Voyage du pape à Cuba et aux États-Unis

Le porte-parole du Vatican évoque un voyage « complexe »

Drapeau américain flottant devant une murale géante du pape à New York.
Drapeau américain flottant devant une murale géante du pape à New York.   (CNS photo/Brendan McDermid, Reuters)
2015-09-17 15:48 || Monde Monde

Le dixième voyage à l’étranger du pape sera le plus long et le plus « complexe » de son pontificat, affirme son porte-parole. François s’arrêtera à Cuba, dans trois villes américaines et aux Nations Unies.

Au cours d’une conférence de presse, le jésuite Federico Lombardi, porte-parole du Vatican, a affirmé que l’itinéraire du pape a été « bonifié » lorsque celui-ci a accepté de se rendre à la Rencontre mondiale des familles, lors de son passage à Philadelphie. Le dégel des relations diplomatiques entre les États-Unis et Cuba est aussi de bon augure pour ce voyage.

Le pape quittera le Vatican entre le 19 et le 28 septembre. Selon le père Lombardi, le pape devrait prononcer vingt-six discours, dont seulement quatre seront entièrement en anglais. Ses discours dans la langue Shakespeare ont été rédigés en prévision du passage du pape à la Maison-Blanche (23 sept.) et devant les membres du Congrès (24 sept.). Il s’adressera aussi en anglais au personnel des Nations Unies (25 sept.), de même qu’au comité organisateur de son voyage à Philadelphie (27 sept.). Son discours devant l’Assemblée générale de l’ONU sera toutefois en espagnol. Ses autres discours en sol américain seront prononcés dans un mélange d’anglais et d’espagnol. Une traduction en simultané sera offerte aux auditeurs.

Le porte-parole du Vatican rappelle que le pape François sera le tout premier pontife de l’histoire de l’Église à prendre la parole devant le Congrès américain. Du reste, ajoute le père Lombardi, il est extrêmement rare que le pape s’adresse aux membres d’un parlement, tous pays confondus. Polonais d’origine, Jean-Paul II a jadis prononcé un discours devant les parlements polonais et italien. Son successeur, Benoît XVI, s’est quant à lui adressé aux députés allemands et italiens.

Le père Lombardi a précisé que le pape François n’a jamais voyagé à Cuba, si ce n’est à l’occasion d’une escale imprévue, lors d’un vol entre Mexico et Buenos Aires. « Il est demeuré cantonné dans cet aéroport », ajoute-t-il.

Il confirme également qu’une rencontre est prévue entre le pape et le président du Conseil de sécurité de l’ONU, lors de son passage aux Nations Unies, le 25 septembre. La Russie assume présentement la présidence de cet organisme, ajoute le père Lombardi. Si le président russe Vladimir Poutine est en ville à ce moment-là, il sera alors le représentant désigné de son pays. Or, Poutine ne devrait pas être sur place. Le pape rencontrera donc l’ambassadeur russe aux Nations Unies.

Abordant la question des abus sexuels en Église, le père Lombardi a précisé qu le Vatican n’a jamais publicisé les rencontres inopinées pouvant être organisées entre le pape et des victimes d’agressions sexuelles commises par des membres du clergé. Si de telles rencontres devaient avoir lieu en sol américain, ajoute-t-il, les médias en seront avisés après-coup. Après qu’on l’eut bombardé de questions quant à l’éventualité qu’une telle rencontre puisse avoir lieu, le père Lombardi a ajouté « qu’avec ce pape-là, rien ne saurait être exclu. ».

Étonnamment, la canonisation prévue lors de son passage est aussi accompagnée d’une certaine controverse. Lors de son passage à Washington, le 23 septembre, le pape canonisera le bienheureux Junipero Serra, un missionnaire franciscain du XVIIIe siècle. Des journalistes ont alors cherché à savoir si le pape était au courant des controverses qui entourent le bienheureux Serra et son attitude à l’égard des Premières nations de la Californie. Le père Lombardi a affirmé que le pape était bien au fait des débats gravitant autour de enjeux de « colonisation et d’évangélisation » — débats qui ont surgi dans presque toutes les régions colonisées par l’Espagne. Le porte-parole a ajouté qu’un « consensus clair » se dégage autour de l’œuvre missionnaire du bienheureux Serra et de sa contribution à l’histoire de la Californie.

Le pape a pris l’habitude, dans ses voyages à l’étranger, de greffer à sa garde rapprochée des employés laïcs du Vatican. Ceux-ci s’ajoutent à son équipe de sécurité, aux dirigeants de la Garde suisse et aux employés des médias (radio, télé, presse écrite) du Vatican. Cette fois-ci, ajoute le père Lombardi, le pape a invité Valentina Ambrosi, une artiste céramiste travaillant pour l’atelier de mosaïque du Vatican.

Le secrétaire d’État du Vatican, poste présentement occupé par le cardinal Pietro Parolin, accompagne habituellement le pape dans ses voyages à l’étranger. En raison de l’importance « cruciale » de ce voyage en matière de « politique étrangère », le pape a également demandé au ministre des Affaires étrangères du Vatican, l’archevêque américain Paul Gallagher, de l’accompagner.

La compagnie aérienne italienne Alitalia transportera le pape de Rome jusqu’à La Havane, de même que dans les villes cubaines de Holguín et Santiago. Un autre vol le conduira ensuite à Washington, puis de Washington à New York. Et de là, à Philadelphie, jusqu’à son voyage de retour vers Rome. C’est le transporteur American Airlines qui se chargera de fournir un appareil au pape, à sa garde rapproché et aux 75 représentants des médias internationaux qui accompagneront le Saint-Père.

Cindy Wooden, Catholic News Service
Trad. et adapt. Présence – information religieuse

 

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