Célébration anglicane à Montréal

La Messe de la Fierté attire 75 personnes à la cathédrale Christ Church

  • La présidente d'assemblée, Elizabeth Welch, et les prêtres Paul Kennington et Yves Samson avaient revêtu des vêtements liturgiques roses pour la célébration.
  • La chorale, Le Choeur gai de Montréal, a notamment chanté 'Somewhere over the Rainbow' pendant la célébration.
  • Des banderoles aux couleurs de l'arc-en-ciel avaient été installées dans la cathédrale Christ Church.
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2016-08-15 14:14 || Québec Québec

Une Messe de la Fierté a rassemblé 75 personnes vendredi soir à la cathédrale anglicane Christ Church. Elle s’est déroulée durant la semaine d'activités de la 10e édition de Fierté Montréal. Mgr Mary Irwin-Gibson, évêque du diocèse anglican de Montréal, avait annoncé, au début du mois d'août, la tenue de cette messe.

Pour l'évêque, cet événement voulait «souligner la contribution de la communauté LGBTQ» à l'Église anglicane.

La célébration se déroulait tout juste un mois après qu’une proposition sur la célébration de mariages entre conjoints de même sexe ait été approuvée, en première lecture, lors du Synode général de l’Église anglicane du Canada.

Vendredi, dès 19h, le recteur de la cathédrale Paul Kennington a souhaité la bienvenue aux personnes qui ont pris place dans la sombre cathédrale dont le choeur était orné de banderoles aux couleurs de l'arc-en-ciel. Il a rappelé qu'il y a six ans, à son arrivée en fonction, les membres de sa nouvelle paroisse avaient tenu à souligner son engagement mais aussi l'anniversaire de son conjoint. «J'ai alors compris que cette communauté en était une d'accueil. Et ce soir, vous êtes, tous et toutes, les bienvenus dans cette église», a-t-il lancé.

La présidente d'assemblée, Elizabeth Welch, et les prêtres Yves Samson et Paul Kennington avaient revêtu des vêtements liturgiques roses, une couleur réservée habituellement aux liturgies du 3e dimanche de l'avent et du 4e dimanche du carême.

«Nous portons la couleur rose parce que le triangle rose est un symbole bien connu des membres de la communauté LGBTQ2+», ont-ils expliqué dans le feuillet remis aux participants.

«Ce symbole a d'abord été utilisé dans les camps de concentration nazis pour désigner les prisonniers homosexuels et il a été récupéré par la communauté dans les années 1970 comme symbole de fierté, de solidarité et de résistance.»

Un monde inclusif

Au début de la célébration, huit lampes ont été allumées, notamment en mémoire des victimes du SIDA et «de tous ceux et celles qui ont subi de la violence à cause de leur statut».

Prêtre anglican, Donald Boisvert, a prononcé l’homélie après les lectures de la messe dont celle du Magnificat, la prière que Marie adresse à Dieu lorsqu’elle apprend qu’elle va enfanter.

«Cette grande prière de Marie nous interpelle avec force, car elle nous permet d’entrevoir un monde nouveau, un monde différent, un monde plus en accord avec ce que Dieu désire. C’est un monde où les privilèges des uns ne sont plus source d’oppression pour les autres, et où chacune et chacun a finalement droit à sa juste part du gâteau.»

Jusqu’à récemment recteur du Séminaire diocésain de Montréal, le révérend Boisvert estime que le monde annoncé par Marie, «ce n’est pas le monde que nous habitons, et ce n’est certainement pas le monde que nous connaissons en tant que personnes LGBTQ».

Et pourtant, «c’est la promesse de Dieu», ajoute-il. «C’est ce que Dieu a toujours voulu pour nous: une terre d’inclusion, un foyer d’appartenance, un royaume, son royaume, qui donne vie et espérance».

Synode général

Dans son homélie, le révérend Boisvert a aussi réfléchi aux débats ainsi qu’à certains propos entendus sur le mariage gai lors du Synode général de l’Église anglicane du Canada au mois de juillet.

«Y aurait-il donc des amours supérieurs et inférieurs?», a-t-il demandé. «Bien sûr que non. Et nous sommes fiers que notre Église ait choisi d’être témoin de la validité et de la beauté de toutes les formes que prend l’amour humain. Ce fut là un moment prophétique pour notre Église.»

Au lendemain du vote de la proposition autorisant le mariage entre conjoints de même sexe, l’évêque de Montréal, Mgr Mary Irwin-Gibson, annonçait que «bien que la règle canonique de notre Synode général sur le mariage ne peut être changée avant la tenue d’un vote en seconde lecture en 2019, je suis prête à accorder aux prêtres qui m’en feront la demande, au cas par cas, l’autorisation de présider au mariage chrétien de conjoints de même sexe».

La révérende Elizabeth Welch, qui présidait la Messe de la Fierté, a indiqué que l’évêque du diocèse anglican de Montréal n’avait reçu aucune demande en ce sens jusqu'à maintenant.

Mis à jour à 10 h18 le 17 août 2016.

 

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