Formation presbytérale

Combien coûte la formation d’un prêtre au Québec?

  (CNS photo/Gregory A. Shemitz)
Yves Casgrain | Journaliste
Journaliste
2016-05-27 10:57 || Québec Québec

Former un prêtre engendre des frais élevés, très élevés même. Selon des données dévoilées récemment par l’Œuvre des vocations du diocèse de Montréal, former un prêtre dans la métropole peut coûter plus de 125 000 $. En continuité avec notre dossier sur la formation presbytérale au Québec, Présence s’est intéressé aux coûts de formation des futurs prêtres catholiques.

«C’est dans un souci de transparence que l’Œuvre des vocations publie ces chiffres. Je crois qu’il est important que les donateurs puissent savoir où va leur don», confie l’abbé  Silvain Cloutier, directeur de l’Œuvre des vocations du diocèse de Montréal. À en croire les commentaires reçus par l’abbé Cloutier, cette initiative axée sur la transparence est appréciée.

Pour les besoins de ce reportage, outre l’Œuvre des vocations du diocèse de Montréal, nous avons contacté, le Grand Séminaire de Montréal, le Grand Séminaire de Québec, et le Séminaire missionnaire diocésain international Redemptoris Mater de Québec, qui relève du Chemin néo-catéchuménal international.

La baisse constante du nombre de candidats à la prêtrise au Québec, alliée à une chute vertigineuse de la pratique cultuelle, a forcé pratiquement tous les diocèses à fermer leur Grand Séminaire ou encore à en changer la vocation. Aujourd’hui, seuls les diocèses de Montréal et de Québec possèdent un Grand Séminaire dans lequel les futurs prêtres reçoivent, en tout ou en partie, leur formation presbytérale.

Chaque diocèse possède sa propre politique quant à l’aide apportée aux séminaristes de leur région, qu’ils soient formés à Montréal ou à Québec. Ainsi, le coût d’une formation dans un même séminaire peut varier selon l’origine géographique (diocèse, pays) d’un candidat.

Montréal

Le Grand Séminaire de Montréal compte présentement 21 séminaristes en formation. Nourrir, loger et former un séminariste coûte 18 250 $ par année au diocèse. Comme la formation s’échelonne sur 7 années, la facture s’élève donc à 127 750 $. Les coûts annuels peuvent varier selon les étapes, sa durée et l’endroit où celle-ci a lieu (séminaire ou en paroisse).

L’Œuvre des vocations espère amasser 662 000 $ en 2016 pour parrainer 19 des 21 séminaristes. Ce montant couvre aussi le salaire des séminaristes lorsqu’ils font leur stage en paroisse. Ce salaire s’élève à 21 554,80 $ et il est octroyé sous forme de subvention à la paroisse du stagiaire. De plus, le montant que désire amasser l’Œuvre, soit 662 000 $, sert aussi à payer les frais occasionnés par l’accompagnement des candidats avant leur entrée au Grand Séminaire. Cette initiation à la vie de séminariste coûte 15 000 $ par année.

À Montréal, les séminaristes qui désirent exercer leur ministère au sein du diocèse de Montréal ne déboursent absolument rien pour suivre la formation pastorale et intellectuelle. Cependant, on leur suggère de travailler durant l’été afin de payer leurs dépenses personnelles.

Québec

Du côté du Grand Séminaire de Québec, où une dizaine de séminaristes poursuivent leur cheminement vers la prêtrise, la formation intellectuelle est dispensée par la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval. Chaque séminariste doit débourser environ 5 000 $ annuellement pour la nourriture, le logement et la formation pastorale. Les coûts varient en fonction de l’étape de la formation, de sa durée et de l’endroit où celle-ci a lieu (au séminaire ou en paroisse).  Quant aux études à la Faculté de théologie, elles coûtent 12 000 $.

Les coûts totaux après sept ans avoisinent ceux de Montréal, mais aucun séminariste ne se fait payer complètement ses études à Québec. Toutefois, tous les candidats peuvent bénéficier de l’aide financière du Grand Séminaire de Québec sous forme de prêts et de bourses. Ils reçoivent également l’aide de leur diocèse respectif. De plus, les séminaristes sont éligibles au programme des prêts et bourses du ministère de l’Éducation.

Pour sa part, le Séminaire missionnaire diocésain international Redemptoris Mater de Québec débourse 15 000 $ annuellement pour loger et nourrir un séminariste. Ce montant ne comprend pas la formation donnée à la Faculté de théologie de l’Université Laval. Actuellement, il y a une dizaine de séminaristes qui cheminent au sein de ce Séminaire. Ces derniers sont tous membres du Chemin néo-catéchuménal international.

L’effort financier exigé pour former un séminariste ne s’accompagne pas d’une garantie. Rien ne permet de savoir avec certitude que le candidat parrainé deviendra prêtre un jour. Au Grand Séminaire de Montréal, lorsqu’un séminariste quitte sans avoir complété son parcours, on n’exige rien de lui. «Cependant, précise l’abbé Silvain Cloutier, on lui fait bien comprendre qu’il a une dette d’honneur envers les donateurs.» Au Grand Séminaire de Québec, la politique est différente, en ce sens que tous les candidats, qu’ils reçoivent ou non l’ordination, doivent rembourser les prêts reçus lors de leur formation. Quant au Séminaire missionnaire diocésain international Redemptoris Mater de Québec il a comme politique de ne pas demander de remboursement aux candidats, ordonnés ou non.

 

du même auteur

L’essayiste et ancien journaliste français Jean-Claude Guillebaud photographié lors de son passage au Québec le 31 octobre 2017.
2017-11-14 20:05 || Monde Monde

«On est arrivé à faire de la laïcité une forme d’athéisme»

L'archiduc Rudolf et l’archiduchesse Marie-Hélène d’Autriche ont donné une conférence sur la famille lors de leur passage à Montréal le 14 octobre.
2017-11-10 12:14 || Québec Québec

Quand foi, famille et politique se rencontrent

L’archevêque de Montréal, Christian Lépine (droite), et Mgr Pierre Blanchard, vicaire épiscopal aux communautés culturelles et rituelles pour l'archidiocèse de Montréal, ont procédé à la traditionnelle coupe du ruban.
2017-11-06 20:51 || Québec Québec

Le centre d’accueil pour les demandeurs d’asile officiellement inauguré

articles récents

Le père Frédéric prêchant à Notre-Dame-du-Cap.
2016-07-20 16:51 || Québec Québec

L’héritage de foi du père Frédéric, de Jérusalem à Trois-Rivières

La professeure Brigitte Caulier, historienne spécialiste du catholicisme québécois.
2016-07-20 15:16 || Québec Québec

Père Frédéric: un impact historique de proximité

Le père Claude Grou, recteur de l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal.
2016-06-22 16:45 || Québec Québec

Les sanctuaires nationaux en mode révolution