Fondateur du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap

Étonnantes photos colorisées du père Frédéric

Un adolescent des Philippines a colorisé une dizaine de photos du père Frédéric Janssoone, fondateur du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.
Un adolescent des Philippines a colorisé une dizaine de photos du père Frédéric Janssoone, fondateur du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.   (Courtoisie)
Philippe Vaillancourt | Journaliste
Journaliste
2021-01-14 17:29 || Monde Monde

L’image qu’on se fait du père franciscain Frédéric Janssoone (1838-1916), dont l’histoire est intimement liée à celle du sanctuaire marial de Notre-Dame-du-Cap, vient de prendre un petit coup de jeunesse grâce à la publication de certaines photos colorisées il y a quelques jours.

L’idée d’ajouter de la couleur à d’anciennes photos en noir et blanc n’est pas nouvelle. Au contraire, la pratique était même déjà bien répandue au début du XXe siècle. Le développement d’outils informatiques de plus en plus raffinés permettent toutefois d’atteindre des résultats d’un réalisme saisissant. Depuis quelques années, des internautes s’amusent à redonner vie à d’anciens films ou à des photos d’époque.

«Ça a été fait aux Philippines», explique le père franciscain Roland Bonenfant, fin connaisseur de la vie et de l’œuvre de l’homme béatifié en 1988. Le père Bonenfant a été le vice-postulateur de la cause de canonisation du Père Frédéric pendant plusieurs années.

Les catholiques philippins sont attachés au religieux décédé en 1916, conséquence de l’action missionnaire des franciscains. «Ils croient tellement au père Frédéric! C’était leur idée. Ils ont demandé les photos, et les ont renvoyées colorisées», dit-il.

L’opération est le fruit d’un servant de messe de 15 ans du nom de Caezar Audric Tablante. Ce dernier est en lien avec le père Caezar Audric T. Perez, de la communauté des Apostles of the Most Sacred Heart of Jesus.

«Ces photos, c’est une immense joie pour moi. Ça prend des petites choses pour s’encourager et faire du bien. Ça a l’air banal, mais ça m’a fait plaisir. Surtout que je ne l’avais pas demandé!», confie le père Bonenfant, avant d’ajouter tout sourire qu’il aurait dû en envoyer plus.

Jusqu’ici, ses interactions avec les Philippines concernaient surtout les reliques du prêtre français, où la demande est, selon ses dires, plutôt forte. Il ne reste plus d’os du père Frédéric à Trois-Rivières, mais assez de cheveux pour continuer à en envoyer. Une opération délicate qui requiert notamment la préparation d’un certificat d’authenticité.

Vers une canonisation?

La publication de la dizaine de photos s’inscrit dans un moment particulier dans le processus de canonisation du père Frédéric. Depuis quelques mois, la cause est pilotée par un nouveau vice-postulateur, Mgr Martin Veillette, évêque émérite de Trois-Rivières.

Le père Bonenfant continue de s’impliquer dans le dossier. Il donne un coup de main à Mgr Veillette et est secrétaire de rédaction de la revue Le Souvenir, au tirage de 800 exemplaires, qui consiste à faire connaître le fondateur du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.

Joint au téléphone, Mgr Veillette explique que des représentations en couleur de Frédéric Janssoone existaient déjà, mais que ces photos permettent vraiment de voir le religieux autrement.

«Je vois l’expression du regard qui reflète sa bonté et l’attention qu’il portait aux personnes. C’est un visage bienveillant plutôt qu’un visage perdu dans le ciel», résume Mgr Veillette.

Il croit que d’avoir l’occasion de voir autrement une figure connue de l’histoire religieuse de la France et du Québec peut avoir un impact «positif» et «beaucoup plus fort» que ce que permettent les anciennes photos en noir et blanc.

Un impact qui n’est pas anodin, puisqu’il espère toujours continuer de susciter un intérêt populaire autour de cette figure qui pourrait être canonisée un jour.

À cet égard, Mgr Veillette montre un optimisme empreint de sobriété. On a récemment examiné de plus près le dossier médical d’une dame qui avait été mise sur une liste de personnes qui ont bénéficié d’une guérison exceptionnelle, précise-t-il. Or, à Rome, on leur a conseillé d’approfondir ce dossier et de compléter certains éléments médicaux qui pourraient permettre de croire qu’il y aurait bel et bien eu une guérison inexplicable par la science.

«C’est une piste qui semble assez prometteuse», se risque Mgr Veillette. «Nous sommes en train de clarifier tout cela. C’est un développement récent, survenus au cours des derniers mois. Nous voulions aller rencontrer l’archiviste de l’hôpital où se trouve le dossier au complet de la dame pour tout réviser, mais on doit repousser cette visite en février.»

Le dossier n’a été écarté ni par le postulateur, ni par la commission médicale à Rome. Mgr Veillette y voit donc «une sorte d’encouragement à persévérer dans nos recherches».

«Ce n’est pas final encore. On espère pouvoir compléter ce dossier médical au cours de l’année. Pour la suite, il faudrait ensuite faire une séance diocésaine, ici à Trois-Rivières. Ça peut prendre un bon bout de temps. Il faut se projeter en termes d’années, pas en termes de mois!», dit-il.

Il ne manque actuellement qu’une guérison miraculeuse officiellement reconnue pour ouvrir la porte à une canonisation du père Frédéric.

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