Il y a cent ans décédait le franciscain Frédéric Janssoone

Le reliquaire du père Frédéric à l'Oratoire Saint-Joseph

Le reliquaire du père Frédéric Janssoone a été déposé, dimanche, dans la chapelle primitive de l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal.
Le reliquaire du père Frédéric Janssoone a été déposé, dimanche, dans la chapelle primitive de l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal.   (Présence/François Gloutnay)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2016-08-22 09:53 || Québec Québec

Un peu avant son décès à Montréal le 4 août 1916, le franciscain français Frédéric Janssoone avait demandé à revoir, pour une dernière fois, un ami qui lui était très cher.

Le frère André, le fondateur et bâtisseur de l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, s'était rendu rapidement à son chevet, au couvent franciscain de la rue Dorchester (aujourd'hui le boulevard René-Lévesque).

Cent ans plus tard, c'est au tour des religieux de Sainte-Croix, la communauté à laquelle appartenait le frère André, d'inviter les Franciscains à venir sur le Mont-Royal et à faire connaître le bon père Frédéric aux fidèles de l'Oratoire.

C'est ce qu'ils ont fait dimanche alors qu'un reliquaire contenant un fragment d'os du père Janssoone était déposé, durant quelques heures, dans la petite chapelle construite par le frère André en 1904.

«Le père Frédéric, un homme discret et d'action efficace, fut l'un des premiers à encourager les chrétiens à fréquenter l'Oratoire Saint-Joseph, qui était encore alors une œuvre modeste», a rappelé Marc Le Goanvec, ministre provincial des Franciscains de l'Est du Canada, dans l'homélie prononcée dans la grande basilique de l'Oratoire, un lieu qui n'existait pas encore au moment du décès du père Frédéric.

Le frère André répétait «que les encouragements du franciscain lui avaient été d'un précieux secours face aux difficultés de la fondation», a ajouté le père Le Goanvec.

Les deux hommes ont connu des parcours bien différents, a expliqué le franciscain, mais ils ont mis «tous leurs talents au service de l'Évangile».

«Ce sont deux saints qui ont vécu à peu près à la même époque, semblables par leur même passion pour Dieu, ainsi que par leur volonté de se faire proches des gens», a-t-il dit.

Mais la vie des deux hommes fut différente. «Autant le frère André a grandi en sainteté par l'accueil de milliers de personnes, ici, au même endroit, années après années, dans l'humilité et la simplicité, orientant les pèlerins vers Dieu par saint Joseph, autant le père Frédéric s'est déplacé, allant à la rencontre des gens, chez eux, dans leur maison, dans les rangs en pleine campagne.»

Mais tout comme le frère André, le père Frédéric «édifiait les croyants par sa prédication et le rappel de l'amour de Dieu pour chacun d'eux», a ajouté le ministre provincial des franciscains aux quelque 600 personnes réunies dans la basilique.

Trois pays

Né en France en 1838, devenu franciscain en 1864, Frédéric Janssoone a vécu en Terre sainte durant douze ans. «Tout le reste de sa vie sera habité par ses années passés au pays de Jésus», a expliqué Marc Le Goanvec.

«Ses talents de diplomate lui permirent de régler des différends entre communautés chrétiennes, il rétablit le chemin de croix dans les rues de Jérusalem et il fit bâtir plusieurs églises.»

Afin de recueillir des fonds pour ses projets, le père Frédéric séjourne une première fois au Canada en 1881. Puis, en 1888, Il s'y installe définitivement «non seulement pour continuer de faire connaître la Terre sainte mais aussi pour y implanter l'Ordre franciscain, qui avait disparu après la conquête britannique».

Décédé en 1916, le père Frédéric a été béatifié par le pape Jean-Paul II en septembre 1988. Son ami, le frère André, décédé le 6 janvier 1937, à l’âge de 91 ans, fut béatifié en mai 1982, puis canonisé le 17 octobre 2010. Les Franciscains espèrent que Frédéric Janssoone sera déclaré saint durant l'année du 100e anniversaire de son décès.

Le saint frère André, lui, n'avait aucun doute sur la sainteté de son ami Frédéric. Au début des procédures pour la béatification du père Frédéric, il y a 90 ans, le frère André témoigna que «c’était un saint». 

«La première fois que je l’ai rencontré, c’était au collège Notre-Dame. J’étais très souffrant et je me suis recommandé aux prières du révérend père. J’en ai eu du soulagement», disait-il en 1927.

 

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