Examen organisationnel

Développement et Paix: quatre évêques nommés au conseil national

On connaît maintenant les noms des quatre évêques qui siègeront au conseil national de Développement et Paix. De nombreuses tensions, notamment sur les dons, ont caractérisé les relations entre l'épiscopat et la Caritas canadienne ces dernières années.
On connaît maintenant les noms des quatre évêques qui siègeront au conseil national de Développement et Paix. De nombreuses tensions, notamment sur les dons, ont caractérisé les relations entre l'épiscopat et la Caritas canadienne ces dernières années.   (Archives Présence/P. Vaillancourt)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2020-08-12 16:34 || Canada Canada

Après dix années d'absence, les évêques font un retour à la direction de Développement et Paix. En novembre 2020, à la rencontre du conseil national de l'organisme, ce sont maintenant quatre évêques canadiens - et non plus deux comme c'était le cas depuis la fondation de Développement et Paix - qui prendront place autour de la grande table des délibérations du siège social de l'organisme de solidarité internationale.

Ces quatre évêques sont William McGrattan, de Calgary, Pierre Goudreault, de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, Peter Hundt, de St. John’s, et Guy Desrochers, de Pembroke. Ces évêques de l'Ouest, du Québec, de l'Atlantique et de l'Ontario rejoindront 11 membres de l'organisme en provenance des différentes provinces canadiennes.

La Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) a annoncé les noms de ces quatre évêques le mardi 28 juillet.

Le retour de l'épiscopat à la direction de l'organisme est l'une des recommandations formulées dans l'examen organisationnel que la CECC avait commandé au cabinet Deloitte en mai 2019 afin d'améliorer les relations entre l'épiscopat et l'organisme de solidarité que les évêques canadiens ont fondé en 1967.

Le conseil national de Développement et Paix comptera dorénavant 15 membres alors que les Règlements généraux de l'organisme mentionnent toujours qu'«il se compose de 21 membres élus provenant de l’ensemble du Canada et de trois participants sans droit de vote». Ces trois membres sont actuellement le président sortant du conseil national, le directeur général Serge Langlois et un représentant du syndicat des employés de l'organisme.

Les règlements de l'organisme, votés en 2014 puis entérinés par le ministre de l'Industrie (aujourd'hui le ministre de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie), devront être amendés afin de refléter la nouvelle composition du conseil national. Le communiqué ne donne pas les noms des dix laïcs qui ne participeront plus aux rencontres de la plus haute instance de l'organisme.

La présidente du conseil national de Développement et Paix a salué le retour des évêques. «La présence de quatre évêques au conseil national ne peut être que de bonnes nouvelles pour nous», dit Évelyne Beaudoin. Elle révèle qu'un an avant le rapport de la firme Deloitte, «une résolution du conseil national demandait que les évêques soient invités à nous rejoindre autour de la table».

«Nous considérons leur accompagnement ainsi que leur leadership spirituel comme essentiels dans la mise en œuvre de l’enseignement social catholique, en particulier de l'option préférentielle pour les pauvres», ajoute Mme Beaudoin.

Le communiqué du 28 juillet annonce aussi que c’est lors de sa rencontre de novembre 2019 que le conseil national de Développement et Paix a adopté intégralement les 14 recommandations du rapport Deloitte.

Au début de cette rencontre tenue à Montréal, quatre évêques ont officiellement présenté les recommandations de Deloitte et précisé leurs attentes sur la nouvelle composition du conseil national. À la fin de la réunion du conseil national, tenue entièrement à huis clos, ni la CECC ni Développement et Paix n'ont annoncé l'adoption de quelque proposition que ce soit et refusé d’indiquer aux médias le résultat des délibérations.

C’est qu’«en novembre 2019, le conseil national a accepté en principe la mise en œuvre des 14 recommandations venant de l’examen organisationnel mené par Deloitte», explique la présidente Évelyne Beaudoin. «Nous avions cependant plusieurs détails à discuter sur les recommandations et le processus de mise en œuvre et nous voulions clarifier ces points avant de sortir un communiqué.»

Depuis la rencontre de novembre 2019, «nous avons eu plusieurs rencontres virtuelles du conseil national, en plus des rencontres régulières de mars et de juin, afin de valider les décisions et assurer que tous les membres du conseil national étaient au courant des avancements».

Ces discussions ont porté fruit, estime aujourd’hui Mme Beaudoin. «Tout le monde entre dans le processus de bonne foi et avec une meilleure compréhension des attentes de l’un et de l’autre.»

Des années de tension

Deux des quatre évêques présents à cette réunion de novembre 2019 ont été nommés au conseil national. Ce sont les évêques McGrattan (Calgary) et Goudreault (Sainte-Anne-de-la-Pocatière). En 2018, l'évêque de Calgary avait été le second évêque de l'Ouest canadien à retenir tous les fonds remis par les catholiques à Développement et Paix lors de la campagne Carême de partage. Il a déclaré agir ainsi parce que «des allégations sérieuses et crédibles ont été formulées contre un certain nombre d'organismes» financés par Développement et Paix. Ces partenaires, poursuivait-il, «tolèrent et même préconisent des politiques et des pratiques qui ne sont pas conformes aux enseignements catholiques».

La CECC n'a toujours pas rendu public son rapport d'enquête sur ces partenaires - au nombre de 52. Depuis, aucun de ces partenaires n'a été financé par Développement et Paix grâce aux sommes recueillies auprès des catholiques durant les campagnes Carême de partage. En 2020, la collecte du carême dans les églises n'a pas eu lieu en raison de la pandémie de COVID-19.

Le communiqué du 28 juillet ne mentionne ni quand le rapport d'enquête sur les partenaires sera finalement rendu public, ni quels partenaires pourront recevoir de nouveau un financement de Développement et Paix.

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