L'archidiacre Bruce Myers commente son élection

«Nous sommes appelés à l'optimisme, à l'espoir», dit le nouvel évêque anglican de Québec

Bruce Myers.
Bruce Myers.   (Courtoisie / Jesse Dymond)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2015-12-02 13:17 || Québec Québec

«C'est avec beaucoup d'humilité que je reçois cet appel du diocèse anglican de Québec afin de servir comme évêque», déclare l'archidiacre Bruce Myers quelques heures après son élection.

Six candidats étaient en lice pour élire un évêque coadjuteur qui sera appelé à devenir le 13e évêque anglican de Québec. Après six tours de scrutin, le prêtre de 42 ans a obtenu les deux tiers des voix de la chambre des laïcs et de celle du clergé, condition requise pour officialiser l'élection.

«Je vis plein d'émotions actuellement. J'éprouve même un peu d'hésitation. Mais je suis rempli d'espoir quand je pense à toutes les occasions que nous aurons de travailler au Royaume de Dieu au Québec», dit le prêtre, actuel coordonnateur pour les relations œcuméniques et interreligieuses de l'Église anglicane du Canada.  

«Je vis plein d'émotions actuellement. J'éprouve même un peu d'hésitation.»

L'élection s'est déroulée vendredi, lors de la rencontre du synode diocésain tenue au campus Notre-Dame-de-Foy de Saint-Augustin-de-Desmaures. «Cette élection a eu lieu juste avant le premier dimanche de l'Avent, un temps d'attente», note celui qui remplacera Mgr Dennis Drainville, l'actuel évêque de Québec, lorsque ce dernier quittera son poste en 2016. «C'est la saison de l'espérance et c'est certainement un bon signe pour l'avenir.»

Un membership en décroissance

Le diocèse anglican fait face à des défis importants, dont celui de l'effritement de ses fidèles. «C'est vrai que nos statistiques sont faibles. Quelque 3000 anglicans sont identifiables dans tout le diocèse et ils vivent sur un vaste territoire, aussi grand que la France», reconnaît Bruce Myers.

«On pourrait être tenté de dire que nous ne sommes pas tellement plus nombreux que les premiers apôtres, au début de l'histoire de l'Église», lance-t-il. «Pourtant, on possède beaucoup plus que ces apôtres. On dispose de ressources financières grâce à la bonne administration de nos prédécesseurs, on a aussi bien des ressources humaines. Et, ne l'oublions pas, nous avons aussi toute la tradition chrétienne, vieille de deux mille ans.»

La situation n'effraie pas le nouvel évêque coadjuteur. «Comme chrétiens, nous sommes appelés à l'optimisme, à l'espoir. Ce sera d'ailleurs une de mes contributions aux gens de ce diocèse. Je veux que l'on mette l'accent sur l'espoir de l'Évangile. À nous de trouver les façons créatrices pour accomplir la mission de Dieu parmi nous.»

«Je veux que l'on mette l'accent sur l'espoir de l'Évangile.»

Le nouvel évêque reconnaît aussi que le diocèse qu'il animera dorénavant est «toujours majoritairement anglophone».

«Un défi perpétuel pour l'Église anglicane au Québec, c'est de désangliciser notre diocèse aux yeux de la majorité francophone québécoise. L'anglicanisme a des racines en Angleterre, c'est vrai, mais notre Église transcende cette histoire. C'est comme l'Évangile: on peut l'inculturer dans différents contextes. Les gens ne le savent peut-être pas, mais il y a des dizaines de milliers d'anglicans francophones en Afrique, et aussi en Europe. Pour quelles raisons ne pourrait-on pas voir cela au Québec? Cela demandera du temps. Et cela va prendre des prêtres francophones. Pas seulement des prêtres anglophones qui sont bilingues, mais des francophones, bien enracinés au Québec.»

«Les gens ne le savent peut-être pas, mais il y a des dizaines de milliers d'anglicans francophones en Afrique, et aussi en Europe. Pour quelles raisons ne pourrait-on pas voir cela au Québec?»

Relations entre catholiques et anglicans

Quand il prendra officiellement la direction de son diocèse, Bruce Myers poursuivra la collaboration entre l'Église catholique et l'Église anglicane. «Cette bonne relation», comme il la qualifie, remonte aux débuts même du diocèse anglican en 1793. «L'évêque catholique de Québec [Mgr Jean-Olivier Briand] s'est rendu sur le quai afin d'accueillir Mgr Jacob Mountain, le premier évêque anglican», rappelle-t-il.

«Encore aujourd'hui, l'évêque actuel, Mgr Dennis Drainville, a de bonne relations avec le cardinal Gérald Lacroix. Ils cherchent ensemble les meilleures façons de collaborer. Et pas seulement comme évêques, mais aussi comme Églises diocésaines. Je vais encourager cette collaboration entre les fidèles, dans chacune des paroisses.»

«Il faut incarner tous les accords qui existent entre nos deux Églises. Bien sûr, qu'il y a des différences doctrinales. Mais, finalement, elles sont peu nombreuses. Ce qu'on partage comme chrétiens est plus grand, plus important que ce qui nous divise.»

«Ce qu'on partage comme chrétiens est plus grand, plus important que ce qui nous divise.»

«Je sais qu'il y a actuellement des initiatives entre les deux Églises pour le parrainage de réfugiés syriens».

Cette collaboration le réjouit.

C'est le 5 mai, fête de l'Ascension, que l'archidiacre deviendra officiellement évêque coadjuteur du diocèse de Québec. La célébration se déroulera à la cathédrale Holy Trinity de Québec. Ce journaliste de formation renouera alors avec un diocèse qu'il connaît bien. «Les dix premières années de mon ministère, comme diacre et comme prêtre, c'est au diocèse de Québec que je les ai vécues. J'ai été archidiacre à Québec durant six ans. Comme curé, ma première paroisse, c'était aux Îles de la Madeleine. Je connais moins bien l'Estrie et pas du tout la Basse-Côte-Nord», des régions où le diocèse compte aussi des paroisses.

La plus grande paroisse du diocèse de Québec, selon le nombre de paroissiens, est celle de Kawawachikamach, près de Schefferville, le territoire de la nation naskapie. «Il y a quelques années, j'ai eu la chance de visiter cette paroisse autochtone.»

Dans les notes de présentation qu'il a soumises aux laïcs et prêtres responsables d'élire le nouvel évêque de Québec, Bruce Myers indiquait qu'il aimerait bien «apprendre les bases de la langue naskapie, afin de pouvoir célébrer la liturgie dans la langue de l'unique paroisse autochtone de notre diocèse».

 

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