Elle prend position pour la première fois

Pour l’Église Unie du Canada, l’aide à mourir peut parfois être «préférable»

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Philippe Vaillancourt | Journaliste
Journaliste
2017-05-15 15:16 || Canada Canada

L’Église Unie du Canada a rendu publique sa position officielle en matière d’aide à mourir le 8 mai. En refusant de s’y opposer en principe et en affirmant que l’aide médiale à mourir peut parfois être «préférable» face à certaines situations, la plus grande Église protestante au pays cherche à tenir compte des avis très divergents qui cohabitent en son sein.

Jusqu’ici, l’Église Unie avait toujours évité de prendre position sur l’euthanasie ou le suicide assisté. Elle estime aujourd’hui que ses éclaircissements étaient devenus nécessaires en raison des «nombreuses questions» qui gravitent autour de la loi fédérale adoptée au cours de la dernière année. Opération délicate, puisque les diverses communautés membres de l'Église ont toujours bénéficié d'une large marge de manoeuvre en matière de positionnement éthique.

L’exécutif du Conseil général – l’entité basée à Toronto qui dirige l’Église et qui se réunissait les 6 et 7 mai – a ainsi choisi de faire sien le rapport du Comité Théologie et inter-Église inter-foi comme une position officielle de l’Église Unie du Canada.

Ce rapport est le fruit d’une consultation auprès de spécialistes du monde de la santé, d’éthiciens, d’aumôniers, de personnel pastoral et de personnes handicapées. Le défi, a indiqué l’exécutif, était de «tenir compte de l’étendue et de la complexité des enjeux soulevés à la fois par la loi fédérale et par l’aide médicale à mourir».

Dans sa position officielle, l’Église souligne «qu’il y a des occasions où la souffrance continuelle et ce que nous savons des effets de la douleur sur le corps humain peut faire de l’aide médicale à mourir une option préférable».

Des bémols

Elle insiste toutefois sur la prudence nécessaire pour l’implantation des nouvelles dispositions légales.

«Pour cela, nous préconisons un discernement théologiquement solide et axé sur la communauté, au cas par cas, qui s’assure également de la protection et du soin de ceux devenus potentiellement vulnérables par cette loi et d’autres [lois] du même genre», précise-t-on.

Dans sa position, l’Église Unie stipule que les communautés de foi doivent avoir une «réflexion et un dialogue continus» sur cette question, dans un contexte de défis «spirituels et pratiques».

«Bien que le droit des patients en phase terminale doit être honoré en vertu de la loi, l’affirmation de cette loi doit être accompagnée par la protection et le soin des plus vulnérables dans notre société et par l’accès universel et équitable aux soins palliatifs», dit-on, rappelant le « défi » que pose la loi aux spécialistes de la santé.

«Elle doit aussi être accompagnée par l’affirmation de la dignité et de la valeur intrinsèque de chaque vie, en relation avec la communauté.»

 

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