Forum mondial de théologie et libération à Montréal

Deux théologiens n’obtiennent pas leur visa d’entrée

Les théologiennes Maria Pilar Aquino (États-Unis et Mexique) et Mary Getui (Kenya) ont participé à la conférence à laquelle Luiza Tomita devait prendre part.
Les théologiennes Maria Pilar Aquino (États-Unis et Mexique) et Mary Getui (Kenya) ont participé à la conférence à laquelle Luiza Tomita devait prendre part.   (Présence/François Gloutnay)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2016-08-09 16:05 || Canada Canada

Le bibliste Paulin Poucouta, professeur à la Faculté de théologie de l’Institut catholique de Yaoundé au Cameroun, n'a pas pris la parole lundi lors du Forum mondial de théologie et libération qui se déroule à Montréal. Pas plus que la théologienne Luiza Etsuko Tomita du Brésil.

C'est que les deux professeurs n'ont pas obtenu, pour des raisons administratives, leur visa d'entrée au Canada. Ils font partie des quelque 200 participants et intervenants du Forum social mondial et des événements qui sont organisés autour de ce rassemblement altermondialiste qui, à ce jour, ont vu leur demande d'entrée être refusée ou ignorée par le Canada.

«On est très déçus puisque les professeurs Poucouta et Tomita étaient des conférenciers en plénière», déplore la théologienne Denise Couture, coordonnatrice du Forum mondial de théologie et libération.

«Les deux personnes ont fait leur demande peut-être un peu tardivement», a tout de même reconnu la professeure de la Faculté de théologie et de sciences des religions de l'Université de Montréal. Mais elle estime que «normalement, elles auraient dû obtenir leur visa si elle avaient reçu un service adéquat du gouvernement. Il faut savoir que maintenant, on fait affaire avec des agences privées et on n'obtient pas toujours des réponses.»

«Dans le cas du professeur du Cameroun, je sais qu'il est originaire du Congo-Brazzaville.» La professeure Couture se demande si ce fait a pu jouer en sa défaveur.

Mais le père Joseph Ndi-Okalla, lui aussi du Cameroun et vice-recteur de l'Université catholique d'Afrique centrale, n'a eu aucune difficulté à obtenir un visa. «Et voyez, c'est même un visa prolongé que l'on m'a accordé», lance-t-il au journaliste en lui montrant son passeport.

Le vice-recteur explique que Paulin Poucouta a fait sa demande de visa directement de Paris, où il était de passage, et non de Yaoundé. Cela a certainement nui à sa demande. «Il faut quand même bien dire les faits», lance-t-il.

Quant à la théologienne féministe Luiza Tomita, présidente de l'Association œcuménique des théologiens du tiers-monde, c'est aussi une question de délai qui ne lui a pas permis de voyager.

«Elle a oublié de faire le processus dans le temps nécessaire», confirme Luiz Carlos Susin, secrétaire général du Forum mondial de théologie et libération, présent à l'ouverture de la rencontre au Collège Jean-de-Brébeuf.  «L'ambassade n'a pas voulu lui accorder une exception», dit-il.

Des refus en masse

Que deux théologiens n'aient pas obtenu de visa n'étonne pas Raphaël Canet, du comité d'organisation du Forum social mondial, auquel est greffé le Forum mondial de théologie et libération. «On a remis quelque 2000 lettres d'invitation aux gens qui voulaient entamer le processus d'obtention d'un visa. On a fait un sondage et les réponses obtenues nous indiquent que 70% ont vu leur demande être refusée», explique-t-il.

«Ce sont essentiellement des gens d'Afrique et d'Amérique latine. En Asie, une grande délégation du Népal a essuyé un refus», ajoute-t-il.

Comment expliquer ces refus? «On ne sait pas. Faut demander au gouvernement», répond l'organisateur. Reste que plusieurs ont obtenu des réponses négatives parce qu'on considère que le but du voyage n’est pas pertinent. «D'autres, parce qu'on avait peur qu'ils ne retournent pas dans leurs pays. On a découvert aussi, dans certains pays, que la procédure est de plus en plus complexe, qu'il faut se déplacer, passer des tests, laisser un long moment son passeport.»

«Est-ce une volonté politique? Je ne le sais pas», dit Raphaël Canet. «Mais cela démontre bien la lourdeur du processus.»

 

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