Espagne

Les évêques espagnols fustigent le projet de loi sur l'aide à mourir

Le cardinal Antonio Cañizares Llovera (photo) de Valence a déclaré que le gouvernement était devenu l'ennemi de la société au lieu d'être son protecteur.
Le cardinal Antonio Cañizares Llovera (photo) de Valence a déclaré que le gouvernement était devenu l'ennemi de la société au lieu d'être son protecteur.   (CNS photo/Paul Haring)
2020-09-17 15:01 || Monde Monde

La législation sur l'euthanasie qui prend la direction du Sénat espagnol en vue de son adoption serait une «défaite pour la dignité humaine» et affirmerait une «vision égocentrique» de la vie qui propose la mort comme solution à ses problèmes, a déclaré la conférence épiscopale espagnole.

Insister sur le droit à l'euthanasie est typique d'une vision individualiste et réductionniste de l'être humain et d'une liberté détachée de toute responsabilité, a écrit le comité exécutif de la conférence dans une déclaration publiée le 14 septembre.

Les médias espagnols ont rapporté qu'un sondage a révélé que jusqu'à 87% du public est favorable à une loi sur l'euthanasie, avec environ 70% des médecins en faveur d'un changement de la loi.

Les législateurs espagnols se préparent à un vote final sur la loi controversée qui ferait de l'Espagne le quatrième pays européen à légaliser le suicide médicalement assisté après la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg.

La décision de voter sur la proposition de loi, a déclaré la conférence des évêques, «est une mauvaise nouvelle, car la vie humaine n'est pas une marchandise à la disposition de quiconque».

Les évêques espagnols ont également fait valoir que la légalisation de l'euthanasie exacerbera la hausse du taux de suicide dans le pays et ne contribuera pas à souligner à ceux qui sont tentés par le suicide que la mort «n'est pas la bonne solution».

Actuellement, le suicide assisté est puni en Espagne d'une peine pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison. Une personne dont on découvre qu'elle a été directement impliquée dans la mort d'une autre personne peut être accusée d'homicide et condamnée à une peine de prison pouvant aller jusqu'à dix ans.

Le projet de loi permettrait aux adultes atteints d'une maladie en phase terminale et à ceux souffrant d'un handicap grave et chronique de demander une aide à la mort assistée auprès du système de santé public.

La médecine ne devrait pas être utilisée pour mettre fin à la vie, mais pour guérir, soigner, soulager et consoler ceux qui approchent de leurs derniers jours, ont déclaré les évêques. Ils ont exhorté les législateurs à opter plutôt pour la médecine et les soins palliatifs, qui «visent à humaniser le processus de la mort et à accompagner les personnes jusqu'à la fin».

«Nous plaidons pour une législation adéquate en matière de soins palliatifs qui réponde aux besoins actuels qui ne sont pas pleinement satisfaits. La fragilité que nous connaissons en ce moment constitue une opportunité de réfléchir sur le sens de la vie, les soins fraternels et le sens de la souffrance et de la mort», ont déclaré les évêques.

Le «oui» à la dignité de la personne, plus encore dans les moments de plus grande impuissance et fragilité, nous oblige à nous opposer à cette loi qui, au nom d'une mort présumée digne, nie à la racine la dignité de toute vie humaine, ont-ils ajouté.

Deux cardinaux se sont également prononcés individuellement contre cette proposition.

Le cardinal Antonio Cañizares Llovera de Valence a déclaré que le gouvernement était devenu l'ennemi de la société au lieu d'être son protecteur, tandis que le cardinal Carlos Osoro Sierra de Madrid a déclaré que la législation représentait la «trahison de la vie».

«Avez-vous perdu la tête?» a tonné le cardinal à l’intention des politiciens dans une déclaration publiée sur le site web de l'archidiocèse de Valence.

Le cardinal Cañizares a déclaré qu'il n'avait pas souhaité intervenir en politique mais a insisté sur le fait que sa responsabilité pastorale en tant qu'évêque «ne me permet pas de me taire».

Junno Arocho Esteves, avec la collaboration de Simon Caldwell

***

 

 

du même auteur

Le cardinal canadien Michael Czerny, sous-secrétaire de la Section des migrants et des réfugiés du Vatican, appelle à rejeter les excès de la théorie de la guerre juste.
2020-11-19 14:49 || Monde Monde

Un cardinal canadien appelle à rejeter les excès de la théorie de la «guerre juste»

L'archevêque Carlo Maria Vigano photographié à Baltimore en 2012. Le rapport détaillé du Vatican sur l’ancien cardinal de Washington, Theodore McCarrick, a révélé plusieurs détails cruciaux qui remettent en question le témoignage de 2018 de Mgr Vigano.
2020-11-17 16:05 || Vatican Vatican

Rapport McCarrick: Vigano dément malgré des omissions

Préparatifs pour l'Avent dans une résidence à Berlin, en Allemagne. En raison de la pandémie de COVID-19, les Églises luthérienne et catholique en Suisse et en Allemagne prévoient la célébration de services religieux de Noël à la maison.
2020-11-17 15:13 || Monde Monde

Des Églises se préparent pour un Noël à la maison

articles récents

Une volontaire reçoit le vaccin chinois en développement, Sinovac, à l'hôpital Sao Lucas de Porto Alegre le 8 août 2020.
2020-11-17 18:03 || Monde Monde

Enjeux éthiques autour des vaccins contre la COVID-19

Le 3 novembre, les électeurs américains de plusieurs États avaient aussi l'occasion de se prononcer sur plusieurs enjeux éthiques.
2020-11-04 11:37 || Monde Monde

États-Unis: les électeurs se prononcent aussi sur des enjeux éthiques

S'adressant aux membres de la Banque pharmaceutique italienne, une organisation caritative qui fournit des médicaments aux pauvres, le pape a déclaré le 19 septembre que la crise économique générée par la pandémie a jeté une lumière sur la pauvreté dans le monde, y compris la «pauvreté pharmaceutiqu
2020-09-22 10:44 || Monde Monde

Le pape appelle à une distribution éthique du futur vaccin