Entrevue avec le théologien François Nault

La paresse comme vertu

C'est en s'intéressant au concept de «paresse» que le théologien François Nault s'est penché sur notre rapport au temps et au travail.
C'est en s'intéressant au concept de «paresse» que le théologien François Nault s'est penché sur notre rapport au temps et au travail.   (Archives Présence/Philippe Vaillancourt)
Philippe Vaillancourt | Journaliste
Journaliste
2019-06-21 16:27 || Québec Québec

Roum dum dum wa la dou c'est le temps des vacances, chantait Pierre Lalonde. Vite! Transport, chalet, voyage, roulotte, tente, réchaud, camping, rénos, pelouse, toiture, corvées. Le repos? On verra, s’il reste du temps…

«Il y a quelque années, je me disais: les vacances, il est temps que ça finisse, c’est épuisant!»

François Nault, professeur à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval, s’intéresse à notre rapport au temps. En 2016, son ouvrage L’Évangile de la paresse (Médiaspaul) bousculait avec humour certaines idées reçues sur le rapport au travail et au farniente dans la tradition chrétienne. Depuis, cet apôtre de la décélération ne cesse d’appeler la société à revoir ses priorités.

«Réfléchir sur la paresse permet de toucher à la centralité du travail dans nos vies. Celui-ci occupe une place exagérément importante», dit-il.

Il est renversé de constater que certains ont même honte de dire qu’ils prennent des vacances. Et que lorsqu’ils le font, ils gardent le contact avec le bureau, répondant à des messages ou faisant avancer des dossiers. «Les vacances et le travail se retrouvent assujettis au même rythme, celui de la domination d’une logique productiviste.»

Même l’aménagement du temps de travail, pour le rendre soi-disant flexible, a comme effet de «sauter les frontières et de permettre au travail de se faufiler dans toutes les secondes de notre existence».

Mais pourquoi notre culture accorde-t-elle autant d’importance à cette logique productiviste qui, enracinée dans le monde du travail, se distille dans toutes les facettes de notre vie ?

[...]

► LIRE LA SUITE DANS LE NUMÉRO DE JUIN 2019 DE PARABOLE ◄

***

Présence a besoin de l'appui financier de ses lecteurs pour poursuivre sa mission.
Cliquez sur l'image de notre campagne de financement pour savoir comment votre don fait une différence.

 

du même auteur

La primat de l'Église anglicane du Canada, Linda Nicholls, était de passage à Québec le 23 novembre 2019.
2019-12-12 19:48 || Canada Canada

«Maintenant, comment devrions-nous vivre?»

Contrairement à de nouvelles données qui annoncent la fin de l'Église anglicane du Canada d'ici 2040, l'évêque anglican de Québec, Bruce Myers, croit qu'elle a toutes les raisons d'espérer.
2019-12-10 17:31 || Québec Québec

Québec, baromètre de l’Église anglicane du Canada

Vendredi soir, le ciel de Montréal sera éclairé de 14 faisceaux lumineux qui seront allumés à quelques secondes d’intervalle, à l’appel des noms des 14 victimes.
2019-12-05 13:47 || Québec Québec

Polytechnique: «La blessure sera toujours vive»

articles récents

Un homme à la solide carrure, Danny, était présent au brunch. Il souhaite pouvoir s'impliquer à son tour pour aider les itinérants un jour.
2019-12-11 11:16 || Québec Québec

Un premier brunch de Noël pour Notre-Dame-de-la-rue

Claude Paradis et Arlen John Bonnar posent à côté de la statue 'Homeless Jesus' installée devant l'Église Unie St. James, à Montréal.
2019-12-10 11:57 || Québec Québec

Un 'Homeless Jesus' sensibilise à l'itinérance à Montréal

La rencontre du Conseil national de Développement et Paix, la plus haute instance décisionnelle de l'organisme, se tenait dans cet édifice du boulevard René-Lévesque du 29 novembre au 1er décembre.
2019-12-06 00:00 || Canada Canada

Rencontre cruciale de Développement et Paix: le flou persiste