Fondatrice de l'Institut Notre-Dame du Bon-Conseil

Une sculpture de Marie Gérin-Lajoie prend forme à Montréal

L'artiste Claude Des Rosiers réalise une sculpture monumentale de Marie Gérin-Lajoie, la toute première bachelière au Québec et la fondatrice de l'Institut Notre-Dame du Bon-Conseil, dans un parc du nord de Montréal.
L'artiste Claude Des Rosiers réalise une sculpture monumentale de Marie Gérin-Lajoie, la toute première bachelière au Québec et la fondatrice de l'Institut Notre-Dame du Bon-Conseil, dans un parc du nord de Montréal.   (Présence/François Gloutnay)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2021-09-01 17:06 || Québec Québec

Une sculpture monumentale de Marie Gérin-Lajoie, la toute première bachelière au Québec et la fondatrice de l'Institut Notre-Dame du Bon-Conseil, se dévoile un peu plus chaque jour dans un parc du nord de Montréal.

C'est à l'artiste Claude Des Rosiers qu'on a confié la réalisation de cette œuvre, commandée durant l'année du 50e anniversaire du décès de cette religieuse, une pionnière du travail social au Québec. C'est aux abords du parc Basile-Routhier, à quelques pas de la maison mère des Sœurs du Bon-Conseil, que le statuaire a installé son « atelier mobile » et qu'il transforme, perce, grave, sculpte et polit, depuis le 23 août, une pierre calcaire de 2,35 tonnes.

Déjà, le visage de Marie Gérin-Lajoie (1890-1971) a pris forme. « Je travaille beaucoup avec le soleil », explique-t-il. « En ce moment, je travaille sur son visage parce qu'il est bien éclairé. »

C'est sa méthode artistique habituelle. Les sculptures de Claude Des Rosiers, 63 ans, « prennent forme, sous les yeux des passants, dans l'environnement où elles sont conçues ». Les discussions avec les personnes qui fréquentent le parc Basile-Routhier et qui le questionnent sur l'œuvre qu'il prépare l'influencent. Il donne l'exemple de ce petit garçon, Léon, qui lui rend régulièrement visite avec sa mère depuis qu'il a débuté sont travail. « Il a la grandeur d'un enfant que je veux intégrer dans la sculpture. J'ai lui ai dit de se placer tout près de Marie Gérin-Lajoie et j'ai tracé une ligne au-dessus de la tête de Léon. »

Le sculpteur reconnaît qu'il ne connaissait que le nom de cette religieuse lorsqu'il a reçu la commande. « J'apprends à l'aimer. J'apprends son histoire. C'est une très belle femme et cela m'a impressionné d'apprendre qu'elle est la toute première femme d'ici à obtenir un baccalauréat. » Il dit admirer, grâce à ses lectures et ses recherches, son engagement auprès des enfants et des personnes pauvres. « Elle venait d'une famille aisée mais elle s'est dévouée pour le peuple. »

Il souhaite montrer, par cette œuvre, « des choses positives de la religion » car « ces jours-ci, on n'entend que du négatif ». Marie Gérin-Lajoie apparaîtra sans son voile religieux, « en laïque » mais l'artiste a bien l'intention de lui sculpter une petite croix à son cou ou sur son vêtement. « Je peux, non ? », lance-t-il, tout sourire, son outil de travail à la main.

« J'aime bien que Marie Gérin-Lajoie regarde vers le haut », dit Gisèle Turcot, la supérieure générale de l'Institut Notre-Dame du Bon-Conseil. « C'était une visionnaire. Elle entrevoyait bien ce que deviendrait le Québec. Elle trouvait que c'était important de se préoccuper de la situation des femmes, des personnes immigrantes », dit-elle.

Le parc Basile-Routhier, où se trouve la sculpture, a déjà appartenu à la congrégation religieuse. « C'est la fondatrice qui a acheté ce terrain en 1941. Elle avait le projet d'y construire un lieu pour nos sœurs âgées et malades. » Quinze années plus tard, la maison mère est ouverte. « On a ensuite cédé une partie du terrain à la Ville de Montréal lors de la construction du métro ». Elle explique que sous ses pieds, et sous la sculpture de Marie Gérin-Lajoie, se trouve le garage des wagons du métro, à la station Henri-Bourassa.

La fondatrice, que l'actuelle supérieure Gisèle Turcot a connue au milieu des années 1950, est décédée en 1971, il y a 50 ans. « On souhaite, par cette sculpture, laisser des traces de cette femme extraordinaire et d'une grande simplicité. »

« C’était une femme qui était toujours en conversation avec le quotidien des gens qu'elle rencontrait et qui s'est toujours intéressée à l'actualité. » Elle rappelle combien elle admirait le journaliste René Lévesque qui, à l'émission Point de mire, savait expliquer simplement, afin que tous comprennent, des situations forts complexes. « Pour elle, la transmission des connaissances, l'éducation populaire, c'était primordial. »

Jusqu'au 19 septembre ou peut-être davantage selon l'état d'avancement de la sculpture, le public peut rencontrer Claude Des Rosiers dans le parc Basile-Routhier, de 9 h à 17 h.

L'Institut Notre-Dame du Bon-Conseil, fondé en 1923 à Montréal, compte aujourd'hui 36 religieuses.

 

 

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