Protestantisme francophone à Montréal

L’Église Unie Saint-Jean célèbre son 175e anniversaire

L'Église Unie Saint-Jean ouvrait ses portes aux visiteurs les 24 et 25 septembre à l'occasion de son 175e anniversaire.
L'Église Unie Saint-Jean ouvrait ses portes aux visiteurs les 24 et 25 septembre à l'occasion de son 175e anniversaire.   (Présence/Yves Casgrain)
Yves Casgrain | Journaliste
Journaliste
2016-09-27 16:21 || Québec Québec

Située au centre-ville de Montréal, l’Église Unie Saint-Jean a souligné la fin de semaine dernière ses 175 ans. Présence francophone au sein du protestantisme québécois majoritairement anglophone, la paroisse est aujourd’hui partagée entre fierté et inquiétudes.

«Nous sommes fiers d’être encore présents. Notre histoire, comme celle des protestants de langue française, est parsemée d’obstacles et de défis», souligne David Fines, l’actuel pasteur de la paroisse.

Fondée en 1841, la paroisse est alors de dénomination presbytérienne. En 1925, l’église devient membre de l’Église Unie du Canada, née de la fusion entre l’Église méthodiste, d’une partie de l’Église presbytérienne, et des congrégationalistes.

«Notre paroisse a traversé l’histoire de la ville. Elle a été influencée par elle», précise le pasteur Fines. Ainsi les vagues successives d’immigration ont été à l’origine de l’implantation de communautés italiennes et allemandes dans la paroisse.

Rencontré lors des portes ouvertes qui ont eu lieu dimanche, il rappelle que les protestants francophones ont toujours été doublement minoritaires: au sein même de l’Église Unie du Canada, où les anglophones ont toujours été majoritaires, et au cœur d’un Québec majoritairement catholique.

«Nous n’avons pas été persécutés comme en Europe. Cependant, il n’était pas facile d’être protestant dans une province dominée par l’Église catholique. Les protestants francophones ont vite pris l’habitude d’être discrets. Ce qui n’a pas été le cas des protestants anglophones qui possédaient leurs propres réseaux», explique-t-il.

Une de premières mobilisations publiques de la communauté a été pour revendiquer, dans les années 50, l’ouverture d’écoles publiques francophones protestantes.

«Comme elles n’avaient pas accès à l’éducation gratuite en français dans des écoles respectant leurs croyances, les familles protestantes francophones s’anglicisaient. Elles préféraient fréquenter les écoles protestantes anglophones qui offraient, depuis 1905, une éducation gratuite. Une des figures de proue de cette revendication a été le pasteur Jacques Beaudon de la paroisse Saint-Jean», raconte David Fines.

La célébration du 175e de la paroisse coïncide avec les préparatifs du 500e anniversaire de la Réforme protestante.

«C’est une occasion de jeter un œil sur le passé, mais également sur le présent. Nous nous plaçons dans cette longue lignée de témoins non seulement depuis la Réforme, il y a 500 ans, mais depuis le début de christianisme. Nous avons à témoigner de cette foi pour les gens d’aujourd’hui. C’est à nous de trouver les meilleurs mots, les meilleurs moyens de communication, les meilleures façons pour rejoindre les gens», souligne le pasteur Fines qui est également un des animateurs de l’émission Chemins protestants, diffusée sur les ondes de Radio VM.

«Toutes les Églises protestantes sont en déclin. La plupart des pasteurs sont à temps partiel. Cependant, notre témoignage est encore pertinent. Notre petite présence est importante. Nous ne pouvons pas savoir ce qu’il adviendra de nous dans vingt ans, voire dans dix ans. Même si notre église ferme dans dix ans, je me dis que nous avons dix ans de ministères et de témoignages significatifs à réaliser au centre-ville et nous allons les utiliser à plein», lance David Fines.

 

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