Tuerie d'Orlando

«Les victimes étaient des enfants de Dieu», insiste le pasteur de l'Église Unie St. James

  • Les noms des 49 victimes ont été lus lors de la célébration.
  • Une soixante de personnes ont participé au rassemblement de dimanche à l'Église St. James.
Yves Casgrain | Journaliste
Journaliste
2016-06-21 17:20 || Québec Québec

Une soixantaine de personnes se sont réunies au centre-ville dimanche dans l’enceinte de l’église St. James, de l’Église Unie du Canada, afin de prier pour les victimes de la tuerie d’Orlando et pour leur famille. Présidée par le pasteur Arlen John Bonnar, la cérémonie a été ponctuée par la lecture des noms 49 jeunes personnes homosexuelles assassinées.

«Stanley Aldomovar III, 23 ans. Amanda Alvear, 25 ans. Oscar A Aracena-Montero, 26 ans. Rodolfo Ayala-Ayala, 33 ans.» Le jeune homme qui prononce ces noms se tenait devant les fidèles et les visiteurs qui ont répondu à l’appel au rassemblement lancé par la communauté de l’église St. James. Lorsqu’il est retourné à sa place, le glas s’est fait entendre sur la rue Sainte-Catherine. Cette poignante lecture s’est poursuivie tout au long de la cérémonie. Entre ces récitations, des chants et des paroles d’espoir se sont élevés, accompagnés par les applaudissements nourris des participants.

«Il est certain que nous éprouvons tous de la tristesse, de la souffrance devant ce drame. Toutefois, nous voulions signaler que nous sommes d’abord un peuple de foi. Un peuple qui est habitué à la douleur, à la lutte», a expliqué le pasteur Bonnar à Présence. «La cérémonie était composée d’un ensemble de paroles et de musique qui ont exprimé la douleur du deuil, mais aussi notre espoir dans le futur, dans la capacité du monde à changer pour le mieux.»

Le pasteur a rappelé que l’Église Unie du Canada est très proche de la communauté homosexuelle. «Chez nous, être ou non homosexuel n’est pas un problème. Nous ordonnons des homosexuels, des lesbiennes et des transsexuels. Bien sûr, il y a encore des personnes dans l’Église Unie qui ont des problèmes avec cette réalité. Toutefois, la plupart de nos fidèles n’ont pas de difficulté avec cela», a-t-il souligné.

Arlen Bonnar est persuadé qu’un tel rassemblement porte des fruits: «Ce matin, j’ai reçu deux jeunes chrétiens homosexuels. Leurs familles, conservatrices, leur ont dit que la tuerie d’Orlando n’est peut-être pas si mauvaise après tout. Or, ces deux jeunes hommes se sont retrouvés à notre culte dimanche matin. Ici, ils ont entendu un autre message. Nous, nous affirmons que cette tuerie est une tragédie. Les victimes étaient des enfants de Dieu. À ces jeunes hommes, nous leur avons fait comprendre qu’ils sont aimés de Dieu et qu’ils ont une place chez nous. Ils sont restés pour le rassemblement. Alors oui, cela porte des fruits.»

«Je pense que nous avons, en tant qu’Églises chrétiennes, une certaine responsabilité dans les événements d’Orlando, a poursuivi le pasteur. Dès le moment où nous disons "oui…mais!", nous donnons le droit, le pouvoir à des personnes comme Omar Mateen, et à d’autres, de dire: "Oui cela est correct de tuer des homosexuels. Je peux le faire". La communauté croyante a la responsabilité de faire attention à ce qu’elle dit, aux gestes qu’elle pose.»

Il reproche à certaines Églises chrétiennes leur manque de franchise: «Si vous êtes vraiment contre l’homosexualité, ayez au moins l’honnêteté de le dire franchement», a-t-il lancé.

«Il y a des communautés de foi qui n’appuient pas la communauté homosexuelle et lesbienne, mais qui cherchent à faire partie de ce genre de rassemblement pour partager leur peine. Mais moi je dis que c’est trop tard. Nous avons besoin que toute la communauté des croyants parle avant ce genre de drame afin que les homosexuels et les lesbiennes ne soient pas victimes de l’homophobie ici ou ailleurs», a souligné Alen Bonnar.

 

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