L'organisation attend l’élection de son nouveau prélat

L'Opus Dei se dit désormais «plus ouvert, moins austère»

Isabelle Saint-Maurice, responsable du Bureau d’information de l’Opus Dei au Canada.
Isabelle Saint-Maurice, responsable du Bureau d’information de l’Opus Dei au Canada.   (Présence/Yves Casgrain)
Yves Casgrain | Journaliste
Journaliste
2017-01-18 15:52 || Monde Monde

C’est le 23 janvier que le Congrès électif de l’Opus Dei se réunira à Rome afin d’élire le nouveau prélat de l’œuvre qui succédera à Mgr Javier Echevarria, mort le 12 décembre dernier.

Isabelle Saint-Maurice, responsable du Bureau d’information de l’Opus Dei au Canada, attend sereinement le résultat de cette élection qui aura un impact sur le proche avenir de cette organisation catholique qui compte 92 000 membres, dont 600 au Canada.

«Nous sommes tranquilles concernant cette élection. Oui, nous sommes en deuil, car nous avons perdu notre père. Toutefois, nous savons que l’Esprit Saint sera au cœur de cette élection», dit-elle.

Le successeur de Mgr Javier Echevarria sera choisi parmi les membres du Congrès électif. Afin d’être un candidat à l’élection, les membres doivent répondre à certains critères.

«Les candidats doivent être membres de l’Opus Dei depuis au moins 10 ans, être prêtres âgés d’au moins quarante ans et siéger au sein du Collège électoral depuis cinq ans. En outre, ils doivent démontrer une capacité à la gestion», détaille Mme Saint-Maurice. Actuellement, seuls 94 prêtres de l’Opus Dei répondent à ces critères.

Cette élection revêt un caractère particulier puisqu’il est possible que l’élu soit un membre qui n’a pas travaillé directement avec le fondateur de l’Opus Dei, saint Josémaria Escriva de Balaguer, contrairement à ses deux successeurs.

«Une chose est certaine, avance Isabelle Saint-Maurice, c’est que le prochain prélat va influencer l’organisation par sa personnalité propre et par ses charismes tout en ayant les deux pieds et le cœur dans l’esprit de l’Opus Dei.»

Selon la responsable du Bureau d’information de l’Opus Dei au Canada, un des défis du prochain prélat sera d’aider les membres à «propager la joie» dans la société. Ce mandat, à l’opposé de l’image austère accolée aux adeptes de l’Opus Dei, est devenu plus que nécessaire, selon Mme Saint-Maurice.

«La mission de l’Opus Dei c’est de donner la joie au monde. Il est vrai qu’il y a un problème d’image. Des documentaires utilisent souvent des images illustrant le Moyen-Âge et de la musique un peu obscure afin de donner un aspect trouble au mouvement. Certains ont peur de l’Opus Dei. Nous sommes conscients que nous ne pouvons pas être aimés par tous. Même les premiers chrétiens ont été persécutés, car leur message était très dérangeant.»

L'impact du Da Vinci Code

La publication, en 2003, du roman Da Vinci Code de l’auteur Dan Brown a ébranlé les piliers de cette organisation catholique pourtant habituée à être au centre de maintes théories complotistes.

«Le roman a été un déclencheur énorme qui a conduit à réaliser un ménage au sein de l’Opus Dei. Il y a eu un temps où nous ne trouvions pas important de parler de nous. Nous étions discrets. Avec la publication de cette fiction, nous nous sommes fait la réflexion suivante: "Nous sommes en 2003. Nous ne sommes plus à la même époque que le fondateur. Nous devons changer certaines choses tout en gardant les bases de notre organisme."»

«De nouvelles manières de faire les choses sont apparues. Nous sommes plus ouverts, moins austères, comme l’Église d’ailleurs», assure-t-elle.

 

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