Conférence de presse dans l'avion pontifical

Gais et transgenres ont droit à la même attention pastorale, dit le pape

Le pape à bord de l'avion de menant de Bakou, en Azerbaïdjan, à Rome le dimanche 2 octobre 2016.
Le pape à bord de l'avion de menant de Bakou, en Azerbaïdjan, à Rome le dimanche 2 octobre 2016.   (CNS photo/Paul Haring)
2016-10-03 11:16 || Monde Monde

Les personnes homosexuelles et celles qui ont l’impression d’être nées dans le mauvais corps ont droit à la même attention pastorale que tous les autres catholiques, a déclaré le pape dimanche.

Dans un point de presse à bord de l’avion pontifical dans le cadre de son voyage en Géorgie et en Azerbaïdjan, le pape a été questionné sur les propos qu’il avait prononcés le 1er octobre, à Tbilissi, la capitale géorgienne. Le pontife argentin avait alors critiqué en des termes très durs la théorie du genre, qu’il avait qualifiée de «colonisation idéologique» et de «guerre mondiale contre le mariage». Lors du point de presse d’hier, François s’est empressé de réitérer l’importance de l’accompagnement pastoral des personnes homosexuelles, transgenres, ou se questionnant sur leur identité sexuelle.

François a confié qu’à titre de prêtre, d’évêque et même de pape, il a personnellement «accompagné des personnes ayant des tendances ou des pratiques homosexuelles».

«Il faut accompagner les gens à la manière de Jésus. Lorsqu’une personne confrontée à cette situation fait face à Jésus, Celui-ci ne va certainement pas lui dire: ‘Va-t’en parce que tu es homosexuel’. Non, vraiment pas», a dit le pape.

Le pontife argentin a indiqué aux journalistes que sa critique portait avant tout sur «l’endoctrinement» de la théorie du genre; théorie, a-t-il ajouté, qui enseigne aux enfants qu’ils peuvent décider du genre qui sera le leur, indépendamment de ce qui a été déterminé par la biologie.

Il a alors fait allusion à une anecdote qui lui a été communiquée par un père de famille espagnol. Ce dernier aurait demandé à son fils ce qu’il voulait devenir plus tard, quand il sera grand. Le garçon lui a répondu: «Une fille». Le père s’est alors rendu compte qu’à l’école fréquentée par son fils, on lui avait enseigné que le genre est un choix personnel. Aux yeux du pape, cela est «contre-nature».

Le pape a également relaté l’histoire d’un couple espagnol qu’il a rencontré au Vatican. Le mari est né fille mais a toujours eu la certitude d’être un garçon. Au début de sa vingtaine, elle a annoncé à sa mère son désir de se soumettre à une chirurgie de réattribution sexuelle. Sa mère l’a alors suppliée de ne pas aller de l’avant avec ce projet, du moins tant qu’elle serait elle-même en vie. Sitôt sa mère décédée, la chirurgie a eu lieu comme prévu.

Cet homme a par la suite été accompagné au plan spirituel par un évêque espagnol – un «bon évêque», a précisé le pape. L’homme en question a fini par sa marier. «Il a d’ailleurs demandé à venir me rencontrer au Vatican, en compagnie de son épouse et, ils m’ont paru très heureux», ajoute François.

«Comprenez-vous bien ce que je vous explique?», a demandé le pape aux journalistes présents dans l’avion pontifical. «La vie est parfois complexe et vous devez regarder les choses avec lucidité. Un péché demeure un péché. Les tendances [sexuelles] et les déséquilibres hormonaux» génèrent des situations problématiques, a poursuivi le pape. «Il ne s’agit pas de dire ‘tout cela est du pareil au même alors réjouissons-nous et faisons le fête’. Non !», a précisé François.

Aussi importe-t-il de bien accueillir la personne, d’être attentive à sa situation, de se soumettre à une démarche de discernement, et de tâcher de l’accompagner au plan pastoral afin de d’intégrer à la vie de la communauté, ajoute le pape. «C’est ce que ferait Jésus de nos jours», dit-il.

Le pontife argentin s’est cependant permis une petite mise en garde aux membres de la presse: «De grâce, n’allez surtout pas dire [dans vos médias respectifs] que ‘le pape bénira désormais les personnes transgenres’. D’accord ?»

«Soyons clairs. Nous faisons ici face à un problème moral. Car c’est bel et bien un problème. Et un problème humain», ajoute-t-il. Ce problème-là, dit François, «doit être résolu de la meilleure manière qui soit, en ayant toujours à l’esprit la miséricorde divine et le souci de la vérité» et en «ayant toujours le cœur grand ouvert».

Cindy Wooden, CNS
Trad. et adapt. F. Barriault, pour Présence

 

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