Entrevue

Sam’Parle, le youtubeur qui parle de Jésus à la sauce québécoise

En quelques mois, le Québécois Samuel Plante est devenu un incontournable du Web chrétien francophone.
En quelques mois, le Québécois Samuel Plante est devenu un incontournable du Web chrétien francophone.   (Courtoisie Studio ThéoVox)
Véronique Demers | Journaliste
Journaliste
2017-12-08 11:10 || Québec Québec

«Le Petit Jésus», «Pierre Jean Jacques» ou « Pourquoi y a-t-il tant de mal (marde) sur la terre?» Ces thèmes sont abordés dans les vidéos de Sam’Parle, un concept Web lancé depuis cet automne sur Facebook et YouTube. Samuel Plante, alias «Sam’Parle», en est le créateur. Il fait partie de la grande communauté des youtubeurs, mais se décrit d’abord comme un disciple de Jésus-Christ qu’il veut suivre au quotidien.

«Je suis ni un slammeur ni un poète. Mais j’aime jouer avec les mots », dit-il. «Une personne de mon Église m’a entendu prêcher dans l’assemblée et m’a proposé de communiquer mon amour pour Dieu et sa personne sur les réseaux sociaux. Je travaille à temps plein sur le projet, par la grâce de Dieu et avec l’aide du studio ThéoVox.»

Samuel Plante se considère comme un «prédicateur de l’Évangile», qu’il enseigne de manière ludique et contextualisée. «Mon but premier n’est pas de divertir, mais de prêcher les textes bibliques. Je veux toucher le cœur des Québécois par l’Évangile. C’est un message à la fois beau et magnifique, mais aussi choquant et déstabilisant pour l’être humain», explique le jeune homme de 25 ans, diplômé en théologie de l’Université Laval.

Au-delà du Québec

En quelques mois, Sam’Parle a dépassé le cap de 5000 J’aime sur Facebook et son auditoire a dépassé les frontières du Québec. «Il y a des gens de la France, d’Haïti et d’Afrique qui regardent les vidéos, mais c’est à 80% ici, puisque le contenu que je propose est vraiment destiné pour le Québec», précise-t-il.

Malgré son jeune âge, Samuel Plante a été pasteur jeunesse pendant 7 ans à son Église, avant de se lancer, à temps plein, dans Sam’Parle. «Ce n’est pas prévu pour être un projet à long terme. Mais le plus important, c’est de servir Dieu. Et être missionnaire dans ma patrie, c’est une bénédiction!», lance le créateur de Saint-Hubert.

Il a dû apprendre à parler seul devant la caméra, puisque lors des rassemblements de jeunesse, il avait l’habitude de s’adresser à des auditoires de près de cinquante jeunes. «Je n’ai pas les réactions en direct, mais j’ai le temps de faire le tournage et le montage. Des amis m’aident dans mon travail, mais ma plus grande critique, c’est ma femme.»

«Évangélisation de front»

Même si les vidéos de Sam’Parle vulgarisent du contenu théologique, Samuel Plante se défend de vouloir remplacer l’Église locale. «Je crois à l’Église locale, c’est important. Je fais plus de l’évangélisation de front. Parfois, il peut s’agir d’une première étape, un premier contact vers l’Église. On est dans une guerre d’idées; il faut convertir les mentalités et ramener la splendeur du message biblique», avance-t-il.

Samuel Plante affirme vouloir aider les croyants à s’ancrer dans leur foi et à donner aux non-croyants une chance à leur foi.

De rebelle à adorateur de Dieu

Le jeune prédicateur n’a pas toujours été aussi fervent. «J’étais livré à moi-même. Je parlais mal, j’étais voleur, menteur, violent, j’avais une sexualité désordonnée. J’aimais avoir le contrôle du volant de ma vie. Je suis né dans une auto!», lance-t-il.

Son cheminement de foi s’est fait de manière progressive, et l’amour manifesté par son entourage et sa famille y est pour beaucoup. «L’amour, la patience et la persévérance qu’on a démontrés envers moi est probablement la plus grosse marque de Jésus mon Sauveur dans ma vie. J’ai appris plus tard que ma famille a déjà fait des réunions de prière clandestines pour moi!»

C’est à l’âge de 16 ans, lors d’une soirée de louange avec des amis de la famille dans le salon de sa maison, qu’il s’est converti. «J’ai eu l’appel de Jésus dans ma vie. Depuis, j’essaye de vivre ma foi à chaque instant, avec les voisins et les gens que je rencontre», raconte-t-il. 

Questionné à savoir quel héritage il souhaite laisser, Samuel Plante a souligné une citation du pasteur luthérien Nikolaus Zinzendorf (XVIIIe siècle): «prêche l’Évangile, meurs oublié». «Je veux que Christ soit glorifié. Et tant mieux si je laisse un héritage, mais ce n’est pas la priorité numéro un», conclut-il.

 

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