Centre Le Pont, à Montréal

Le centre d’accueil pour les demandeurs d’asile officiellement inauguré

L’archevêque de Montréal, Christian Lépine (droite), et Mgr Pierre Blanchard, vicaire épiscopal aux communautés culturelles et rituelles pour l'archidiocèse de Montréal, ont procédé à la traditionnelle coupe du ruban.
L’archevêque de Montréal, Christian Lépine (droite), et Mgr Pierre Blanchard, vicaire épiscopal aux communautés culturelles et rituelles pour l'archidiocèse de Montréal, ont procédé à la traditionnelle coupe du ruban.   (Présence/Yves Casgrain)
Yves Casgrain | Journaliste
Journaliste
2017-11-06 20:51 || Québec Québec

C’est dans une ambiance festive qu’a eu lieu le jeudi 2 novembre l’inauguration du centre Le Pont voué à l’accueil temporaire des demandeurs d’asile. Situé dans le presbytère de la paroisse Notre-Dame-des-Victoires, il héberge des familles, des femmes et des enfants depuis un mois.

Malgré la pluie, une cinquantaine de personnes et quelques médias se sont déplacés pour assister à l’inauguration du centre. L’archevêque Christian Lépine et Mgr Pierre Blanchard, vicaire épiscopal aux communautés culturelles et rituelles pour l'archidiocèse de Montréal, ont pris la parole lors de la conférence de presse qui a précédé la traditionnelle coupe du ruban.

Plus de ponts, moins de murs

Mgr Blanchard a expliqué que le centre doit son nom au fait qu’un «pont sert à passer d’un endroit à un autre. De l’endroit où nous sommes à l’endroit où nous allons. C’est ce que vivent les personnes qui résident temporairement ici. Ils ont quitté leur pays d’origine et sont maintenant ici en attente de trouver un appartement.» Mgr Pierre Blanchard a également utilisé cette image pour illustrer le travail effectué par le personnel et les bénévoles. «Ils tentent de créer des liens avec les résidents.»

L’archevêque de Montréal, Mgr Christian Lépine a pour sa part souligné que l’ouverture du centre est une aventure dont il est «fier». «C’est une aventure humaine. Nous avons parfois l’impression que l’Église s’occupe uniquement des catholiques. Ce n’est pas le cas. Nous nous en occupons, bien sûr! Cependant nous nous occupons de chaque être humain. C’est la chose à faire. Il faut non seulement ouvrir la porte de notre maison, mais il faut aussi ouvrir la porte de notre cœur», a-t-il déclaré revêtu du t-shirt arborant le slogan du centre: «Plus de ponts moins de murs».

«Il faut non seulement ouvrir la porte de notre maison, mais il faut aussi ouvrir la porte de notre cœur»

Deux résidentes ont témoigné de leur séjour au centre. Barry Aminata, originaire du Bénin s’est faite la porte-parole des résidentes en soulignant l’accueil «chaleureux» qu’elle a reçu à son arrivée. Soad Ali, Égyptienne, a vanté l’atmosphère familiale du centre Le Pont. «Nous sommes une grande famille», a-t-elle lancé sous les applaudissements des invités.

Signe d’une présence

En entrevue, Mgr Lépine a insisté sur la nécessité de mettre «du baume dans le cœur des personnes qui souffre» malgré les critiques qui se font entendre devant l’afflux des demandeurs d’asile. «Les questions soulevées par la population sont légitimes. Cependant, il ne faut pas oublier qu’un être humain est un être humain, peu importe la situation.»

Brian McDonough, directeur de la pastorale sociale de l'archidiocèse de Montréal, a renchéri en disant que Le Pont est «une expérience qui reflète l’option préférentielle de l’Église pour les pauvres qui est proclamée par le pape François dans son exhortation apostolique La joie de l’Évangile. Il nous invite à mettre les personnes vulnérables au centre de l’Église.»

Profondément ému, Mgr Alain Faubert, évêque auxiliaire de Montréal, a confié avoir «le cœur en joie pour les personnes qui vivent ici, pour le personnel, pour les bénévoles. Je me dis que c’est comme cela que l’Évangile porte des fruits. Nos valeurs, nos professions de foi, c’est bien de les prononcer, de les expliquer. Cependant, c’est encore plus beau de les voir prendre forme, de les voir s’incarner dans un projet comme celui-là.» Pour lui, il s’agit d’un «signe de la présence de Dieu». «Ici, Dieu est présent», a confirmé l’évêque auxiliaire au milieu des cris des enfants qui couraient entre les convives.

Arthur Durieux, le coordonnateur du centre Le Pont a pour sa part rappelé que le personnel et les bénévoles font tout en leur pouvoir pour que les résidents se sentent comme dans une famille. «Ici, ce n’est pas un centre de traitement. Nous sommes dans une maison. Nous sommes chez nous. Ils sont chez eux.»

Les dons

M. Durieux a confirmé qu’il prépare une soirée où sera soulignée la fête de Noël. «Les enfants ont vraiment aimé l’Halloween. Alors nous allons leur offrir de vivre l’ambiance des Fêtes.»

Il a tenu à souligner au passage la générosité des donateurs.  «Cette semaine, nous avons reçu 500$ de victuailles! C’est vraiment superbe!»

Pour sa part, Alessandra Santopadre, responsable de l’accueil des réfugiés pour le diocèse de Montréal et initiatrice du projet, a profité de l’occasion pour préciser les besoins les plus criants des résidents. «Le papier de toilette! Nous en mangeons ici!» a-t-elle lancé dans un éclat de rire.

Plus sérieusement, Mme Santopadre a noté «que le riz, les œufs, le lait sont des denrées qui sont toujours bienvenues. Actuellement, il y a sept résidentes au centre. Celles qui sont arrivées au début du mois d’octobre ont trouvé un appartement. D’autres viendront séjourner au centre d’ici quelques jours. Les dons doivent donc continuer à entrer», souligne-t-elle, fatiguée mais heureuse des appuis reçus des paroisses et du diocèse.

 

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