Entrevue avec Padre Coach

Plaidoyer pour une transition numérique en pastorale

Jean-Philippe Auger, alias Padre Coach.
Jean-Philippe Auger, alias Padre Coach.   (Archives Présence/P. Vaillancourt)
Philippe Vaillancourt | Journaliste
Journaliste
2020-05-15 18:00 || Québec Québec

Ado, il était friand de technologie et d’informatique. Après un long hiatus, le prêtre Jean-Philippe Auger, alias Padre Coach, est revenu à ses premières amours. La pandémie lui donne désormais l’occasion d’en faire profiter l’Église du Québec.

«J’arrête pas depuis deux mois!», dit-il au bout du fil.

Le confinement a provoqué une accélération de son retour à sa passion pour l’informatique. Il a eu son premier ordinateur à l’âge de 9 ans et s’est beaucoup intéressé au développement de l’informatique lors de son adolescence. Il a ensuite délaissé le domaine pendant de longues années.

«Il y a quatre ans, c’est revenu. Car j’ai réalisé que le numérique n’est pas qu’un aspect de notre société, mais que celle-ci est fondée sur le numérique, relate-t-il. Un enfant qui voit le jour aujourd’hui, avant d’avoir une identité sociale, a d’abord une identité numérique. Elle est aussi importante que toutes les autres formes d’identité qu’on peut avoir.»

Docteur en théologie pratique, il donne ainsi de la formation et du coaching en ligne depuis 2017. Depuis le début de la crise sanitaire, ses activités se sont intensifiées.

«Une semaine après le début, j’ai lancé une série de webinaires gratuits», précise-t-il. Ceux-ci portaient sur la transformation numérique de l’Église. Près de 150 personnes suivent ses webinaires chaque semaine. Quant à ses activités de coaching en ligne, elles regroupent une soixantaine d’internautes pour la même période.

«Avec la crise du coronavirus, sur le plan pastoral, nous avons tous été pris de court. Le confinement a obligé la distanciation physique, ce qui a rendu plus difficile la proximité pastorale», observe-t-il.

Une offre diversifiée

Pour lui, il y a là une occasion à saisir pour l’Église, pour enfin combler son retard numérique. «La question ne se pose pas pour moi: si on est dans le monde, on doit être en ligne.»

L’abbé Auger décline maintenant son offre de formation en ligne en trois champs: Padre Live pour les webinaires, Padre Académie pour le coaching et la formation et Padre Lab pour mettre en contact une communauté d’apprentissage, à la manière d’un réseau social privé. Le tout est regroupé sur sa plateforme Padre Coach.

Il souhaite contribuer à ce que les paroisses québécoises puissent se doter de structures numériques fonctionnelles, de plateformes de formation et d’accompagnement.

«Pour développer la compétence numérique, j’ai démarré des coachings. Mes webinaires ont été transformés en cours en ligne. Puis j’ai proposé des suivis de coaching de groupes : un pour les prêtres, un pour les diacres et un pour les agents de pastorale», dit-il. Il fait aussi du coaching d’équipes.

«Le but de tout ça, explique-t-il, c’est de développer le savoir-faire numérique: comprendre comment l’utilisation des technologies peut augmenter la fécondité des personnes et l’efficacité des initiatives pastorales dans le monde de demain.»

Selon Padre Coach, le monde qui pouvait encore se passer des outils numériques n’existe plus. Tout projet pastoral doit faire une place à une stratégie numérique.

«La nouvelle norme sociale sera l’utilisation des outils numériques. Si on veut faire de la pastorale dans un monde post-COVID-19, ça va être nécessaire», jure-t-il. D’autant plus qu’il croit que la pandémie agit comme un «accélérateur des tendances présentes, surtout dans les institutions».

Ses activités en ligne l’occupent présentement à temps partiel. Il garde ses responsabilités comme membre de l’équipe in solidum de l’Unité pastorale de Portneuf, mais espère avoir l’occasion de consacrer encore plus de temps à ses activités de formation et d’accompagnement en ligne dans un avenir rapproché.

«Quand les gens viennent à moi, ils sont conscients du besoin de développer le numérique en Église. Ceux qui viennent vers moi ont souvent un profil innovant. Ils aiment sortir des sentiers battus», note-t-il.

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