Message des évêques catholiques du Québec

Les prises de conscience sociales devront survivre à la COVID-19, disent les évêques

«Quand on reviendra à la normale, on risque d'oublier beaucoup de leçons auxquelles on est plus sensibles présentement», estime Mgr Marc Pelchat, du Conseil Église et société de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec.
«Quand on reviendra à la normale, on risque d'oublier beaucoup de leçons auxquelles on est plus sensibles présentement», estime Mgr Marc Pelchat, du Conseil Église et société de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec.   (Pixabay)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2020-04-20 10:49 || Québec Québec

La crise sanitaire actuelle ne fait pas que mettre une pression énorme sur notre système de santé, estiment les évêques catholiques du Québec. La pandémie du nouveau coronavirus «affecte nos modes de vie, notre rapport au travail, nos attitudes face à la consommation, nos relations familiales et sociales, et même notre rapport à la mort», déclarent les membres du Conseil Église et société de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ).

Dans un document publié le vendredi 17 avril 2020, les sept auteurs – trois évêques, quatre laïcs - expriment la conviction que cette «catastrophe» devrait être une invitation à adopter à long terme «de nouveaux comportements dont nous avons fait l’expérience depuis quelques semaines».

«Voici venu le temps de réfléchir à nos valeurs profondes, à notre sens de la fraternité humaine, à notre capacité d’entraide entre les groupes sociaux, à l’inégalité des conditions de vie, ainsi qu’à l’impact dévastateur des changements climatiques reliés à une croissance économique sans frein et à une exploitation démesurée des ressources», déclarent-ils dans ce texte intitulé La pandémie et la guérison du corps social.

Le coronavirus montre toutefois les «limites de notre système socio-économique», indique ce comité qui a l'habitude de publier des déclarations concernant les enjeux sociaux, notamment lors du Premier mai, Journée internationale des travailleurs.

Les membres du comité s'inquiètent particulièrement des effets négatifs des décisions gouvernementales des dernières semaines, qui «affectent davantage les couches de population les plus fragilisées et creusent les inégalités sociale». Ces décisions auront «des conséquences à long terme sur la santé publique», avertissent-ils.

Ils se réjouissent toutefois de voir les nombreuses initiatives de solidarité sociale nées durant cette crise, comme ces «ententes de temps partagé entre les travailleurs» et ces «manifestations d’un authentique souci des employeurs pour leurs employés». Ils observent aussi que plusieurs entreprises ont pris la décision de se «placer au service des besoins de la société» en optant pour la fabrication de biens essentiels ou en collaborant avec des organismes communautaires.

En 2019, dans leur message du Premier mai, les évêques du Québec, via le Conseil Église et société, annonçaient qu'ils se joignaient à la coalition en faveur du salaire minimum à 15 $. Ils demandaient que le gouvernement adopte sans attendre des mesures «afin que toutes les Québécoises et  tous les Québécois aient accès à un revenu de travail qui leur assure un niveau de vie minimal respectant leur dignité humaine».

Leur demande a été ignorée. Mais un an plus tard, la crise que traverse la société se révèle, à leurs yeux, une bonne «occasion de réfléchir à la mise en place durable d’une formule de revenu minimum garanti pour tous les citoyens».

Ne pas oublier les leçons

Marc Pelchat, évêque auxiliaire à Québec et président du Conseil Église et société de l’AECQ, craint toutefois que la prise de conscience sociale engendrée par la pandémie ne soit pas permanente.

«Quand on reviendra à la normale, on risque d'oublier beaucoup de leçons auxquelles on est plus sensibles présentement», dit-il.

Après la crise, «l'Église et les communautés chrétiennes vont continuer d'insister sur certains enjeux, comme celui des travailleurs à statut précaire qui sont les premiers frappés et qui souffrent davantage», indique-t-il.

Il reconnaît volontiers que «les gouvernements ont rapidement pris des mesures, sans se demander quel serait leur impact sur les finances publiques ou l'économie», une réponse habituellement entendue lorsqu’il est question, par exemple, d’une éventuelle hausse du salaire minimum ou de l’amélioration des soins aux personnes âgées.

«On aimerait que cette nouvelle attitude demeure», dit Mgr Pelchat. «Et c'est pourquoi on a voulu, comme d'autres, relancer dès aujourd’hui l'idée d'un revenu minimum garanti.» Il assure qu’au lendemain de cette crise sanitaire, les membres du comité qu’il préside vont «poursuivre le débat afin d'assurer un salaire de base universel».

Le Conseil Église et société publiera plus tard cette semaine son traditionnel message du Premier mai. «Il sera axé sur la transition énergétique et ses effets sur les travailleurs», confie Mgr Pelchat.

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