardent même pas leur agenda.

«J'ai même le titre de cette soirée», ajoute Sophie Faucher. «Ce sera À Benoît, par-delà les mots». Elle explique ensuite qu'elle discutera de ce projet avec les autorités de la communauté. Ils ne refuseront certainement pas car «tous les sous iront à la Fondation du Collège universitaire dominicain».

Campagne de financement

Quelques instants avant cette visite dans le bureau du père Lacroix, les responsables de la Fondation du Collège universitaire dominicain ont annoncé vouloir «perpétuer de façon durable la mémoire de Benoît Lacroix».

Ils entendent créer une chaire Benoît-Lacroix, fonder un club de philosophie Benoît-Lacroix et tenir des soirées Benoît-Lacroix, des spectacles «qui tenteront de surprendre le public là où l'on n'attend pas la présence de Dominicains».

«C'est peut-être notre première campagne de financement», a semblé s'excuser le dominicain Maxime Allard. «Mais nous sommes dans le monde universitaire depuis pas mal de temps. Autour de 800 ans», a ajouté le président du Collège universitaire dominicain.

Les sommes recueillies durant les douze prochains mois seront versées au Collège universitaire dominicain d'Ottawa (120 étudiants) et à l'Institut de pastorale à Montréal (450 étudiants). Les diverses initiatives annoncées entraîneront des coûts de 400 000 $.

Nous souhaitons que «l'héritage que nous avons et les valeurs que nous portons soient inscrits dans des programmes, dans des livres et dans nos murs», a dit le professeur Allard. «Et que cet héritage puisse être transmis encore aujourd'hui à des jeunes.»

On entend aussi «transformer la bibliothèque du campus d'Ottawa afin qu'elle soit digne du XXIe siècle». Cette riche bibliothèque compte notamment 3000 livres anciens, «collectionnés par les frères au fil des années», précise Maxime Allard. À Montréal, c'est toute la bibliothèque qu'on souhaite numériser. On veut aussi offrir de la formation à distance et prendre le virage technologique.

La soirée qu'a proposée Sophie Faucher permettra de recueillir des fonds afin de soutenir toutes ces initiatives. D'autres activités bénéfice sont déjà annoncées.

C'est ainsi que les amis de Benoît Lacroix - et ils sont nombreux - sont conviés le 14 juin à une nouvelle visite de son bureau. Tous ses livres occupent trois des quatre murs de cet espace de travail. L'archiviste responsable de mener l'inventaire de la collection de Benoît Lacroix, Éléonore Audet-Robitaille, mentionne la découverte sur les rayons  de nombreux livres dédicacés, notamment par les poètes Jacques Brault et Marie Uguay.

«En assurant la pérennité de la fondation, nous pourrons recommencer à rêver à des projets afin que le Collège universitaire dominicain et son Institut de pastorale maintiennent leur très bonne réputation et continuent d'offrir d'excellentes formations en philosophie, en théologie et en pastorale», a conclu le prieur dominicain André Descôteaux.

 

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