Archidiocèse de Montréal

Second procès pour abus sexuels: Brian Boucher plaide coupable

Reconnu coupable d'agression sexuelle le 8 janvier, le prêtre Brian Boucher a plaidé coupable le 21 janvier 2019 à l'ouverture d'un second procès pour agressions sexuelles.
Reconnu coupable d'agression sexuelle le 8 janvier, le prêtre Brian Boucher a plaidé coupable le 21 janvier 2019 à l'ouverture d'un second procès pour agressions sexuelles.   (Photo fournie par le Service de police de la Ville de Montréal)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2019-01-21 15:04 || Québec Québec

Deux semaines après avoir été déclaré coupable d’agression sexuelle contre un mineur, Brian Boucher, un prêtre de l’archidiocèse catholique de Montréal, a reconnu ce matin sa culpabilité dans une seconde affaire d'agressions sexuelles.

Cette fois, les agressions se sont déroulées durant cinq années alors que le prêtre était vicaire à la paroisse anglophone Saint John Brébeuf de l'arrondissement montréalais de LaSalle. La victime, un servant d'autel, était âgé de 11 ans au moment des premières agressions.

«Ce plaidoyer de culpabilité permettra aux victimes de poursuivre plus sereinement le difficile processus de guérison selon leurs propres besoins et dans l'intimité», a aussitôt réagi Mgr Christian Lépine, l'archevêque de Montréal, dès que le plaidoyer de culpabilité a été enregistré.

Mgr Lépine a salué «le courage de deux victimes qui ont rencontré les autorités diocésaines et la police afin de témoigner de ce qu'elles ont vécu».

«C'est un scandale qui cause une immense tristesse. Ça va complètement contre Jésus Christ et son Église», a déclaré l'archevêque de Montréal.

Mgr Lépine est actuellement au Panama dans le cadre des Journées mondiales de la jeunesse.

«Nous sommes de tout cœur avec les victimes, leurs familles et leurs communautés dans leur peine et leur souffrance. Votre douleur est notre douleur», a ajouté Mgr Lépine. «Nous n'accepterons jamais que de tels crimes soient commis et qu'ils restent dans l'ombre.»  

Processus canonique

Dans le communiqué distribué ce matin aux médias, l'archevêché de Montréal explique pour la toute première fois quelles procédures canoniques ont été entreprises contre le prêtre.

On explique que c'est dès décembre 2015, après une dénonciation des gestes commis par l'abbé Boucher, que les autorités diocésaines «ont immédiatement retiré l'abbé Brian Boucher de tout ministère sacerdotal et ouvert une enquête canonique» contre le prêtre montréalais. Bien que toujours prêtre, son nom n'apparaît plus dans l'annuaire diocésain.

Cette première enquête «s'est achevée en mai 2016», précise l'archevêché. En juillet 2016, le Vatican a autorisé Mgr Lépine «à entamer un processus pénal administratif». Il s'agit d'un procès selon le droit de l’Église catholique afin de déterminer la sanction qui est réservée à un prêtre qui fait face à des accusations crédibles d'abus ou d'agressions sexuelles.

En mars 2017, lorsque l'abbé Boucher a été arrêté par des policiers de Montréal, le procès canonique a été temporairement suspendu, «une pratique habituelle lorsque des procédures civiles ou criminelles sont en cours», ajoute-t-on.

Le verdict de culpabilité du 8 janvier et le plaidoyer de culpabilité d'aujourd'hui font que le procès canonique contre l'abbé Boucher peut dorénavant reprendre. L'archevêché n'indique pas quand la sentence religieuse sera connue mais note qu'elle peut aller jusqu'au «renvoi de l'état clérical».

C'est toutefois le 25 mars que la juge Patricia Compagnone rendra son verdict dans les deux affaires impliquant l'abbé Boucher.

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