Gatineau

«Patience et amour», répond Mgr Durocher à ceux pressés de rouvrir les églises

L'archevêque de Gatineau (photographié ici en 2014) en a assez de lire, sur les réseaux sociaux, ces reproches que l'on fait aux évêques ces temps-ci. Il a décidé de réagir sur sa page Facebook.
L'archevêque de Gatineau (photographié ici en 2014) en a assez de lire, sur les réseaux sociaux, ces reproches que l'on fait aux évêques ces temps-ci. Il a décidé de réagir sur sa page Facebook.   (CNS Photo/Paul Haring)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2020-05-20 14:48 || Québec Québec

L'archevêque de Gatineau en a assez de lire, sur les réseaux sociaux, ces reproches que l'on fait aux évêques ces temps-ci. Il a décidé de réagir sur la page Facebook qu'il anime quotidiennement.

«Certains nous reprochent d'avoir suivi les directives du gouvernement. D'autres nous reprochent de ne pas ouvrir tout de suite les églises. Il y en a qui sont frustrés qu'on ait même osé fermer les portes des églises. D'autre disent qu'on est motivés par la peur. Ou qu'on n'a pas la foi.»

«C'est mesquin et c'est méchant», dit en entrevue téléphonique Mgr Paul-André Durocher. «Ça m'insulte.»

«Ce n'est pas une question de peur», réplique l'archevêque. «C'est une question d'amour. Je ne veux pas transmettre ce virus aux autres».

«Depuis le début de la pandémie, je m’isole, j’obéis aux consignes du gouvernement, je suis doublement attentif à mon hygiène. Pourquoi? Ce n’est pas tant parce que j’ai peur d’être malade. C’est surtout à cause des prêtres plus âgés avec lesquels je vis. Je ne voudrais à aucun prix qu’ils deviennent malades à cause de moi», a-t-il écrit sur sa page Facebook.

Qu'on se rassure, l'archevêque de Gatineau, qui est aussi l'administrateur apostolique du diocèse de Mont-Laurier, est en bonne santé. «Mais j'ai librement choisi de limiter mes sorties, d’éviter les groupes, de travailler de la maison et de passer de longues heures dans la solitude.»

«Tel est le prix de l’amour», dit-il.

À ceux et celles qui répètent sans arrêt qu'il faut ouvrir et permettre l'accès aux sacrements, Mgr Durocher a cette réponse, franche et directe: «Pensez donc aux autres. J'ai l'impression que vous ne pensez qu'à vous-même.»

«Comment pouvez-vous demander la communion et demeurer indifférent à ce qui pourrait arriver à votre voisin qui va communier avec vous?», lance-t-il.

Protocole de réouverture

Mgr Durocher affirme travailler ces jours-ci, avec d'autres évêques du Québec, «à l’élaboration d’un protocole qui, une fois approuvé par les autorités gouvernementales, pourra nous permettre d’ouvrir progressivement nos églises».

Mais sa préoccupation première est avant tout de s'assurer que les fidèles qui entreront de nouveau dans un lieu de culte soient en sécurité. «Je ne voudrais pas que la réouverture de nos églises soit l’occasion pour ce virus de circuler et d’atteindre plus de personnes qu’il ne le fait déjà, surtout les membres plus âgés et vulnérables de nos paroisses.»

«Mais on n'est pas en train de se tourner les pouces en attendant que le gouvernement fasse le travail pour nous», dit-il.

Alors, comment voit-il cette réouverture? L'archevêque dit jongler avec plusieurs hypothèses mais insiste sur cette idée-maîtresse: la réouverture se vivra de «manière graduelle».

«On pourrait, dans une région donnée, n'ouvrir qu'un seule église au début. Peut-être qu'on va permettre en premier des célébrations qui ont une certaine urgence, comme des funérailles. Et si on débutait par les messes de la semaine, en plus petits groupes, avant celles du dimanche?»

Il faudra aussi trouver localement des bénévoles qui s'occuperont d'accueillir les gens et veilleront à ce que les consignes de distanciation physique soient respectées à l'intérieur de l'église. D'autres bénévoles devront nettoyer les bancs après chaque célébration.

Mgr Paul-André Durocher reconnaît que ce processus «exigera beaucoup de précautions».

«Ce ne sera pas comme c'était avant», dit-il. «Et nous ne pourrons pas reprendre nos façons de faire habituelles pour longtemps... certainement pas tant qu'on aura pas trouvé un vaccin.»

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