Pas de congrès cet automne - Un documentaire à venir

L'Entraide missionnaire fermera en 2018

La coordonnatrice de L'Entraide missionnaire, Molly Kane, photographiée en août 2015 à Montréal.
La coordonnatrice de L'Entraide missionnaire, Molly Kane, photographiée en août 2015 à Montréal.   (Photothèque Présence/François Gloutnay)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2017-08-07 16:15 || Canada Canada

Il n'y aura pas de congrès de L'Entraide missionnaire cette année. Ce sera la première fois depuis sa création en 1958 que le rendez-vous annuel des missionnaires et des militants de la solidarité internationale ne se tiendra pas en septembre à Montréal, durant la fin de semaine qui suit la fête du Travail.

C'est que L'Entraide missionnaire cessera d'exister en juin 2018.

«Lorsqu'on m'a engagée en juin 2015, on m'a confié le mandat d'examiner avec le conseil d'administration différents scénarios d'avenir», explique Molly Kane, la coordonnatrice de L'Entraide missionnaire. «On a bien vu les changements organisationnels et démographiques que vivent aujourd'hui les communautés religieuses missionnaires.»

Leurs membres vieillissent et il y a moins de religieux et de religieuses du Québec, du Nouveau-Brunswick et de l'Ontario francophone en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Et quand ils reviennent ici pour obtenir des soins de santé, bien des missionnaires ne retournent plus dans les pays où ils ont travaillé toute leur vie.

«En novembre 2015, les délégués à l'assemblée générale ont pris la décision d’entamer un projet de transmission d’héritage de mission solidaire avant d’envisager la fermeture en 2018», dit la coordonnatrice.

L'organisme est né en 1958. Les communautés fondatrices voulaient créer un espace où partager leurs réflexions, organiser des services communs comme l’achat de billets d’avion et informer le public sur le travail des missionnaires dans les pays pauvres.

«L'Entraide a constamment développé des activités qui répondaient aux besoin des missionnaires», note Molly Kane. «Le congrès annuel était le grand événement avant le départ en mission tandis que le programme de formation était un incontournables pour ceux et celles qui partaient ou qui revenaient, afin de mieux comprendre les enjeux de notre monde».

Elle constate qu'aujourd'hui «les besoins de formation pour les missionnaires ne sont plus les mêmes».

«Ils ne partent plus», concède-t-elle.

Mais pas question de fermer les portes sans rédiger le bilan de ces six décennies de solidarité internationale.

Transmettre un legs

«On veut prendre le temps de réfléchir sur le passé et on souhaite transmettre un legs. On va examiner les possibilités de semer quelque chose, dans la tradition de L'Entraide mais pas nécessairement par l'institution qu'on connaît», dit Molly Kane, rencontrée dans les locaux de l'organisme. Le bail des bureaux du boulevard Saint-Joseph, à Montréal, prendra fin le 30 juin 2018.

Déjà, des réunions de réflexion ont eu lieu en avril et mai à Sherbrooke, Trois-Rivières, Montréal, Gatineau et Québec. Quelque 200 personnes y ont participé dont un bon nombre de missionnaires mais aussi des représentants d’organismes de solidarité internationale, de syndicats et de services de pastorale.

Les échanges tenus durant ces activités ont été enregistrés et seront insérés dans un documentaire de cinquante minutes qui racontera l'histoire de l’organisme et réfléchira sur l'avenir du travail missionnaire. Ce film sera lancé le 21 octobre à Montréal.

«On ne veut pas faire l'éloge du passé. Mais on va parler de nos semences et de nos errances», dit la coordonnatrice de L'Entraide missionnaire. «Qu'est-ce qu'on a appris de nos expériences? Qu'est-ce qu'on a semé? Et comment peut-on contribuer à un meilleur avenir?»

Enfin, Molly Kane souhaite que les habitués des congrès annuels de L'Entraide missionnaire inscrivent la date du 5 mai 2018 dans leur agenda. On soulignera alors le 60e anniversaire de l'organisme. Ce sera un peu comme l’ultime Congrès de L'Entraide.

 

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