Prévention contre les stéréotypes et les préjugés

Lancement de la Semaine de la sensibilisation musulmane

Le lancement virtuel de la troisième édition de la Semaine de sensibilisation musulmane a eu lieu le 25 janvier 2021.
Le lancement virtuel de la troisième édition de la Semaine de sensibilisation musulmane a eu lieu le 25 janvier 2021.   (Capture d'écran)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2021-01-25 15:11 || Québec Québec

La troisième édition de la Semaine de la sensibilisation musulmane (SSM) propose cette année, pandémie oblige, un programme de conférences et d'activités qui se dérouleront en ligne. Créée un an après l'attentat à la Grande Mosquée de Québec, cette semaine dont le thème est «Québec, Parlons-nous!» entend «aider musulmans et non musulmans à mieux se connaître».

Les événements qu'ont prévus une dizaine d'organismes seront «comme une prévention contre les stéréotypes et les préjugés», a déclaré Samaa Elibyari, la présidente du comité organisateur de la SSM, au tout début de la conférence virtuelle tenue lundi le 25 janvier en présence de politiciens et de représentants de diverses confessions religieuses. La SSM agira, dit-elle, comme «un vaccin contre la désinformation malfaisante». L'événement s'est tenu presque entièrement en français.

«C'est par l'ouverture à l'autre que nous combattons les préjugés», a déclaré la conseillère Magda Popeanu, vice-présidente du comité exécutif de la Ville de Montréal, qui a aussi rappelé que 90% de toute la population musulmane du Québec vit à Montréal.

«Je réaffirme la ferme volonté de la Ville de Montréal de lutter contre le racisme et les discriminations systémiques, l'islamophobie et les violences. Nous devons combattre la haine et la peur», a-t-elle ajouté en rappelant qu'il y a moins de deux semaines, un homme a peint des croix gammées sur les portes de la synagogue Shaar Hashomayim de Westmount.

Dans notre société tolérante et ouverte, il y a encore des préjugés», a déploré le conseiller Lionel Perez, chef de l'opposition à la Ville de Montréal. «Dans le paysage politico-médiatique actuel, il est plus simple d'avoir une perspective polarisante et de ne pas faire attention aux nuances.» Afin de combattre «le cynisme, l'ignorance et l'intolérance», le conseiller municipal dit souhaiter «qu'à travers le dialogue, la communication et les échanges, on puisse mieux se connaître».

L'évêque de Saint-Hyacinthe et président de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec devait être présent à cette conférence de presse. Mais il a dû s'absenter pour «une autre urgence concernant la fermeture et la réouverture des lieux de culte», a indiqué l'imam Hassan Guillet, un des hôtes de l'événement.

Mgr Christian Rodembourg a toutefois acheminé une lettre aux organisateurs où il reprend des extraits du Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune qu'ont signé en 2019 le Grand Imam d’Al-Azhar, Ahmad Al-Tayyeb, et le pape François. Les deux leaders religieux ont proposé «la culture du dialogue comme chemin, la collaboration commune comme conduite et la connaissance réciproque comme méthode et critère», des valeurs promues au Québec par la SSM.

«Nous avons beaucoup cheminé depuis l'attentat de la Grande Mosquée», a déclaré Boufeldja Benabdallah, le co-fondateur du Centre culturel islamique du Québec. «Cet attentat, un acte ultime infâme, a fait que la société a perdu six de nos frères. Nous avons 17 orphelins et plus de 40 rescapés dont trois enfants qui ont senti les balles siffler à leurs oreilles.»

«Les musulmans ne méritent pas cela», a martelé M. Benabdallah. «Notre société ne mérite pas cela. Aucune minorité ne mérite cela.»

Après ces tragiques événements, «nous nous sommes levés et vous vous êtes levés», a-t-il lancé. «Et chacun de nous a fait un pas vers l'autre afin d'affirmer que nous sommes tous ensemble sur ce beau bateau qui s'appelle le Québec.»

Tout en exprimant sa reconnaissance envers la société québécoise qui a été «hautement compatissante depuis cet événement», M. Benabdallah a tenu néanmoins à indiquer au gouvernement de François Legault que l'établissement d'une «société juste et égalitaire» n'adviendra pas «si on vote des lois qui divisent, qui mettent de côté et qui retirent à des gens leur droit au travail». Il n'a pas indiqué à quelles lois il faisait référence. Mais l'an dernier, lors du troisième anniversaire de l'attentat de la grande mosquée de Québec, il avait vertement dénoncé l'adoption de la Loi sur la laïcité de l'État.

Le programme de la Semaine de la sensibilisation musulmane est disponible en ligne.

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