Sacrements et rites funéraires

Devant l’aide à mourir, les évêques de l’Atlantique promeuvent compassion et écoute

L'évêque de Bathurst, Mgr Daniel Jodoin, fait partie des signataires de la lettre.
L'évêque de Bathurst, Mgr Daniel Jodoin, fait partie des signataires de la lettre.   (Présence/Philippe Vaillancourt)
Philippe Vaillancourt | Journaliste
Journaliste
2016-12-07 11:10 || Canada Canada

Réagissant aux défis pastoraux posés par les gens qui ont recours à l’aide médicale à mourir, les évêques catholiques de l’Atlantique estiment que les soins spirituels et pastoraux ne peuvent être réduits à des normes associées à la réception des sacrements ou à la célébration des rites funéraires chrétiens.

Les membres de l’Assemblée des évêques de l’Atlantique ont publié le 27 novembre une lettre de quatre pages sous forme de «réflexion pastorale sur l’aide médicale à mourir».

«Nous croyons que tous les prêtres, les diacres et ministres laïques – particulièrement ceux et celles qui œuvrent quotidiennement auprès des malades et des personnes vulnérables,  à domicile, dans les foyers de soins, les hospices ou les hôpitaux – doivent incarner la compassion et se faire signe de tendresse et de la miséricorde de Dieu dans tout ce qu’ils et elles font et avec toutes les personnes qu’ils et elles rencontrent», écrivent les dix évêques de l’Atlantique, dont ceux de Halifax, Moncton et Saint-Jean (Terre-Neuve).

La lettre insiste sur le besoin d’accompagner les familles et les patients, ainsi que sur la nécessité d’être des témoins d’espérance.

«En ce qui concerne les soins pastoraux prodigués aux personnes qui considèrent l’assistance médicale à mourir, nous devons garder en tête que la raison d’être de la pastorale aux malades est de transmettre la compassion du Christ, son amour et sa miséricorde. En outre, au moment de donner suite à des demandes de recevoir les sacrements de Réconciliation, de l’Onction des malades et de l’Eucharistie ainsi qu’à la demande de célébration de funérailles chrétiennes, il importe que nous tenions compte de la condition affective, de la situation familiale et du contexte de foi de la personne souffrante concernée», disent les évêques.

Leur position s’éloigne donc de celle des évêques d’Alberta, qui, plus tôt cet automne, s’était montrés plus restrictifs dans l’accès aux sacrements pour les personnes qui ont recours à l’aide médicale à mourir, une position qui avait choqué plusieurs personnes et suscité plusieurs réactions, y compris au sein de l'épiscopat québécois.

Un «soutien compatissant»

Pour les évêques de l’Atlantique, «le sacrement de Pénitence et de Réconciliation se célèbre dans une perspective de pardon des péchés déjà commis et non de ceux qui pourraient être éventuellement commis». Selon eux, «le fait de recevoir le sacrement de l’Eucharistie au moment d’approcher la fin de sa vie, peut conduire la personne à grandir dans son union avec le Christ». Quant aux rites funéraires, ils promeuvent un accueil «bienveillant» et une façon de traiter la situation qui démontre une «ouverture au dialogue».

«À tous et à toutes, à chacun et à chacune, nous voulons affirmer que les soins spirituels et pastoraux ne peuvent être réduits à des normes associées à la réception des sacrements ou à la célébration des rites funéraires chrétiens», poursuivent-ils. «Il est important que nous entretenions un dialogue pastoral avec les personnes et leurs familles qui envisagent d’avoir recours à l’euthanasie ou au suicide médicalement assisté et qui requièrent les services de l’Église. Il va de soi que nous les assurions d’un soutien compatissant de prière. On peut anticiper que le résultat d’une telle rencontre pastorale sera de faire la lumière sur une situation complexe et qu’il sera possible de discerner ce qu’il est indiqué de faire dans les circonstances; y inclus, s’il est approprié ou non de célébrer les sacrements.»

Priorité aux soins palliatifs

Les évêques de l’Atlantique profitent cependant de leur lettre pour réitérer leur opposition à l’aide médicale à mourir.

«L’euthanasie et le suicide médicalement assisté peuvent être des pratiques considérées légales mais ces pratiques ne reflètent pas nos valeurs chrétiennes sur le sens de la vie, de la souffrance et de la mort. L’Évangile est un message de bonne nouvelle et d’espérance devant la douleur et la souffrance», ajoutent-ils, rappelant leur préférence pour des soins palliatifs de qualité, y compris à domicile.

La lettre a été publiée pour coïncider avec le début de l’Avent. Elle est signée des évêques catholiques du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, de l’Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve.

 

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