41e Synode général de l'Église anglicane du Canada

Le primat déplore l'intimidation dans les débats sur le mariage gai

Il régnait un lourd silence lorsque Mgr Fred Hiltz a fait ses mises en garde alors que s'ouvre l'épineux débat sur le mariage homosexuel au Synode général de l'Église anglicane du Canada.
Il régnait un lourd silence lorsque Mgr Fred Hiltz a fait ses mises en garde alors que s'ouvre l'épineux débat sur le mariage homosexuel au Synode général de l'Église anglicane du Canada.   (Présence/François Gloutnay)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2016-07-11 12:46 || Canada Canada

«Nous vivons un moment où nous savons que nous pourrions ne jamais nous entendre. Mais de bons désaccords ne permettent pas d'exclure des gens», a lancé ce matin le primat de l'Église anglicane du Canada dans ses remarques préalables aux discussions et au vote sur la question de la redéfinition du mariage.

Afin de donner un poids solennel à ses propos, l'archevêque Fred J. Hiltz a quitté la table de la présidence du Synode général qu'il anime et s'est rendu à la table eucharistique, placée au centre de la salle de bal de l'hôtel Sheraton Parkway de Richmond Hill, au nord de Toronto.

Depuis le 7 juillet, 234 délégués sont réunis en Synode général, l'instance décisionnelle principale de l'Église anglicane du Canada qui se réunit aux trois ans. Lundi après-midi, ils se prononceront sur une proposition qui entend modifier le canon numéro 21 de cette Église. Ce canon - ou règlement - définit le mariage et sa célébration dans l'Église anglicane.

«Des gens pourraient bien quitter l'Église au terme de ce vote», a estimé le primat. «Et cela, peu importe le résultat du vote».

«Cette question préoccupe tous les évêques», a dit l'archevêque Hiltz, qui raconte qu'ils ont tous reçu des lettres de membres affirmant qu'ils craignent devoir quitter l'Église si le Synode général reconnaît le mariage entre conjoints de même sexe ou encore refuse de modifier le canon no 21.

Gestes d'intimidation

«Nous sommes le peuple de Dieu, soyons dignes d’être ses témoins», a ajouté Mgr Fred Hiltz. «Nous appartenons à Jésus, peu importe notre provenance, peu importe nos options théologiques, peu importe notre orientation sexuelle.»

Pesant ensuite chacun de ses mots, tous prononcés lentement mais d'une voix assurée, le primat a déploré que «des membres de ce Synode aient vécu de l'intimidation» lors des discussions sur la modification proposée du canon sur le mariage. «Ils en sont profondément blessés. Certains craignent maintenant de prendre la parole», a-t-il ajouté.

Un silence complet a accueilli les paroles du primat. «Ce genre d'attitude n'est pas approprié. C'est même inacceptable. Cela ne doit pas être toléré», a-t-il déclaré. «Nous sommes, tous, le corps du Christ.»

Après des discussions en petites équipes, les délégués vont étudier la proposition A051 qui remplace les mots «homme» et «femme» par le terme «partenaires» ou l'expression «les parties au mariage». À la fin de leur débat, ils seront appelés à voter selon leur chambre d'appartenance. Une proposition qui modifie un canon doit être approuvée aux deux tiers des voix par chacune des trois chambres (évêques, clergé, laïcs) des membres présents dans la salle.

L'assemblée synodale de juillet 2016 compte 40 évêques et 83 membres du clergé. Les laïcs sont au nombre de 86. De plus, chaque diocèse (il y en a 30 dans l'Église anglicane du Canada) a droit à un délégué jeunesse, âgé de plus de 16 ans et de moins de 26 ans. Vingt-cinq jeunes délégués participent cette année au Synode général. En tout, 234 personnes vont exercer leur droit de voter cet après-midi.

 

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