Entente entre la Ville de Montréal et le gouvernement

La bibliothèque Saint-Sulpice revivra

La bibliothèque Saint-Sulpice.
La bibliothèque Saint-Sulpice.   (Présence/François Gloutnay)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2016-02-02 08:33 || Québec Québec

Abandonnée depuis maintenant dix ans, la bibliothèque Saint-Sulpice retrouvera son lustre d'antan et sa vocation culturelle. C'est ce qu'ont annoncé dimanche la ministre de la Culture et des Communications, Hélène David, et le maire de Montréal, Denis Coderre.

La mise aux normes de l'édifice coûtera 17 M$ et Montréal se dotera d'un espace éducatif destiné spécifiquement aux adolescents. On mettra à leur «disposition des équipements numériques à la fine pointe de la technologie et des produits culturels qui les rejoignent».

Le bâtiment sera accessible aux citoyens dès 2017, année du 375e anniversaire de Montréal, répètent la ministre de la Culture et des Communications ainsi que le maire de Montréal.

En mai 2015, il y a sept mois à peine, l'avenir de la bibliothèque Saint-Sulpice semblait pourtant lourdement hypothéqué. L'imposant bâtiment de la rue Saint-Denis, commandé et financé par les Sulpiciens au début du XXe siècle, était même mis en vente par le gouvernement du Québec, un processus qui sera suspendu dès que l'affaire sera ébruitée dans les médias.

«L'édifice demeurera une propriété publique et sera accessible aux Montréalais ainsi qu'à l'ensemble de la population du Québec», assure aujourd'hui Mme David.

«La bibliothèque Saint-Sulpice fait partie du paysage de la rue Saint-Denis depuis plus de 100 ans. Les Montréalais pourront bientôt redécouvrir ce superbe édifice dans un contexte renouvelé, rajeuni et moderne», se réjouit Denis Coderre, maire de Montréal.

C'est Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) qui sera dorénavant responsable de la bibliothèque Saint-Sulpice, un rôle que son prédécesseur, la Bibliothèque nationale du Québec, avait jusqu'à la construction de la Grande Bibliothèque. Inaugurée en septembre 1915, fermée en 1931, la bibliothèque Saint-Sulpice fut acquise par le gouvernement du Québec en 1941. En 1967, le bâtiment changea alors de nom et devint la Bibliothèque nationale du Québec.

«Nous avions le grand défi de faire revivre la bibliothèque Saint-Sulpice en lui communiquant une impulsion à la fois moderne et respectueuse de son passé. Sa nouvelle vocation sera résolument tournée vers le développement culturel numérique. Nous assurons ainsi la valorisation d'un joyau de notre patrimoine immobilier au bénéfice des générations présentes et futures», a déclaré la ministre David lors d'une conférence de presse tenue à l'intérieur même du bâtiment conçu par l'architecte Eugène Payette.

Les dépenses d'exploitation de la bibliothèque seront dorénavant assumées à parts égales par le gouvernement et la Ville de Montréal.

Une excellente nouvelle

Héritage Montréal se réjouit de l'annonce. Selon Dinu Bumbaru, directeur des politiques de l'organisme, on assiste à un «juste retour de la bibliothèque... à la bibliothèque. Que des gens, compétents pour s'occuper d'un tel édifice, en reprennent la charge, c'est déjà une excellente nouvelle».  

«La bibliothèque Saint-Sulpice, c'était un bâtiment qui était en train de tomber en déshérence aux yeux du gouvernement. Ce dossier est résolu», lance M. Bumbaru. Il note avec satisfaction cette «entente entre le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal, non seulement pour réaliser ce projet mais pour le faire vivre ensuite. Souvent, cette collaboration s'arrête à la photographie du lancement, lorsqu'on coupe le ruban».

Il rappelle aussi que «dans cette bibliothèque, il y a avait une collection de livres et d'archives, aujourd'hui dans des voûtes. Elle va retrouver son intégrité».

Il se réjouit que la réouverture du bâtiment de la rue Saint-Denis soit annoncée pour 2017, année du 375e anniversaire de Montréal. «C'est bien de penser à Jeanne Mance et à Maisonneuve pour la fondation de Ville-Marie. Mais sans Saint-Sulpice, on n'existerait pas, rappelle-t-il. «La bibliothèque Saint-Sulpice était avant tout une initiative privée au service de la communauté. Les Sulpiciens, qui étaient les bâtisseurs de Montréal, ont créé cela, pas le gouvernement.»

«Il faut se remettre dans le contexte du début du XXe siècle à Montréal. On a eu le Congrès eucharistique de 1910, on tient dans la société des réflexions sur le positionnement des institutions catholiques et protestantes. À ce moment, la langue et la religion sont des dimensions importantes dans le paysage identitaire de la métropole.»

Selon Dinu Bumbaru, à l’époque, «la bibliothèque Saint-Sulpice est considérée comme un projet civique», un projet qui émane de la société montréalaise «et pas seulement des institutions».

«Aujourd'hui, on redécouvre l'importance de l'architecture civique», reconnaît-il.

 

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