Interdiction du port des signes religieux

Signes religieux : «On aura des citoyens de seconde zone», craint Mgr Lépine

L'archevêque de Montréal, Christian Lépine, s'oppose à toute discrimination basée sur des signes religieux.
L'archevêque de Montréal, Christian Lépine, s'oppose à toute discrimination basée sur des signes religieux.   (Présence/François Gloutnay)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2018-10-10 11:07 || Québec Québec

L’archevêque de Montréal, Mgr Christian Lépine, estime qu’un gouvernement commet une  erreur lorsqu’il réduit une partie de sa population «en citoyens de seconde zone».

Deux jours après leur victoire lors du scrutin du 1er octobre 2018, deux porte-parole de la Coalition avenir Québec (CAQ) ont indiqué qu’un des premiers gestes législatifs que posera le nouveau gouvernement dirigé par François Legault sera l’adoption d’une nouvelle loi sur la laïcité qui interdira que les employés de l'État québécois en position d'autorité ne portent des signes ou des vêtements religieux.

Outre les juges, les policiers et les gardiens de prison, les enseignants devront retirer tout symbole religieux lorsqu’ils entrent au boulot. S’ils refusent de retirer leurs attributs religieux, ils devront se trouver un nouvel emploi, ont déclaré les députés Geneviève Guilbault et Simon Jolin-Barrette.

Cette annonce fait tiquer l’archevêque de Montréal. «Sommes-nous tous des citoyens à part entière?», demande-t-il.  «Il me semble que c'est là l'enjeu fondamental» de ce débat que le nouveau gouvernement entend relancer.

«Pour ma part, je ne crois pas qu'on puisse, au nom de la démocratie, faire de la discrimination sur les signes religieux. On marche alors sur un chemin où on a des citoyens de seconde zone.»

L’archevêque de Montréal rappelle qu’en maints endroits du monde, des croyants doivent vivre cachés ou encore sont régulièrement victimes de discrimination à cause de leurs opinions religieuses. «Il y a des pays dans le monde où, par exemple, les chrétiens peuvent habiter mais où ils sont considérés comme des citoyens de seconde zone.»

Respecter la différence

Pour l’archevêque de Montréal, «si la loi dit qu'on peut vivre publiquement avec nos signes religieux, cela veut aussi dire qu'on est appelés à respecter l'autre dans sa différence, à respecter sa liberté de pensée, sa liberté de conviction».

«Après 10 années de débat sur les signes et les accommodements religieux, il est plus que temps d’agir et d’adopter une véritable loi sur la laïcité de l’État», avait inscrit la CAQ dans son programme électoral.

«Pourquoi n'apprend-on pas à se respecter les uns les autres dans nos croyances diverses? On peut avoir des convictions et respecter celles des autres», estime Mgr Christian Lépine.

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