Oshawa

L’Église Unie du Canada réunie en Conseil général

Des personnes s'affairent à préparer le 43e Conseil général de l'Église Unie du Canada le 19 juillet 2018. Cette vaste rencontre nationale se déroule du 21 au 27 juillet à Oshawa, en Ontario.
Des personnes s'affairent à préparer le 43e Conseil général de l'Église Unie du Canada le 19 juillet 2018. Cette vaste rencontre nationale se déroule du 21 au 27 juillet à Oshawa, en Ontario.   (Courtoisie Église Unie du Canada)
Philippe Vaillancourt | Journaliste
Journaliste
2018-07-20 23:45 || Canada Canada

C’est en fin de semaine que débute le Conseil général de l’Église Unie du Canada. Cette rencontre de la plus haute instance décisionnelle de la plus grande Église protestante au pays abordera certains sujets sensibles, dont la question autochtone et celle des excuses à la communauté LGBT.

Ce 43e Conseil général se déroulera sur le campus du Collège Durham et de l’Institut universitaire de technologie d’Oshawa, en Ontario, sous le thème «Pari de foi, audace d’espérance».

Dans la documentation envoyée aux délégués, l’Église a insisté pour dire que ces «mots musclés» invitent «à l’action, à faire preuve de courage, à avoir confiance en Dieu».

«Dans des périodes marquées par la peur, il est tentant de nous replier sur ce qui nous semble familier, confortable et sécuritaire», a indiqué l’Église pour expliquer le choix du thème. «C’est à ces moments que nous sommes appelés à faire le pari du changement, à avoir l’audace de croire en un avenir pour l’instant indiscernable. Il ne s’agit pas d’une espérance passive mais plutôt d’une espérance qui nous pousse au-delà des bornes établies, à faire le pari que nous pouvons entreprendre de profondes transformations, pour notre propre guérison et celle du monde.»

L’événement se déroule du samedi 21 au vendredi 27 juillet. Les premiers jours seront marqués par des discussions et des échanges. Les votes décisionnels auront surtout lieu le vendredi.

Parmi les sujets qui seront abordés, il y a celui de l’établissement d’une structure de «double appartenance» visant à respecter la présence des ministères autochtones et leur autodétermination «pour mieux vivre notre engagement à la réconciliation», a précisé Éric Hébert-Daly, le responsable des ministères en français pour l’Église Unie du Canada. Selon lui, cet enjeu pourrait donner lieu à de vifs échanges, alors qu’il ne semble pas y avoir de consensus sur cet enjeu, y compris chez les fidèles autochtones.

Les quelque 351 délégués auront aussi l’occasion de discuter de la préparation d’excuses auprès de la communauté LGBT «avec un processus d’engagement avec l’ensemble de l’Église», a confirmé M. Hébert-Daly. Cette discussion aura lieu dans un contexte où les deux derniers modérateurs de l’Église Unie, les pasteurs Gary Paterson (2012-2015) et Jordan Cantwell (2015-2018), étaient ouvertement homosexuels.

Ce Conseil général sera d’ailleurs l’occasion de procéder à l’élection d’un nouveau modérateur, puisque le mandat de la pasteure Cantwell arrive à terme. Quelques candidats bilingues sont en lice cette fois-ci. Depuis la création de l’Église Unie en 1925, il a fallu attendre l’arrivée de Jordan Cantwell pour qu’un modérateur de cette Église parvienne à s’exprimer en français. Elle avait d’ailleurs accordé une première entrevue en français à Présence en 2016.

Parmi les dix candidats au poste de modérateur, on compte cette année une majorité de femmes (sept). On compte aussi deux laïcs (un homme et une femme).

Le processus de Révision globale – qui consistait à revoir les structures organisationnelles de l’Église Unie et qui s’est échelonné sur plusieurs années – pourrait connaître son dénouement, alors qu’on considérera l’abolition d’un niveau de gouvernance. L'Église compte actuellement environ 3000 paroisses, réparties en 86 consistoires, eux-mêmes regroupés en 13 synodes.

Le dernier Conseil général de l’Église Unie avait eu lieu à Corner Brook, au Labrador, en août 2015.

 

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