Nouvelles restrictions

Les leaders religieux demandent à Québec de reclassifier les lieux de culte

«Le gouvernement place encore une fois dans la même catégorie les lieux de culte et les bars», indique un communiqué diffusé lundi en fin de matinée par la Table interreligieuse, un organisme de concertation durant le confinement.
«Le gouvernement place encore une fois dans la même catégorie les lieux de culte et les bars», indique un communiqué diffusé lundi en fin de matinée par la Table interreligieuse, un organisme de concertation durant le confinement.   (Archives Présence/P. Vaillancourt)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2020-09-21 12:45 || Québec Québec

La décision gouvernementale de restreindre à 50 ou même, dans certaines régions, à 25 personne le nombre de fidèles pouvant participer à un service religieux est inacceptable, estime Louis Bourque, directeur de l’Association d'Églises baptistes évangéliques au Québec (AEBEQ).

«Cela fait plusieurs semaines qu'on travaille avec la santé publique. On a élaboré des protocoles et des normes de sécurité qui sont suivis par la très grande majorité des lieux de culte, qu'ils soient musulmans, anglicans, catholiques ou évangéliques. On a été et on est toujours très précautionneux et voilà qu'on nous assomme avec cette nouvelle mesure. Elle nous tombe dessus comme une brique sur la tête», fulmine au téléphone le pasteur évangélique qui n'a appris la nouvelle que dimanche soir, durant la conférence de presse du ministre de la Santé et des Services sociaux.

«C'est inacceptable et, presque méprisant» de la part du gouvernement. «Dès aujourd'hui, il doit réviser sa position», dit M. Bourque qui a participé ce matin même une rencontre de différents leaders religieux sur le contenu de l'annonce gouvernementale de dimanche.

«Le gouvernement place encore une fois dans la même catégorie les lieux de culte et les bars», indique un communiqué diffusé lundi en fin de matinée par la Table interreligieuse, un organisme de concertation durant le confinement.

Depuis ce printemps, plusieurs leaders juifs, musulmans et chrétiens «n’ont pas ménagé les efforts pour tenter d’entreprendre un dialogue franc et ouvert avec les autorités gouvernementales, dans un esprit de collaboration», rappelle Mgr Christian Rodembourg, le porte-parole de cette Table interreligieuse. «Des lettres n’ont pas même reçu d’accusé de réception, tandis que les appels téléphoniques et les courriels laissés sans réponse ne se comptent plus. Alors que dans les provinces voisines, les autorités gouvernementales sont en contact direct et constant avec les leaders religieux, il n’y a aucune communication du même genre au Québec. Cette situation est décevante et inacceptable», déplore l'évêque de Saint-Hyacinthe qui est aussi le président de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ).

Les membres de la Table interreligieuse ne comprennent pas que le gouvernement ne considère plus aujourd'hui les lieux de culte comme des espaces «où les personnes sont assises, relativement immobiles et parlent peu ou pas».

«Le gouvernement semblait avoir déjà reconnu cette similarité» cet été, indique Mgr Rodembourg. Il cite un arrêté ministériel qui a permis aux «personnes assises dans les lieux de culte d’enlever leur masque ou couvre-visage lorsqu’elles sont immobiles et de s’asseoir à 1,5 mètre les unes des autres, comme dans les salles de spectacle et les cinémas».

C'est pourquoi la Table interreligieuse exige que le gouvernement «reclassifie dès aujourd’hui les lieux de culte dans la catégorie des salles de spectacles, des cinémas et des théâtres». Une telle volte-face permettrait aux lieux de culte de «continuer à accueillir jusqu’à 250 personnes au lieu d’être limités à 25 ou à 50».

«Nous demandons également qu’un canal de communication franc et ouvert soit instauré entre nous et les autorités gouvernementales. Nous ne demandons pas un privilège. Nous nous présentons comme des partenaires et souhaitons simplement être considérés justement par le gouvernement», indique le président de l'AECQ au nom des membres de la Table interreligieuse.

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