États-Unis

350e de la première messe célébrée par les Français au Vermont

Mgr Christopher Coyne, évêque de Burlington.
Mgr Christopher Coyne, évêque de Burlington.   (CNS Photo/Bob Roller)
2016-09-19 10:49 || Monde Monde

Le 11 septembre, Mgr Christopher Coyne, l’évêque de Burlington, au Vermont, a célébré une messe votive et commémorative, là où, 350 ans plus tôt, des missionnaires jésuites avaient célébré la toute première célébration eucharistique de l’histoire de la Nouvelle-Angleterre.

En 1666, des missionnaires jésuites célébraient une messe au Fort Sainte-Anne, sur l’île de La Motte, en plein cœur du lac Champlain, dans ce qui est le plus ancien établissement français au Vermont. Placé sous le commandement du capitaine Pierre de La Motte, le Fort Sainte-Anne a été bâti dans le nord-ouest du lac afin de défendre Montréal et Québec contre les raids iroquois. C’est également là que les Jésuites érigeront une chapelle.

350 ans plus tard, des fidèles se sont entassés aux abords de la chapelle et du sanctuaire Sainte-Anne afin de participer à une célébration eucharistique présidée par Mgr Coyne.

Lors de son homélie, l’évêque de Burlington a insisté sur la place centrale occupée par l’eucharistie dans l’histoire du Vermont, et ce, de l’époque de la Nouvelle-France jusqu’à aujourd’hui. La date du 11 septembre a mené Mgr Coyne à faire de cette célébration liturgique une messe votive en faveur de la paix.

L’épopée missionnaire jésuite

Le jésuite canadien Michael Knox était de passage à l’île de la Motte, à l’occasion de cette célébration eucharistique. Recteur du Sanctuaire des martyrs canadiens de Midland, en Ontario, le père Knox a rappelé le contexte dans lequel le Fort Sainte-Anne a été érigé, c’est-à-dire celui des missions jésuites auprès des Hurons et des Iroquois. La fondation du Fort Sainte-Anne peut même être considérée comme la renaissance de l’effort missionnaire jésuite, puisqu’elle survient après la destruction de la Huronie par les guerriers iroquois, en 1649.

«Inspirés par le récent martyre de saint Jean de Brébeuf et de ses compagnons, de même que par l’afflux massif de colons français dans la région, les Jésuites ont alors relancé leur effort d’apostolat, cette fois auprès des Iroquois. C’est dans ce contexte qu’ils vont accompagner le sieur de La Motte et contribuer à la fondation du Fort Sainte-Anne», a rappelé le père Knox, lors de son homélie.

La fondation du Fort Sainte-Anne permet à la France de s’installer dans une nouvelle région afin de s’y enrichir (par le commerce de pelleteries) et de propager le christianisme. Ce fort a donc permis à la France de «défendre sa vision du monde», affirme le jésuite canadien qui enseigne au Regis College de Toronto et qui a consacré sa thèse de doctorat à la rhétorique du martyre dans les Relations des Jésuites.

Le Fort Sainte-Anne, aujourd’hui

Le Fort Sainte-Anne a bien changé depuis l’époque de la Nouvelle-France. La garnison militaire a cédé sa place à un sanctuaire religieux où les visiteurs peuvent se recueillir et prier.

En «apportant le Christ» dans cette région, il y a 350 ans, les missionnaires jésuites nous ont fait un «immense cadeau », soutient le père Knox.

Des anniversaires comme celui-là sont également «l’occasion de prendre une pause afin de réfléchir au chemin parcouru depuis cette époque», soutient quant à lui le recteur du sanctuaire Sainte-Anne, le père Brian Cummings.

«Ce sanctuaire est le plus important site historique et religieux du Vermont. Il s’agit là d’un puissant symbole pour la communauté catholique de notre État, car elle nous rappelle le rôle-clé joué par la foi dans la colonisation de notre pays», ajoute le religieux.

Plusieurs fidèles franco-américains ont assisté à cette messe commémorative. C’est notamment le cas de Leona LaPierre, une femme de 83 ans originaire de Chazy, dans l’État de New York. Mais aussi de Nancy et de David Dulude, originaires de Saint-Alban, au Vermont. «C’est émouvant de savoir qu’on célèbre la messe dans cet État depuis 350 ans», note Nancy Dulude. Le sanctuaire de Sainte-Anne est «un trésor et un héritage légué aux catholiques du Vermont et que nous devrons transmettre aux jeunes générations afin qu’il puisse prospérer pendant un autre 350 ans», conclut-elle.

Cori Fugere Urban, CNS
Trad. et adapt. F. Barriault, pour Présence

 

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