COVID-19

Si possible, évitez les vaccins AstraZeneca et Johnson & Johnson, dit la conférence épiscopale

Lorsqu’ils en ont la possibilité, les catholiques du Canada devraient éviter d’avoir recours aux vaccins produits par AstraZeneca et Johnson & Johnson, indique la Conférence des évêques catholiques du Canada dans une note datée du 9 mars 2021.
Lorsqu’ils en ont la possibilité, les catholiques du Canada devraient éviter d’avoir recours aux vaccins produits par AstraZeneca et Johnson & Johnson, indique la Conférence des évêques catholiques du Canada dans une note datée du 9 mars 2021.   (CNS photo/Johnson & Johnson, fournie via Reuters)
Philippe Vaillancourt | Journaliste
Journaliste
2021-03-10 16:46 || Canada Canada

Lorsqu’ils en ont la possibilité, les catholiques du Canada devraient éviter d’avoir recours aux vaccins produits par AstraZeneca et Johnson & Johnson, indique la Conférence des évêques catholiques du Canada dans une note datée du 9 mars 2021.

La conférence épiscopale adopte cette posture doctrinale parce que «les vaccins AstraZeneca et Johnson & Johnson utilisent des lignées cellulaires dérivées de l’avortement dans leur développement, leur production et leurs essais cliniques».

«Les vaccins Moderna et Pfizer déjà autorisés au Canada n’utilisent pas de lignées cellulaires  dérivées de l’avortement pour leur développement et leur production; cependant, pour certaines procédures d’expérimentation clinique, les fabricants ont fait usage de lignées cellulaires non éthiques», indique la CECC, qui estime néanmoins que ces deux vaccins sont «moralement acceptables» car leur lien avec l’avortement est «extrêmement minime».

► S'inscrire gratuitement à l'infolettre de Présence.

La Note de la CECC sur des préoccupations éthiques relatives aux vaccins contre la COVID-19 autorisés jusqu’à maintenant, qui n’est pas signée, reprend à son compte la position de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) qui a abordé cette question en 2020.

Le dicastère optait pour une approche pragmatique en distinguant les obligations morales des personnes qui mettent au point les vaccins et celles qui les reçoivent. Ainsi, lorsqu’il n’est pas possible de choisir, la CDF jugeait «moralement acceptable» d’avoir recours à des vaccins qui ont utilisé des lignées cellulaires dérivées de fœtus avortés à l’étape de la recherche et de la production.

La CECC profite donc de sa note pour rappeler que recevoir un vaccin relève de la «conscience personnelle» et que choisir de le faire en contexte de pandémie peut constituer un «acte de charité» envers les autres.

Cependant, en tenant compte des vaccins actuellement approuvés au Canada, «il faudrait choisir de recevoir le vaccin Moderna ou Pfizer plutôt que le vaccin AstraZeneca ou Johnson & Johnson», insiste l’organe des évêques canadiens.

«Mais si l’on ne peut choisir le vaccin qu’on reçoit, le vaccin AstraZeneca ou le vaccin Johnson & Johnson (ou tout autre vaccin contre la COVID-19 qui serait officiellement autorisé) "pourront être utilisés en toute bonne conscience en sachant que l’utilisation de ces vaccins ne constitue pas un geste de coopération formelle à l’avortement"», tranche la note en citant la CDF.

En mai 2020, le président de la CECC, l’archevêque Richard Gagnon, de Winnipeg, avait cosigné une lettre à l’attention du premier ministre du Canada, Justin Trudeau, en compagnie de plusieurs leaders religieux. Le document demandait au gouvernement «de subventionner le développement de vaccins qui ne posent pas de dilemme éthique à nombre de Canadiens». Ils redoutaient que des vaccins liés d’une quelconque façon à l’avortement ne viennent poser de «graves problèmes de conscience» à la population.

Sur Twitter, le ministre québécois de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a fustigé la conférence épiscopale en fin d'après-midi. «Je dénonce vigoureusement cette déclaration de la Conférence des évêques catholiques du Canada. J’invite tous les Québécois à se fier à nos experts et à ceux de partout dans le monde: tous les vaccins que nous administrons sont efficaces», a-t-il écrit.

LIRE AUSSI
Enjeux éthiques autour des vaccins contre la COVID-19
L'Académie pontificale pour la vie met en garde contre le «nationalisme vaccinal»
Moralité des vaccins: des évêques font la part des choses

***

 

 

du même auteur

La question est alimentée par une série de malaises devant la réception plus que mitigée de déclarations émanant de la Conférence des évêques catholiques du Canada.
2021-04-13 18:21 || Canada Canada

Le Québec aurait-il besoin de sa propre conférence épiscopale?

Davantage qu’une manière de s’enrichir, le concepteur a voulu rendre hommage à des moments clés de l’histoire du christianisme tout en ancrant son projet dans une réflexion plus large sur la place du loisir dans la tradition chrétienne.
2021-04-09 16:10 || Monde Monde

Des jeux de cartes chrétiens qui cartonnent sur Kickstarter

Le gouvernement du Québec a annoncé le mardi 6 avril qu’il allongera 15,6 millions $ pour soutenir le réaménagement des espaces du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, à Trois-Rivières.
2021-04-07 12:05 || Québec Québec

Le gouvernement allonge 15,6 millions $ pour le Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap

articles récents

Une scientifique travaille sur un vaccin contre la COVID-19 dans un laboratoire de Johnson & Johnson.
2021-03-11 11:38 || Monde Monde

Vaccins et lignées cellulaires: les bémols d’une bioéthicienne

Le diocèse de Saint-Jean-Longueuil a réagi officiellement jeudi matin à une note de la conférence épiscopale canadienne invitant les Canadiens à éviter les vaccins AstraZeneca et Johnson & Johnson. Le diocèse a affirmé rejeter toute remise en doute de la moralité de la vaccination.
2021-03-11 09:48 || Canada Canada

Vaccins: le diocèse de Saint-Jean-Longueuil se distancie de la conférence épiscopale

La question de l’avortement et de la santé sexuelle des femmes, ainsi que la peur du scandale, sont les principales raisons qui ont poussé l’organisme catholique canadien Développement et Paix à se délester de 24 de ses partenaires internationaux.
2021-03-08 09:52 || Canada Canada

Développement et Paix: voici pourquoi les partenaires ont été rejetés