Lié à la Mutuelle d'assurance en Église

Alfonso Graceffa n'est plus à l'emploi de filiales de la CDPQ

Il y a quelques heures encore, le profil d'Alfonso Gracefa était accessible sur le site Web de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Il n'y est plus.
Il y a quelques heures encore, le profil d'Alfonso Gracefa était accessible sur le site Web de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Il n'y est plus.   (Capture d'écran)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2019-05-28 15:29 || Québec Québec

Alfonso Graceffa, un membre du conseil d'administration de la Mutuelle d'assurance en Église depuis 2017, n'est plus président du conseil et chef de la direction d’Otéra Capital, vient d'annoncer Michael Sabia, président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et de placement du Québec (CDPQ).

À 11 h 30 ce mardi 28 mai, Ivanhoé Cambridge, une autre filiale de la CDPQ, a aussi annoncé qu'Alfonso Graceffa n'était plus membre de sa haute direction. En mars 2018, il était nommé chef des unités d’affaires d'Ivanhoé Cambridge.

En février 2019, Le Journal de Montréal révélait d'importants manquements éthiques à la direction d'Otéra, une filiale immobilière de la CDPQ. Des journalistes indiquaient notamment qu'un partenaire d'affaires du président même d'Otéra Capital aurait reçu d'importants prêts.

Parce que «l’intégrité est un principe non-négociable sur lequel aucun compromis ne sera fait», la CDPQ avait aussitôt lancé une enquête interne «menée par un avocat externe afin que toutes les vérifications soient faites».

Le vendredi 8 février, «Alfonso Graceffa a offert de se retirer de toutes ses fonctions dans les filiales immobilières de la Caisse pendant cette enquête afin de faire la lumière sur tous les faits», avait aussi annoncé la CDPQ.

Le sommaire du rapport de cette enquête commandée par M. Sabia a été rendu public aujourd'hui.

«Quatre personnes liées à Otéra, lesquelles ont agi de façon indépendante les unes des autres, ont contrevenu, à différents degrés, à leurs obligations prévues aux codes d’éthique applicables», peut-on lire dans ce sommaire.

Le document de cinq pages ne mentionne pas les noms des quatre individus ni les gestes qui leur sont reprochés personnellement.

Ces personnes se sont toutefois placées «en situation de conflit d’intérêts» et elles «n’occupent plus de fonctions au sein des filiales de la Caisse», indique-t-on. La photo et la biographie de M. Graceffa n'apparaissent plus aujourd'hui dans le site Web d'Otéra Capital.

«L’éthique et l’intégrité à la Caisse sont des valeurs fondamentales et d’intérêt public. Les manquements énoncés contreviennent à ces valeurs importantes et sont tout simplement inacceptables. Les pratiques et la politique de tolérance zéro de la Caisse en matière d’éthique doivent donc être appliquées par Otéra», a déclaré Michael Sabia, président et chef de la direction de la CDPQ.

Mutuelle d'assurance en Église

Interrogé lors du déclenchement de l'enquête de la CDPQ, l'archevêque de Montréal, Christian Lépine, préférait ne pas se prononcer sur la présence d'Alfonso Graceffa à la direction de la Mutuelle d'assurance en Église. L'archevêché de Montréal avait fortement appuyé la candidature de M. Graceffa au conseil d'administration de cette compagnie qui assure les bâtiments religieux d'une dizaine de diocèses catholiques du Québec.

«L’archevêché pourrait réévaluer la situation en fonction des conclusions que la Caisse de dépôt et placement du Québec a affirmé vouloir rendre publiques», avait alors indiqué Erika Jacinto, directrice des communications et de relations avec les médias de l'archidiocèse de Montréal, lorsque questionnée à ce sujet en février.

L'archevêque de Montréal n'avait pas répondu à notre demande de commentaires au moment de publier ce texte

À la Mutuelle d'assurance en Église, on ne souhaitait pas commenter pour le moment le limogeage de M. Graceffa à la direction d'Otéra Capital.

«Nous allons d'abord prendre connaissance des documents parus aujourd'hui. C'est sûr que notre comité de déontologie va rapidement se pencher sur cette situation», a indiqué Serge Ouellette, directeur général de la Mutuelle engagé il y a quelques semaines.

Élu au conseil d'administration de la Mutuelle d'assurance en Église en 2017, M. Graceffa avait rapidement été questionné sur ses liens, jugés trop étroits, avec l'archidiocèse de Montréal et la Corporation immobilière de l'archidiocèse de Montréal (CIAM).

Une lettre avait même été remise au nonce apostolique au Canada par des membres de la Mutuelle au lendemain de son élection. Ces membres déploraient que M. Graceffa, un «parfait inconnu», ait été «soutenu aux élections du 25 avril 2017 dans le seul but d'influencer le vote du conseil de la Mutuelle d'assurance en Église au bénéfice de l'archevêché de Montréal». Alfonso Graceffa a toujours refusé de démissionner de son poste et n’a jamais reconnu s’être placé en «situation de conflit d’intérêts».

M. Gracefa est toujours membre du conseil d'administration de la Mutuelle.

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