Sommet sur la protection des mineurs

Les abuseurs doivent être dénoncés, disent les évêques du Québec

Le pape François devrait faire paraître un 'motu proprio' d'ici quelques semaines pour améliorer les règles vaticanes en matière d'abus sexuels.
Le pape François devrait faire paraître un 'motu proprio' d'ici quelques semaines pour améliorer les règles vaticanes en matière d'abus sexuels.   (CNS photo/Maria Grazie Picciarella, pool)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2019-02-25 15:38 || Vatican Vatican

Au lendemain du Sommet sur la protection des mineurs, les évêques québécois réaffirment «leur engagement à poursuivre leurs efforts pour que jamais plus l’Église catholique du Québec ne soit impliquée de quelques manières que ce soit dans des gestes et des comportements inqualifiables qui portent une grave atteinte à la dignité des enfants et blessent leurs proches».

L’Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ) souhaite que les agresseurs soient «dénoncés aux autorités compétentes et qu’ils répondent de leurs gestes».

«Nous voulons surtout pouvoir prendre soin des victimes, participer à leur guérison et contribuer à ce qu’une réconciliation soit possible, qui leur apportera la paix et la tranquillité», écrit l’AECQ dans un communiqué remis à la presse.

Le Sommet sur la protection des mineurs s’est tenu du 21 au 24 février. Au terme de cette rencontre à laquelle a participé Mgr Lionel Gendron, évêque de Saint-Jean-Longueuil, à titre de président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, il a été décidé que le pape François publiera un nouvel ensemble de lois et de directives concernant la protection des enfants pour la Cité du Vatican.

De son côté, la Congrégation pour la doctrine de la foi préparera un manuel ou un vadémécum destiné aux évêques sur les responsabilités qui leurs incombent lorsque des abus sont perpétrés dans leurs diocèses.

Le communiqué des autorités épiscopales québécoises est muet sur ces deux propositions.

Mgr Pierre Murray, secrétaire général de l’AECQ, indique toutefois que les diocèses du Québec ont adopté des directives sur les questions des abus sexuels et de la protection des mineurs ou des personnes vulnérables.

«Les diocèses ont des politiques. Elles ne sont pas toujours publiques, dans les sites Web par exemple, mais dans les faits, les mesures législatives ou administratives observées sont celles promulguées par la Conférence des évêques catholiques du Canada», dit-il.

Faut-il ouvrir les archives des diocèses pour faire la lumière sur les plaintes qui ont été déposées contre des prêtres mais qui n’ont pas été rapportées aux autorités policières?

«On a des discussions en ce moment pour tenter de résoudre les problèmes légaux autour des archives», indique Mgr Murray. Une question précise est au cœur de ces discussions. «À qui appartiennent les informations dans un dossier détenu par un diocèse?»

«Il faut régler cette question-là. On est en train de le faire. Si la mécanique d'un audit avait lieu aujourd’hui, un prêtre pourrait peut-être déposer une injonction pour faire arrêter le processus parce qu'on touche à des informations personnelles.»  

Appelé à commenter le fait que les évêques québécois ont, ces dernières années, été réticents à commenter les différents procès en cours, Mgr Pierre Murray reconnaît qu’au Québec, ce sont majoritairement des membres de congrégations religieuses et non des prêtres diocésains qui ont été accusés d’avoir commis des abus.  

«Un évêque n'a pas vraiment juridiction sur ce qui se passe dans une communauté religieuse. Tout comme on ne demande pas au provincial des jésuites, des dominicains ou des oblats de se prononcer quand il y a un prêtre séculier qui est condamné», dit-il.

Mais quelle que soit l'autorité concernée, «les évêques veulent que justice soit faite et que les accusés se retrouvent devant les tribunaux».

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