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Les 5 ans de pontificat de François

Le pape et les femmes: un espoir malgré tout, croit une théologienne féministe

Le pape discute avec une femme au Vatican le 18 novembre 2015.
Le pape discute avec une femme au Vatican le 18 novembre 2015.   (CNS photo/Paul Haring)
Philippe Vaillancourt | Journaliste
Journaliste
2018-03-13 21:58 || Vatican Vatican

Elles reconnaissent que le pape François a apporté dans le sillage de son élection il y a cinq ans un style pastoral axé sur l’ouverture et le dialogue. Mais pour plusieurs théologiennes féministes, rien n’a véritablement bougé dans l’Église au sujet de la place des femmes.

C’est le cas de Pauline Jacob, spécialiste en psychoéducation et docteure en théologie. Elle s’intéresse de près au débat sur la place et le rôle des femmes dans l’Église catholique depuis une vingtaine d’années.

«On aime beaucoup son attitude d’ouverture apparente. Il est chaleureux, il entre facilement en contact avec les gens. Il secoue les pratiques pastorales. Mais il ne touche ni à la doctrine, ni aux structures», observe la dame, membre du réseau Femmes et ministères. «Plusieurs voient que ce rapport chaleureux, y compris avec les femmes, n’est pas un rapport superficiel. Mais on a l’impression qu’il y a une marge entre son attitude et ce qu’il dit des femmes et d’autres exclus, comme les homosexuels.»

Au sujet des personnes homosexuelles, le pape François a bien eu cette petite phrase à son retour des Journées mondiales de la jeunesse en 2013: «qui suis-je pour juger?». Une déclaration qui avait retenu l’attention des médias du monde entier pendant plusieurs jours, certains annonçant un changement d’attitude profond de la papauté.

«Il ne juge pas, mais il ne change rien aux normes. Certes, il invite à un accueil, à une autre attitude, mais rien ne change. C’est comme s’il y avait deux parties à sa personnalité: une partie ouverte, capable de dialogue, mais autre partie, concrète, qui n’aboutit pas», analyse la théologienne.

Depuis plusieurs années, l’experte participe à divers colloques sur la question de la femme en Église et sur le diaconat et le sacerdoce féminin. Elle reconnaît qu’il y a tout de même un véritable changement d’ambiance sur le terrain, alors le pape François «laisse aller» davantage que ses prédécesseurs. Autrement dit, elle sent le pontife moins enclin que d’autres avant lui à faire taire ces réflexions et ces échanges au sujet des femmes en Église. Même s’il a clairement indiqué qu’il n’entendait pas rouvrir un dossier qu’il estime déjà réglé par ses prédécesseurs, François peut du même coup laisser entendre «que la porte n’est pas complètement fermée», croit-elle.

«Y a-t-il de l’espoir pour les femmes qui sentent un appel? Je ne sais pas. Il peut y en avoir dans sa façon d’être sur le terrain, d’être en dialogue et de se mêler aux gens. Cela permet des changements à long terme. Est-ce que ça va toucher la question des femmes? Je ne le sais pas. Mais le mur de Berlin est tombé, et on ne s’y attendait pas. On voit des fissures. L’espoir, c’est peut-être que les gens se font moins rappeler à l’ordre, qu’on leur demande moins de se taire qu’avant. La question de l’ordination de femmes, on n’en a jamais autant parlé», dit-elle.

L’experte tempère aussitôt ses propos, rappelant qu’il y a quelques semaines à peine, le Vatican n’a pas approuvé trois conférencières qui devaient prendre la parole dans le cadre de la conférence organisée par Voices of Faith, qui devait se tenir au Vatican le 8 mars, dont l’ancienne présidente d’Irlande, Mary McAleese, connue pour ses positions en faveurs de l’ordination des femmes et des droits des personnes homosexuelles.

Mme Jacob a souligné l’ironie de voir la conférence intitulée «Pourquoi les femmes comptent» être déplacée hors des murs du Vatican pour se tenir chez les jésuites, l’ordre auquel appartient le pape.

 

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