Dossier: formation presbytérale

La formation presbytérale ne peut plus se faire en vase clos

Le Grand Séminaire de Montréal.
Le Grand Séminaire de Montréal.   (Présence/François Gloutnay)
Yves Casgrain | Journaliste
Journaliste
2016-05-10 21:56 || Québec Québec

Il est bien fini le temps où les futurs prêtres étaient pratiquement isolés du reste du monde afin de parfaire leur formation. Aujourd’hui, ils sont immergés dans leur futur lieu de mission dès leur arrivée au Grand Séminaire.

«La formation des séminaristes ne se réalise plus en vase clos, lance le recteur du Grand Séminaire de Montréal, le sulpicien Jaroslaw Kaufmann. Avant, on réalisait la formation intellectuelle et pastorale durant les cinq premières années. En sixième année, les séminaristes  allaient en paroisse. Certains se trouvaient alors confrontés à une réalité à laquelle ils n’étaient pas préparés», souligne-t-il.

Aujourd’hui, c’est dès les premiers mois que les séminaristes sont initiés à la vie paroissiale. «En première année, les séminaristes vont visiter un secteur pastoral et visiter les paroisses qui le composent. Ils ont l’occasion de rencontrer les comités de liturgie et de pastorale. Après la première année, ils sont associés à une paroisse. Les candidats y passent 4 heures la fin de semaine. De plus, lorsqu’ils commencent leur année pastorale, les séminaristes arrêtent leurs études et sont à plein temps dans une paroisse», explique M. Kaufmann.

Aspect important de la formation

L’abbé Michel Poitras, recteur du Grand Séminaire de Québec, va dans le même sens en soulignant que le prêtre actuel «ne peut plus vivre en vase clos. Il doit savoir travailler en équipe. Il est appelé à travailler en collaboration avec d’autres instances, à savoir, les diacres permanents, les laïcs, les hommes, les femmes. Dans la formation qui est offerte aux séminaristes, il faut tenir compte de cela aussi.»

Le recteur du Grand Séminaire de Québec souligne que l’on ne peut plus aujourd’hui affirmer qu’un pasteur est nommé pour un seul troupeau.

«À l’époque, un prêtre était associé à une paroisse. Aujourd’hui, on voit se multiplier les rassemblements de paroisses. Tout à coup, nous avons deux ou trois paroisses pour un curé et un vicaire. Il faut habituer nos candidats à cette réalité et leur montrer quoi faire dans un contexte comme celui-là. Il faut leur apprendre à écouter afin de savoir avec qui ils vont devoir travailler.»

Pour le recteur du Grand Séminaire de Montréal, un des défis de la formation presbytérale consiste à rendre les candidats «de plus en plus en phase avec la réalité. Ils ne doivent pas être séparés d’elle.»

Mgr Raymond Poisson, évêque du diocèse de Joliette est aussi de cet avis. «Dans le monde moderne et dans l’Église d’aujourd’hui, le séminaire ne suffit pas à produire un prêtre qui va fonctionner sur le terrain. Il ne suffit pas de faire le séminaire pour faire un bon prêtre. Il faut vraiment que le séminariste puisse vivre une expérience sur le terrain», insiste-t-il.

«N’oublions pas que nous sommes dans un pays de mission. Cela prend des gars qui vont être solides dans leur vocation et aussi des gens qui vont démontrer des qualités de leadership pastoral», lance l’évêque du diocèse de Joliette.

 

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