Déficit anticipé et COVID-19

Développement et Paix met à pied presque tout son personnel

Des problèmes financiers majeurs forcent Développement et Paix à se départir temporairement de pratiquement tout son personnel.
Des problèmes financiers majeurs forcent Développement et Paix à se départir temporairement de pratiquement tout son personnel.   (Pixabay)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2020-05-18 10:32 || Canada Canada

Des problèmes financiers majeurs, qui menacent «l'avenir de l’organisme et la pérennité de sa mission», et l'impossibilité de recueillir des fonds dans les églises du Canada le dimanche 29 mars 2020, forcent Développement et Paix à se départir temporairement de pratiquement tout son personnel.

«Chaque personne salariée syndiquée sera mise à pied pour une période de deux mois (huit semaines), entre le 18 mai et le 31 août», indique une note acheminée vendredi par la direction générale de Développement et Paix au personnel de l'organisme, en télétravail depuis la mi-mars en raison de la pandémie.

En tout, 70 employés syndiqués sont touchés par cette décision qui a fait l'objet d'une entente entre le Syndicat des employé-e-s de Développement et Paix (CSN) et la direction de l'organisme.

L'entente, signée le vendredi 15 mai 2020, reconnaît d'abord que la collecte du cinquième dimanche du carême, qui «n’a pu se tenir dans la grande majorité des diocèses et des paroisses du Canada», représente «la plus importante source de financement annuelle non assignée» de l'organisme.

L’absence de la collecte du 29 mars 2020 «amène un large manque à gagner pour l’organisme», soit 4,9 M $ et l’entraîne inexorablement vers un déficit considérable» impossible à combler, même temporairement, puisque Développement et Paix n'a plus de marges de manœuvre financières. L'organisme évoque d'ailleurs les «problèmes financiers des cinq dernières années», sans préciser leur nature exacte.

Le syndicat et la partie patronale ont dû convenir «de réduire autant que possible les dépenses durant les quatre derniers mois de l’année financière (de mai à août 2020) afin de contribuer à la réduction du déficit appréhendé».

La somme épargnée durant ces deux mois sans travail sera un peu moins d'un million de dollars. Chez Développement et Paix, les salaires versés aux 70 syndiqués et aux neuf cadres sont évalués à 6 M $ par année. Il s'agit du second plus important poste budgétaire, après les montants versés aux partenaires internationaux.

Les cadres de Développement et Paix ne sont pas touchés par ce programme mais, assure la direction générale de l'organisme dans la lettre remise au personnel, «chaque membre de l’équipe de direction prévoit faire un geste de solidarité à l’instar de celui que vous posez».

L'entente patronale-syndicale annonce aussi que Développement et Paix devra s'engager dès septembre dans un processus de restructuration qui pourrait bien mettre en péril certains emplois.

L'entente stipule que «chaque personne salariée sera rappelée au travail au terme du programme de mises à pied collectives, et ce, pour une durée de travail qui sera déterminée par le plan de réorganisation qui sera élaboré pour l’année financière 2020-2021».

«Je ne crois pas que la moitié du personnel aura encore un emploi après ces deux mois», craint un employé de Développement et Paix qui ne souhaite pas être identifié, n'ayant pas la permission de parler aux journalistes.

Dimanche, Romain Duguay, le directeur général adjoint de Développement et Paix, a indiqué qu'il «ne ferait aucun commentaire sur les licenciements temporaires». 

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