Des dizaines de milliers de dollars seront économisés

Financement de la CECC: les diocèses francophones avantagés

  (Pixabay)
Yves Casgrain | Journaliste
Journaliste
2015-11-11 10:42 || Canada Canada

Le changement de mode de financement de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) est accueilli avec soulagement par plusieurs diocèses québécois, qui verront leur quote-part diminuer de plusieurs dizaines de milliers de dollars au cours des prochaines années.

Lors de leur assemblée plénière de septembre, les évêques canadiens ont convenu qu’à partir de l’année budgétaire 2017-2018, la quote-part versée annuellement par les diocèses à la CECC sera déterminée non plus per capita mais bien par le solde des quêtes et des dîmes recueillies durant l’année. La majorité des évêques canadiens a voté en faveur de ce changement historique.

En entrevue, Mgr Lionel Gendron, évêque du diocèse de Saint-Jean-Longueuil et vice-président de la CECC, explique que le mode de financement de la Conférence avait toujours été le même depuis sa création. Les recensements effectués par Statistique Canada servaient de base au calcul pour savoir combien de catholiques comptait un diocèse.

Or, les statistiques ne correspondaient plus depuis belle lurette au nombre de catholiques pratiquants. «De nombreux Québécois se disent encore catholiques, mais leur pratique n’est pas dominicale. Selon le recensement de 2001, le diocèse de Saint-Jean-Longueuil, pour prendre un exemple très précis, comptait 674 000 catholiques. Toutefois, à peine 10% contribuaient à la dîme ou à la quête dominicale. Cette réalité rendait la vie de certaines paroisses plus difficile. Beaucoup se plaignaient de cette situation», souligne Mgr Gendron, qui a suivi le dossier de près au cours des dernières années puisqu’il agissait à titre de cotrésorier de la CECC.

Un système plus juste

C’est dans un esprit de justice que la CECC a proposé ce changement à ses membres. L’évêque de Saint-Jean-Longueuil cite même la Deuxième lettre aux Corinthiens de l’apôtre Paul pour appuyer cette nouveauté: «Paul nous dit : ‘Il ne s’agit pas de vous mettre dans la gêne en soulageant les autres, il s’agit d’égalité’. C’est donc dans un esprit évangélique que nous avons travaillé à cette réforme».

Dans les faits, certains diocèses verront le montant de leur quote-part augmenter tandis que d’autres la verront diminuer. Mgr. Lionel Gendron précise que son diocèse est actuellement classé au 6e rang des contributeurs. Lorsque les changements seront complètement implantés, il sera classé entre le 45e et le 50e rang. Or, plus un diocèse s’approche du premier rang, plus sa contribution est élevée.

Selon les chiffres évoqués par Mgr Gendron, Saint-Jean-Longueuil donne entre 100 000$ et 130 000$ par année à la CECC. Lorsque le nouveau système sera mis en place, le diocèse donnera environ la moitié de la contribution actuelle, soit approximativement 65 000$.

Afin d’assurer une transition en douceur, la CECC a proposé d’étaler les changements sur trois années budgétaires. «Nous allons adopter la nouvelle formule de manière graduelle. La première année, les diocèses paieront le tiers de leur quote-part selon la nouvelle manière de calculer, les deux autres tiers seront calculés selon l’ancienne formule, et ainsi de suite», explique Mgr Gendron.

La CECC a également prévu un fond de solidarité afin d’aider certains de ses membres. «Si des diocèses n’arrivent pas à payer leur quote-part, ils pourront être aidés. Les surplus de ce fond de solidarité permettront de diminuer la quote-part des diocèses l’année suivante», précise l’évêque de Saint-Jean-Longueuil.

Avantage aux diocèses francophones

Par ailleurs, cette nouvelle manière de comptabiliser réjouit le diocèse de Montréal. M. Benoît Cadrin, économe diocésain, souligne que «ce changement avantage les diocèses francophones».

Bien que nécessaire, cette nouvelle formule n’a pas reçu spontanément l’aval des évêques. Sans aller jusqu’à parler de réticences, M. Cadrin évoque le fait que de nombreuses questions ont été posées par les évêques anglophones durant le processus de réflexion qui a abouti après quelques années à ce nouveau calcul de la quote-part.

L’économe du diocèse de Montréal partage tout à fait le sentiment de Mgr Gendron à l’effet que cette nouvelle manière de faire les choses a été motivée par un souci de justice évangélique.

 

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