Pour se conformer à la loi

La conférence épiscopale de France veut retirer le genre des parents des certificats de baptême

Le conseil permanent de la Conférence des évêques de France (CEF) a approuvé une recommandation visant à supprimer les références au sexe des parents sur les certificats de baptême.
Le conseil permanent de la Conférence des évêques de France (CEF) a approuvé une recommandation visant à supprimer les références au sexe des parents sur les certificats de baptême.   (Pixabay)
2020-01-10 16:53 || Monde Monde

Le conseil permanent de la Conférence des évêques de France (CEF) a approuvé une recommandation visant à supprimer les références au sexe des parents sur les certificats de baptême.

Mgr Joseph de Metz-Noblat, évêque de Langres et président du Conseil des évêques de France pour les questions canoniques, a déclaré que ces changements ont été apportés pour mettre les pratiques de baptême en conformité avec les nouvelles lois sur l'égalité des sexes.

Dans une lettre aux évêques datée du 13 décembre 2018 et publiée fin 2019, Mgr de Metz-Noblat a déclaré que la situation toujours plus complexe des familles en France avait rendu la compilation des documents catholiques «parfois difficile», surtout en ce qui concerne les baptêmes.

Il a ajouté que son conseil avait travaillé avec les deux autres commissions de la CEF pour produire une nouvelle formule de baptême, faisant référence aux «parents ou autres détenteurs de l'autorité parentale».

La reformulation a été conçue pour éviter tout jugement moral et aider les diocèses confrontés à des problèmes de vocabulaire, a dit l'évêque. Il a ajouté que la reformulation avait maintenant été approuvée par le conseil permanent des évêques.

Selon le droit canonique, «les ministres ne peuvent pas refuser les sacrements aux personnes qui les demandent opportunément, tandis que les enfants ne sauraient  être tenus responsables de la situation de leurs parents», a déclaré l'évêque Metz-Noblat. «C'est pourquoi nous vous recommandons d'adopter dans votre diocèse ledit formulaire, qui parait le plus approprié à notre époque.»

Cependant, certains catholiques français ont critiqué les nouvelles recommandations.

«Il est étrange qu'on conseille à l'Église de s'adapter ainsi aux lois de l'État – je n'en vois pas la nécessité», a déclaré Antoine Renard, président honoraire de la Fédération des associations familiales catholiques. «L'Église enseigne que les familles sont créées par les pères et les mères, et que les autres formes ne sont pas des familles. Les couples de lesbiennes et autres pourraient exiger le contraire, mais cela ne sera pas accepté par l'Église.»

Dans une entrevue avec l’agence Catholic News Service le 10 janvier, M. Renard a dit que l'Église ne pouvait pas «refuser les baptêmes», mais qu'elle exigeait des parents demandant le sacrement qu'ils s'engagent à «élever les enfants selon les règles de l'Église».

Mgr Claude Barthe, rédacteur en chef du mensuel conservateur Res Novae, a déclaré dans un article de fin décembre que certains diocèses français ignoreraient probablement cette recommandation. Il a déclaré que l'Église catholique semblait anticiper des problèmes juridiques qu'elle n'avait «pas encore rencontrés», ajoutant que les changements proposés risquaient de «transformer l'exception en norme».

Le mariage entre personnes de même sexe et l'adoption d'enfants ont été légalisés en France en mai 2013. Une loi de bioéthique permettant la procréation médicalement assistée financée par l'État pour les mères célibataires et les couples de lesbiennes a été approuvée à l'Assemblée nationale en octobre, malgré l'opposition de l'Église catholique.

Les médias français ont déclaré que les registres civils des naissances n'avaient pas encore été adaptés de manière substantielle aux nouvelles lois, bien que certains hommes politiques aient proposé d'insérer les termes «parent 1» et «parent 2».

Jonathan Luxmoore

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